Sam Davies : « Rester sur mon bateau m'aide à encaisser »

Mardi 20 novembre 2012 à 19h23

INTERVIEW. Seule femme engagée sur ce Vendée Globe, Samantha Davies faisait office d'outsider après sa quatrième place lors de l'édition précédente. Mais un démâtage de son voilier Savéol au large de Madère a mis fin à l'aventure de la plus française des Britanniques. Un abandon qui touche la navigatrice mais qui est loin de la couler.

©La Chaîne Météo

INTERVIEW. Seule femme engagée sur ce Vendée Globe, Samantha Davies faisait office d'outsider après sa quatrième place lors de l'édition précédente. Mais un démâtage de son voilier Savéol au large de Madère a mis fin à l'aventure de la plus française des Britanniques. Un abandon qui touche la navigatrice mais qui est loin de la couler.

Figaro Nautisme. - Comment se passe votre retour?

Samantha Davies. - Le retour se passe bien. Actuellement, avec Erwan (Lemeilleur, le responsable technique de son bateau), on doit négocier du vent de face mais ça va. On a fait pas mal de milles depuis Madère, maintenant on se dirige vers Cascais, une petite ville à côté de Lisbonne, pour faire une pause pour se ravitailler en essence mais aussi pour attendre que le temps se calme dans le Golfe de Gascogne, car ce n'est pas facile en novembre. Je ne sais donc pas quand je rentre. Mais s'il faut attendre trois semaines, je rentrerai par la terre.

Comment va le moral?

Maintenant ça va mieux. Bien sûr ça a été dur mais, si ça ne l'était pas tout le monde ferait le Vendée Globe, cela fait partie de la course. J'ai eu la chance que mon incident arrive aussi proche de Madère. Je n'étais pas trop au large et ça m'a permis de rejoindre l'île avec mon bateau et non pas d'être obligée de rentrer en avion. Rester sur mon bateau, c'est aussi ce qui m'aide à encaisser. En plus, Madère est une île fantastique, beaucoup de personnes nous ont très bien accueillis et nous ont aidés à réparer. Certains ont fait le tour des chantiers de l'île pour trouver de quoi faire un mât.

Ce mât que vous avez récupéré vous rassure-t-il?

C'est vraiment un petit mât, il ne fait que 8 mètres. On l'a récupéré sur un chantier de bateaux cassés avec quelques voiles. Ça ne suffit toutefois pas, ça dépend des vents mais il nous faut tout de même utiliser le moteur de temps en temps. Ce matin, on a pu naviguer uniquement avec les voiles, grâce à du vent arrière, mais maintenant on doit de nouveau s'aider du moteur.

Votre bateau est mal insonorisé, le bruit du moteur n'est pas insupportable, vous qui aimez les sensations du grand large?

Moi je suis comme les enfants, le bruit du moteur m'aide à dormir (rires). Et puis de toute façon, je suis tellement fatiguée... La nuit, le moteur ne fait pas trop de bruit. Après, c'est vrai que dans la journée ce n'est pas très agréable mais Erwan a amené des casques pour nous aider à supporter ce moment difficile.

Suivez-vous toujours la course? Avez-vous un favori?

J'aimerais bien suivre la course mais je n'ai qu'un accès limité à Internet sur le bateau donc je ne suis pas trop au courant. J'ai envoyé un mail à mon équipe pour qu'elle me tienne informée de l'évolution de la course. Pour les favoris, c'est compliqué, il y a tellement de choses qui se passent sur le Vendée Globe et notamment celui-là. Les favoris naturels sont bien sûr Armel (Le Cléac'h), Vincent (Riou) et Jean-Pierre (Dick). Après, je vois François (Gabart) comme un bel outsider, place à laquelle je voyais aussi Jérémie (Beyou) mais il a malheureusement abandonné.

Vous projetez-vous déjà sur une prochaine participation?

C'est très loin quatre ans. Bien sûr que j'aimerais recourir le Vendée Globe, mais ma priorité actuelle est de retrouver la mer. C'est compliqué quand on pense partir pour 3 mois et que finalement on se retrouve à ne partir qu'une semaine. J'espère compenser en faisant beaucoup d'entraînements cet hiver. Et avant un prochain Vendée Globe, je voudrais faire quelques autres courses, je ne vais pas rester 4 ans sans défis.


L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.