Mike Golding, oldie but goldie

Mardi 20 novembre 2012 à 7h55

PORTRAIT : L’Anglais Mike Golding (Gamesa) a fait table rase de son échec sur la précédente édition. C’est avec confiance qu’il s’élance pour son quatrième Vendée Globe.

PORTRAIT : L’Anglais Mike Golding (Gamesa) a fait table rase de son échec sur la précédente édition. C’est avec confiance qu’il s’élance pour son quatrième Vendée Globe.

Il doit y avoir quelque chose de particulier dans les eaux ceinturant le pôle Sud pour qu’il repasse à nouveau les plats. Mike Golding est en effet lancé sur sa neuvième course autour du monde à la voile. Comme si la force de Coriolis était en lui. Ce fut parfois en équipage, contre les vents dominants, et bien évidemment en solitude, là où l’albatros est le seul confident.
Enfant, dans le Norfolk, il rêvait déjà d’espace liquide. En bon Britannique, c’est en suivant l’Ostar, la fameuse transat anglaise gagnée par deux fois par un certain Éric Tabarly, qu’il décide qu’un jour il sera skipper : « La voile était un sport important mais complètement différent d’aujourd’hui. Il n’y avait pas de classe, de règlements comme maintenant. Tout était permis. Mais l’évolution a été lente. Comme je n’ai pas pu être pro rapidement, j’ai donc fait une carrière d’officier pompier pendant onze ans. J’ai terminé comme responsable de l’un des plus grands centres de secours d’Angleterre, celui du comté de Berkshire. »
Ses aptitudes à mener les hommes lui ont offert en 1992 l’opportunité de manager un bateau sur le British Steel Challenge. La ligne de départ de sa vie de marin.


Hauts et bas


Une vie, comme l’échelle de Beaufort, avec ses hauts et ses bas. « Il y a eu énormément de bons moments. Il y a ma troisième place dans mon deuxième Vendée Globe alors que j’avais perdu ma quille 50 milles avant l’arrivée. C’est un souvenir inoubliable. Et puis, j’ai été le premier non Français à être champion du monde IMOCA pendant deux ans », explique avec le sourire Mike Golding. Mais parcourir autant de milles n’est jamais un long fleuve tranquille : « Il est évident que j’ai connu des déceptions. Cela reste un sport mécanique et avoir des problèmes fait partie du jeu. Mais j’ai fait aussi des erreurs. Lors d’Around Alone, en 99, alors que je suis largement en tête, j’ai dû abandonner, planté sur un banc de sable en Nouvelle-Zélande. C’est le seul moment où j’ai pleuré. Après, tous les incidents ont été plus faciles à digérer. Il y a quatre ans, j’étais en tête quand j’ai démâté. J’ai accepté le fait immédiatement, froidement, sans état d’âme. Ce n’était pas une bonne attitude, je le reconnais, mais je ne voulais plus entendre parler d’IMOCA 60 pieds ».


Sagesse


Pendant deux ans, la parenthèse s’appelle Extreme 40. L’aimant Vendée Globe est malgré tout trop puissant. Se présente alors l’an dernier un sponsor espagnol, spécialiste de l’éolien offshore, séduit par l’image véhiculée par la voile et surtout par les champs bien ventés de Grande Bretagne. « Je me sens bien, capable de gagner. Cela va être dur car les autres concurrents sont très forts et cela reste une compétition. Combien de tour du monde faut-il pour être sage ? Il faut trouver le juste équilibre entre la prise de risque et le résultat. La dernière fois, je pense avoir été sage et cela n’a pas marché. En fait, les statistiques parlent d’elles-mêmes. Sur les dix bateaux qui vont vite, il y en a au moins un qui va gagner. Aller sagement veut donc dire qu’on ne finira pas premier », affirme le marin de 52 ans
En 2008, la remontée du diable vauvert de Michel Desjoyeaux l’avait poussé à tenter le diable. J’ai pris un risque tactique, mais il pouvait me donner un avantage conséquent. Pratiquement un système météo d’avance. Malheureusement, à son plus grand désespoir, son espar s’est effondré lors du 37e jour de course.
Mike Golding certifie que son 60 pieds est le plus développé de la génération précédente avec Safran. Peut-être un peu moins rapide mais solide. En ayant gardé toute sa puissance. Cela le rassure. En espérant qu’il se soit bonifié comme lui avec le temps. Good luck Mr Golding.
 

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.