Geeks et skippers au coude à coude

Par Figaro nautisme
Samedi 17 novembre 2012 à 19h42

16 skippers sur l'eau, 300 000 derrière l'interface de Virtual Regatta et des aléas de course pour tout ce beau monde.

16 skippers sur l'eau, 300 000 derrière l'interface de Virtual Regatta et des aléas de course pour tout ce beau monde.

« Nous venons de passer la barre des 300 000 joueurs, annonce Thomas Gauthier, community manager de Virtual Regatta. Lors du dernier Vendée Globe, nous avions terminé à 340 000 inscrits. C'est une plus forte hausse que nous ne l'imaginions. » Thomas Gauthier a déjà repéré quelques skippers du monde réel sur l'interface de jeu: « J'ai retrouvé plusieurs figaristes mais aussi le bateau d'Yvan Ravussin, l'un des équipiers de Loïck Peyron pour le trophée Jules Verne. Loïck Peyron a un compte Virtual Regatta mais je ne l'ai pas encore croisé sur l'interface. » Et puis il y a aussi le fameux Michel Desjoyeaux; le double vainqueur du Vendée Globe avait confié, avant le départ, son envie de participer à la régate virtuelle avec un bateau à son nom et un bateau anonyme. « J'ai essayé de localiser ce bateau anonyme mais je ne l'ai pas encore trouvé!  », commente Thomas Gauthier.

 

Un ofni sur l'eau = un bug sur la toile


Alors que le Vendée Globe connaissait quatre abandons (Marc Guillemot, Kito de Pavant, Samantha Davies et Louis Burton), la toile faisait face aussi à une semaine mouvementée: un bug de quatre heures, mercredi soir, et 3000 messages de joueurs mécontents. « Tout s'est bien passé au moment de la bascule de vent, à 20H, ce n'est que 4 minutes plus tard que l'interface est devenue indisponible, explique-t-il. Pourtant, il n'y avait que 10 à 13 000 internautes sur la page de jeu au moment du bug et notre serveur était tout à fait capable de le supporter. » Le community manager envisage un dysfonctionnement extérieur. « Peut-être au niveau du logiciel », évoque-t-il prudemment. Les internautes lui ont reproché son manque de communication. « Quand le bug est arrivé, je rentrais chez moi, entre un bus et un métro, explique Thomas Gauthier. J'ai passé ma porte d'entrée à 20H21 et j'ai posté mon premier message à 20H24. Ensuite, je ne voulais pas m'avancer trop pour ne pas communiquer d'inexactitudes. C'est un peu comme un garagiste: il ne va pas vous donner d'explications sur la panne si ses mécaniciens sont encore en train de travailler sur votre voiture, c'est son sérieux qui est en jeu. » Thomas Gauthier assure comprendre la frustration des joueurs qui ont dû veiller jusqu'à une heure, deux heures du matin, pour accéder à l'interface et manoeuvrer leur bateau virtuel. Il ajoute: « Nous sommes dans une simulation de course au large, qu'est-ce que quatre heures de perdues sur une course de trois mois ? » La course a finalement repris comme si de rien n'était, toujours calée sur la météo réelle des skippers du Venéde Globe.

 

Les geeks en tête de flotte
 

Ceux qui ont le moins souffert de ce bug sont les internautes qui ont des options payantes et qui avaient programmé leur cap avant la bascule de vent. Leur bateau a continué sa navigation comme si de rien n'était. « En observant leur façon de naviguer, je peux supposer que les premiers de la flotte ont choisi ces options payantes », explique Thomas Gauthier. Lui, avance dans le gros de la flotte. « Au début, nous sommes influencés par les choix de route des skippers, admet-il, mais c'est comme sur la mer: ce qui est bon pour l'un n'est pas forcément bon pour l'autre. On ne peut pas imiter un skipper qui est loin devant ou loin derrière et qui n'a pas les mêmes conditions météo. Après, on peut observer la technique des skippers réels, pour le passage du Pot au Noir par exemple, et en prendre de la graine. » Le Cap Vert est en vue pour les têtes de flotte, virtuelle et réelle. Mais si les internautes ont les mêmes conditions de vent que les skippers réels, ils n'ont pas à en découdre avec des vagues de plusieurs mètres de haut.
 

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.