Vers une nouvelle hécatombe ?

Par Amedeo, Fabrice
Vendredi 16 novembre 2012 à 17h55

Le tapage médiatique autour des quatre abandons en une semaine ferait presque oublier que finir l'Everest des mers est un exploit.

©La Chaîne Météo

Le tapage médiatique autour des quatre abandons en une semaine ferait presque oublier que finir l'Everest des mers est un exploit.

Et de quatre. En annonçant son démâtage jeudi soir à la direction de course du Vendée Globe, Samantha Davies (Savéol) est devenue le quatrième marin en moins d'une semaine à devoir renoncer à la course.

Avant elle, c'est Marc Guillemot (Safran) qui a dû abandonner quelques heures après le départ suite à la perte de sa quille, Kito de Pavant (Groupe Bel) qui a dû renoncer lundi suite à une collision avec un chalutier. Dans la nuit de mardi à mercredi, le benjamin de la course, Louis Burton (Bureau Vallée) a lui aussi percuté un chalutier. Le marin a d'abord tenté de rentrer aux Sables d'Olonne pour réparer et repartir avant de devoir jeter à son tour l'éponge vendredi matin.

Traditionnellement, la statistique veut qu'il y ait 50 % d'abandon sur un Vendée Globe mais le cru 2012 est d'ores et déjà parti sur les bases de l'édition 2008 qui avait été une hécatombe avec 11 marins à l'arrivée sur 30 au départ. Il y a quatre ans, à ce stade de la course, 4 marins sur 30 avaient déjà abandonné: Kito de Pavant, Alex Thomson, Marc Thiercelin et Yannick Bestaven.

«La casse fait partie de la course»

Six ou sept concurrents à l'arrivée aux Sables d'Olonne en février prochain seraient du plus mauvais effet pour la course qui a réussi à réunir un beau plateau de marins malgré la crise économique. «Il est important pour nous qu'il y ait beaucoup de bateaux à l'arrivée», affirme Denis Horeau, le directeur de course. Pas d'objectif chiffré et officiellement pas d'inquiétude non plus.

Il est vrai que la première semaine de course a été particulièrement éprouvante pour les bateaux et que les jours à venir en approche de l'Équateur devraient être plus cléments. «La casse fait partie de la course, explique Denis Horeau. Il ne faut pas qu'il y en ait trop mais aujourd'hui nous ne sommes pas dans une spirale inflationniste». Le directeur de course met à part les deux collisions, «des cas rarissimes sur le Vendée Globe», et relativise également les deux cas d'abandon pour casse: «Pour aller vite, il faut être léger et donc travailler la légèreté des appendices: quille ou mât, explique-t-il. Il faut trouver le bon équilibre entre la fiabilité et la légèreté mais l'équilibre est fragile et parfois les bateaux cassent».

Du côté des marins, on ne faisait pas grand cas non plus de ces abandons. «Le démâtage de Samantha Davies est arrivé dans des conditions violentes et c'est vraiment dommage, expliquait Dominique Wavre (Mirabaud) joint par le Figaro. Les deux collisions sont des questions de système de repérage AIS que les pêcheurs devraient avoir lorsqu'ils sont en route mais ça reste très aléatoire. Ça fait effectivement beaucoup de collisions mais statistiquement on est dans quelque chose d'assez normal».

«Course par élimination»

Pour ne pas rééditer le scénario de 2008 - une descente de l'Atlantique tambour battant comme en régate puis une hécatombe dans le Grand sud - les marins vont néanmoins devoir lever le pied à l'entrée de l'Océan indien. «Les choses sérieuses commencent vraiment avec l'entrée dans l'Indien et la première dépression après le Cap de Bonne Espérance, explique Sébastien Josse, skipper du Mod 70 Groupe Edmond de Rothschild et participant malheureux de l'édition 2008.Il peut y avoir de la casse dans l'Océan Indien qui se caractérise par une mer très formée et très dure. Les bateaux qui tiennent le coup sont tellement sollicités qu'il peuvent ensuite casser dans le Pacifique et même encore ensuite lors de la remontée de l'Atlantique. Le Vendée Globe est une course par élimination».

Une course par élimination et un Everest pour tout marin qui s'y confronte. «La route est longue et ce sera déjà un exploit de terminer», rappelait jeudi Armel Le Cléac'h.

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Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.