Tanguy de Lamotte, des rêves qui se réalisent

Par Mathieu, Edouard
Mardi 13 novembre 2012 à 17h31

INTERVIEW. Prenant le départ du Vendée Globe pour la première fois, Tanguy de Lamotte se régale aux commandes d'Initiatives-coeur. Pour le skipper de 34 ans, ce sont plusieurs rêves qui se réalisent.

SAILING - PRE-VG 2012-2013 - MECENAT CHIRURGIE CARDIAQUE - ON BOARD ©La Chaîne Météo
INTERVIEW. Prenant le départ du Vendée Globe pour la première fois, Tanguy de Lamotte se régale aux commandes d'Initiatives-coeur. Pour le skipper de 34 ans, ce sont plusieurs rêves qui se réalisent.

Figaro Nautisme.- Comment se passent les premiers jours de course?

Tanguy de Lamotte: Ça se passe plutôt bien. J'ai eu un peu de mal à rentrer dans le rythme nautique notamment la première nuit. Il y avait pas mal de mer au début donc ça n'aidait pas. Les émotions du départ ont aussi contribué à une première nuit compliquée mais depuis tout se passe bien à bord. On est à peu près à 100 milles au large de Lisbonne, il fait très beau, c'est idéal. On attend une petite transition, demain pour retrouver un peu plus de vent car en ce moment c'est vraiment calme.

Comment se passent vos nuits, vos repas, vos contacts avec la terre?

Tout va bien. C'est vrai que c'est une autre cadence qu'une Transat. Mais j'ai réussi à trouver mon rythme. Au début j'avais du mal à manger mais j'ai réussi à rattraper mon retard. Au niveau du sommeil, en dehors de la première nuit je dors bien.

J'ai eu une vacation hier. J'ai aussi les résultats et les positions. J'envoie quelques mails à mon équipe à terre et à mes proches. J'ai passé deux trois coups de téléphone mais c'est assez inégal entre les moments où on est tellement pris qu'on n'a pas le temps de répondre à tous les appels et les moments où l'on a le temps de passer deux trois coups de fil. Peut-être que dans quelques jours, je sentirai le besoin d'appeler plus souvent mais pour l'instant, faire un break avec l'extérieur aide à prendre son rythme.

C'est votre premier Vendée Globe: quelles sont vos impressions?

Une très grande émotion au départ, qui a conditionné la suite. Le chenal c'était quelque chose d'assez surnaturel, je n'avais pas pensé que ça me ferait autant d'effet. Avoir autant de monde autour de soi au départ et être tout seul quelques minutes après, c'est une transition assez brutale. Mais on part pour longtemps tout seul, il ne faut pas se laisser dépasser. Il faut savoir rester dans un rythme qu'on va pouvoir tenir jusqu'à la fin.

C'est la plus belle course qui existe et j'ai la chance aujourd'hui de la vivre. J'espère que ce sera la plus belle course que je n'ai jamais faite. On ne peut pas faire plus grand, plus gros, plus extrême. A la fin du Vendée Globe j'aimerais pouvoir être fier de dire que j'ai réussi à l'accomplir.

Est-ce déjà un accomplissement de carrière d'y participer à seulement 34 ans?

Bien sûr. A la base je n'avais jamais rêvé de faire une carrière de skipper professionnel. J'ai fait des études d'architecte naval et j'ai fait ma première course au large, la Mini-Transat, pour réaliser mon rêve qui était de construire mon propre bateau et de naviguer dessus. Ça m'a poussé à faire du Class 40 et à construire un second bateau et de fil en aiguille, à arriver au départ de ce Vendée Globe. En tant que marin, c'est un énorme accomplissement. C'est un but ultime dans une vie et je profite pleinement de la chance que j'ai d'être là. J'espère juste faire les choses proprement.

C'est votre première participation, l'objectif est-il uniquement de terminer la course?

Faire une belle navigation et terminer la course me suffit amplement. J'ai le plus vieux bateau de la flotte et aussi un des plus petits budgets, ce serait malhonnête de prétendre à la victoire. Le projet c'est un projet d'aventurier et c'est ce qui me plaît. L'objectif parallèle c'est de sauver un maximum d'enfants pour Mécénat Chirurgie Cardiaque, et pouvoir leur donner le plus gros chèque possible à mon arrivée. Mon job est de rendre l'aventure belle et que la chaîne de solidarité soit efficace. Je voudrais qu'on puisse soigner le maximum d'enfants et s'ils étaient là pour amarrer le bateau à mon arrivée aux Sables d'Olonnes ce serait fabuleux.

Avez-vous eu des premières frayeurs?

Personnellement non, j'ai simplement fait davantage attention dans les zones de trafic. Je reste dans mon rythme avec mon bateau à mon niveau et tout va bien. Ce qui me fait peur c'est de voir des incidents comme celui de Kito de Pavant qui abandonne sur un coup de malchance, ça fait vraiment froid dans le dos. On a tous traversé le trafic plusieurs fois et on sait que c'est dangereux. J'espère simplement que le bateau qui l'a percuté s'était signalé.

L'appui de l'équipe de Michel Desjoyeaux dans la préparation du bateau était-elle un vrai plus notamment au niveau de l'expérience?

Ils nous ont aidés à mettre en place notre premier chantier. C'était important de s'encadrer de bonnes personnes car on n'avait pas le temps de faire des erreurs et de recommencer ce qui n'allait pas. Ça a été un bon appui au démarrage du projet pour être opérationnel dès le mois de Mars. C'était très agréable de travailler avec eux et les petits conseils sont souvent les plus importants.

Votre héros imaginaire est Peter Pan, pourquoi?

Un rêve d'enfant encore une fois. Quand on pense à quelque chose d'agréable, on pense à voler. Quand on a des rêves, on y pense fort et on peut arriver à les réaliser. C'est ce qui est en train de m'arriver. Il y a un rapprochement entre le héros et ce qui est en train de m'arriver. En plus il m'arrive parfois de rêver que j'arrive vraiment à voler... Il y a aussi le côté des enfants perdus que Peter Pan aide, cela ressemble à ce que j'essaie de faire aux côtés d'Initiatives-coeur. Je veux simplement montrer tout ce qu'on peut faire avec de la bonne volonté.

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Guillaume Fourrier
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.