Kito de Pavant le maudit

Par Figaro Nautisme, Le
Lundi 12 novembre 2012 à 18h26

Le skipper de Groupe Bel doit jeter l'éponge prématurément après une collision au large du Cap Finistère.

SAILING-FRANCE-RACE-VENDEE-GLOBE-FILES ©La Chaîne Météo
Le skipper de Groupe Bel doit jeter l'éponge prématurément après une collision au large du Cap Finistère.

C'est un deuxième gros coup dur sur le Vendée Globe. 24 heures après l'abandon de Marc Guillemot du fait d'un problème technique, c'est une autre grande figure de cette course qui doit jeter l'éponge. Kito de Pavant a été heurté lundi matin par un cargo alors qu'il naviguait à 70 milles de Cascais (Portugal) et pointait en 9è position.

Le marin est sain et sauf mais les dégâts à bord sont très importants: le bout-dehors (l'espar à l'avant du monocoque) est arraché et le pont s'est soulevé sur deux mètres. Le marin de Port Camargue a réussi à sécuriser son bateau et faisait route lundi soir vers le Portugal qu'il devait atteindre dans la nuit.

Il était prématuré lundi soir de s'engager sur les raisons du drame, mais selon le témoignage du skipper, le chalutier n'était pas équipé de son système de positionnement et d'identification AIS. Il n'y aurait pas eu non plus d'appel à la VHF: les marins à bord du bateau de pêche devaient eux aussi dormir, ou être en train de travailler à bord sous pilote automatique.

«Je suis allé me coucher au mauvais moment»

«La probabilité pour entrer en collision avec un bateau est super rare, a expliqué Kito de Pavant à la VHF quelques heures après l'accident. Toute la nuit, on a croisé beaucoup de bateaux, des cargos. Notre système AIS marche super bien quand les bateaux sont à 10 milles, l'alarme sonne et ça permet de changer la route du bateau en cas de risque de collision. Le problème, c'est que ceux qui ne sont pas équipés du système, on ne les détecte pas». Car par malchance, le skipper harassé après un début de course mouvementé, était descendu se reposer dans la cabine à ce moment-là.

«Je suis allé me coucher au mauvais moment, racontait-il, effondré. Et même si j'avais été debout, à l'heure où on regarde la météo par exemple, où on est sur l'écran, je ne l'aurai pas vu. Il suffit de 5 minutes». Les collisions dans cette zone de navigation ne sont pas rares: lors de la dernière édition du Vendée Globe, Bernard Stamm avait dû rentrer prématurément aux Sables d'Olonne suite à une collision avec un cargo dans le Golfe de Gascogne. Le britannique Alex Thomson avait quant à lui subi un accident avec un chalutier lors de son convoyage vers la Vendée à quelques jours du départ.

«Battre mon record de durée»

La pilule est amère pour Kito de Pavant qui doit jeter l'éponge cette année au bout de 44 heures de course après avoir déjà abandonné sur la dernière édition après 28 heures sur l'eau du fait d'un démâtage dans le Golfe de Gascogne.

Cette année, le marin ne faisait pas figure de favori mais faisait partie des sérieux outsiders capables de menacer les favoris. Ironie du sort, lors de la vacation de dimanche, le skipper s'était réjoui de son début de navigation sans encombre: «Mon dernier Vendée Globe s'était écourté rapidement, il me reste encore quelques heures pour battre mon record de durée», avait-il déclaré.

Pendant que le malheureux marin faisait route sous voilure réduite vers le Portugal, c'est le jeune skipper François Gabart (Macif) qui menait lundi soir la flotte du Vendée Globe devant Armel Le Cleac'h (Banque Populaire) et Vincent Riou (PRB). La tête de course avait déjà dépassé la latitude de Lisbonne et filait bon train vers les Alizés. Un groupe de cinq bateaux s'est assez nettement détaché à la faveur d'un ralentissement de l'arrière de la flotte. Mais la route est encore longue et plus que jamais semée d'embûches.

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.