Arnaud Boissières : « Je me suis déjà imaginé dans le sud»

Par Laurence Schreiner
Samedi 10 novembre 2012 à 14h46

« Cali » était l’un des premiers, samedi, sur son bateau. Fébrile, ses yeux bleus emplis d’une émotion rentrée. Déjà tourné vers ce grand large qui l’aimante. Septième en 2008, il met le cap vers ce sommet maritime avec une ambition en hausse sur son Akena Vérandas de l’ancienne génération.

« Cali » était l’un des premiers, samedi, sur son bateau. Fébrile, ses yeux bleus emplis d’une émotion rentrée. Déjà tourné vers ce grand large qui l’aimante. Septième en 2008, il met le cap vers ce sommet maritime avec une ambition en hausse sur son Akena Vérandas de l’ancienne génération.

Propos recueillis aux Sables d’Olonne par Laurence Schreiner

 
Le Figaro.- Comment vous sentez-vous à l’heure du départ ?
Arnaud Boissières.- Il y a un peu de stress, un peu de pression, un peu de hâte et un peu d’émotion. Mais je suis heureux car cela fait depuis 2009 que j’ai rêvé de ce nouveau moment. La nuit a été un peu saccadée. Je me suis imaginée déjà dans le sud, et quand tu rêve de trucs pareils… Et ce matin, il y avait déjà du monde sur les digues, ça fait chaud d’entrée. Ma maison donne sur le Chenal, j’ai traversé la rue, je me suis faufilé discrètement. Heureusement, il faisait nuit ! Et je suis venu en zodiac. Il devrait y avoir de belles conditions pour partir, du nord-ouest dans le golfe de Gascogne, 20-25 nœuds et une mer forte de 5 mètres. Mais rien à voir avec les conditions, il y a quatre ans, c’est mieux.

Les trois semaines aux Sables ne vous ont pas semblé trop longues ?
Depuis que tous les bateaux sont arrivés près du mien, l’impatience de partir est montée d’un cran. Ces semaines étaient importantes pour mon sponsor et tous les gens qui m’ont aidé. Je n’oublie pas d’où je viens. Ce n’était pas une corvée, au contraire. Ça donne une autre source de motivation. Il y a quatre ans, j’avais reçu beaucoup de soutien au départ comme à l’arrivée.
 
Comment aborde-t-on un deuxième départ ?
Je ressens la boule au ventre. Mais j’y retourne avec autant d’envie, de joie, et d’attente de découvertes. L’avoir fait une fois n’enlève rien à cette dimension. Le Vendée Globe, c’est chaque fois quelque chose de nouveau. Là, il y a un enjeu sportif plus important. On a racheté le PRB que Vincent Riou avait sur le dernier Vendée Globe. Il y a plus de sérénité mais tu te rappelles aussi parfois les grosses vagues et les tempêtes.
 
Vous vous sentez plus fort ?
J’essaie de tempérer mes ardeurs ! L’envie est énorme. Mais avec cette humilité qu’on partage tous sur cette édition. Dans mon esprit, je n’ai que des compagnons d’aventure, pas des concurrents. Je ne lutte pas contre les océans, j’essaie de les passer le mieux possible. La bagarre est d’abord contre soi-même sur cette course. Mais j’ai soif de résultats. Et je dis, là, mon bateau peut gagner le Vendée Globe. Mais je sais qu’une place vaut très chère sur un Vendée Globe au niveau de l’investissement exigé sur le bateau.
 
Dans votre génération, vous êtes un marin avec votre propre parcours…
Je suis le paradoxe ou l’exception, je ne sais pas Je ne fais pas une carrière dans la voile. C’est une passion avant tout. Je suis d’Arcachon, passé en Bretagne, à la Rochelle et maintenant en Vendée. Je vais là où il faut s’entraîner, naviguer, là où votre est votre sponsor. Savoir s’adapter en mer commence par savoir s’adapter à terre. Navigateurs, on est des oiseaux migrateurs.

 

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Guillaume Fourrier
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.