Jean-Pierre Dick, l'hédoniste qui peut gagner

Par Amedeo, Fabrice
Samedi 10 novembre 2012 à 9h39

©La Chaîne Météo

Il a tout fait pour que ce Vendée Globe soit le bon. Jean-Pierre Dick prend le départ de son troisième tour du monde en solitaire à l'issue d'une campagne de préparation herculéenne. Elle l'a conduit, en deux ans et demi, à mettre son bateau à l'eau en Nouvelle-Zélande et à le convoyer sur un demi-tour du monde pour l'apprivoiser au large, à gagner la Barcelona World Race, le tour du monde en double, aux côtés de Loïc Peyron, et à remporter la Transat Jacques Vabre avec Jérémie Beyou comme coéquipier. Suivi par deux partenaires - Virbac et Paprec - depuis 8 ans, un facteur important de stabilité et donc de force à l'aube d'un tour du monde en solitaire, Jean-Pierre Dick dispose également de l'un des meilleurs bateaux de la flotte: un plan Verdier de toute dernière génération, sistership des bateaux d'Armel Le Cléac'h et de François Gabart. Tous ces ingrédients font de lui un redoutable prétendant au podium de ce Vendée Globe. Ajoutez un cela une réputation de dur au mal et un mental à toute épreuve, et Dick pourrait bien surprendre tout le monde aux Sables-d'Olonne dans 80 jours ou plus.

 

Car avant d'être surveillé de près par ses adversaires, ce gentleman navigateur originaire de Nice a d'abord suscité le scepticisme dans le cénacle très fermé des coureurs au large. Vétérinaire de formation, diplômé du prestigieux MBA d'HEC, le marin, qui naviguait depuis de nombreuses années à haut niveau en équipage, s'est lancé sur le tard dans l'aventure océanique en solitaire. Ses débuts difficiles se sont soldés par un démâtage sur sa première Route du rhum en 2002. Mais son profil de manager va lui permettre de monter autour de lui une véritable entreprise au service de la victoire. Il termine son premier Vendée Globe (2005) en 6e position, à l'issue d'un tour du monde passé la trousse à outils sur le pont, et s'attire le respect de tous pour sa ténacité. En 2008, le marin est prêt sportivement, mais il abandonne dans le Grand Sud alors qu'il est en tête de la course. Manque de chance ou juste de ce petit rien qui fait basculer vers la victoire? «Je suis parti avec un petit complexe d'infériorité, explique-t-il. Il faut dire qu'il y avait des monstres sacrés sur la ligne de départ (NDLR: Desjoyeaux, Peyron). Mais, maintenant, je sais que je peux battre n'importe qui.»

 

Le marin de 47 ans semble aujourd'hui arrivé mentalement à maturité. «J'ai toujours abordé la course comme une entreprise, mais avec un aspect laborieux, explique-t-il. Pour réussir, il fallait se faire mal. Mon regard sur les choses a changé: le modèle qui consiste à s'exténuer pour réussir est contre-productif. J'ai appris à prendre du plaisir sur l'eau.» Le modèle de son père parti trop tôt après une vie de dur labeur joue sans doute. Du coup, à quelques heures du départ, Jean-Pierre Dick parlait autant des «albatros dans le Grand Sud», de «cette nature sauvage magnifique» qu'il va rencontrer, que de compétition. Une manière sans doute aussi de cacher ce désir profond de victoire qu'il a en lui: «Ce Vendée Globe, c'est dix ans de ma vie, confie-t-il. J'ai tout donné pour en arriver là.»

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.