Vendée Globe : Le Cléac'h et Beyou à maturité

Par Schreiner, Laurence
Vendredi 9 novembre 2012 à 12h48

Quatre ans après leur première circumnavigation aux fortunes opposées, les marins ont pris une nouvelle dimension.

©La Chaîne Météo

Quatre ans après leur première circumnavigation aux fortunes opposées, les marins ont pris une nouvelle dimension.

UN MÊME terreau, la baie de Morlaix. Un apprentissage commun, le circuit Figaro. Il y a quatre ans, Jérémie Beyou et Armel Le Cléac'h avaient débarqué aux Sables-d'Olonne, figures d'une nouvelle garde sans peur à l'idée de caracoler aux côtés d'illustres aînés. À bord de leur machine rutilante, ils participaient à l'euphorie d'une édition d'exception. Leur destin sur leur premier Vendée Globe a été opposé, le premier voyant son voyage stoppé net avant le demi-tour de la planète, l'autre bouclant la boucle en deuxième position.

 

Quatre ans plus tard, ils ont gagné quelques cheveux gris et ce détachement de ceux qui ont roulé leur bosse. Cette fois, ils n'ont pas eu de prototype à concevoir. Armel Le Cléac'h a intégré l'écurie Banque populaire pour piloter l'un des nouveaux plans Verdier-VPLP, celui que Michel Desjoyeaux a imaginé en 2010. L'an passé, Maître Coq a permis à Jérémie Beyou de récupérer le plan Farr, vainqueur de la dernière édition dans les poignes du même Desjoyeaux. Avant d'annoncer jeudi la prolongation de ce partenariat jusqu'à l'édition 2016. «Pour notre premier Vendée Globe, nous étions trop dans la technologie, l'innovation, pose Jérémie Beyou. Cette dimension rassure ou stresse. Mais elle prenait tout notre temps, notre énergie. Alors que l'important est de naviguer.» Et, pendant quatre ans, les deux compères ont avalé des milles sur ces monstres de 60 pieds, toujours plus exigeants. Et ils sont revenus à plus de simplicité, de celle qui parle juste de maîtrise. «Cette fois, on est allé vers l'essentiel, sans révolutionner les choses», abonde Le Cléac'h. Et les lauriers ont fleuri. À un an d'intervalle, en 2010 et 2011, ces marins élevés à la raison de la «Vallée des fous» de Port-la-Forêt sont entrés dans le cercle des doubles vainqueurs de la Solitaire du Figaro. Celui des grands.

 

Le Vendée Globe n'était pas une obsession pour cette génération de figaristes, à laquelle appartient Yann Eliès, gravement blessé sur le Vendée Globe 2008. Il l'est devenu. À 35 et 36 ans, les deux complices de la baie deviendront comme deux frères «ennemis». Armel Le Cléac'h a été intronisé favori, Jérémie Beyou, outsider sérieux. Le premier a l'expérience d'une circumnavigation en solitaire et dispose d'un bateau récent. Quand le second doit boucler son tour avec un bateau de l'ancienne génération, fiable mais un ton en dessous à certaines allures. «Avoir pris de l'expérience sur ces gros bateaux permet de ne plus être effrayé par la machine, pose Beyou. Et je suis plus confiant de partir sur mon bateau que sur d'autres. Je crois que cela se verra dans la façon de naviguer.» Le «Chacal», surnom de Le Cléac'h, serait bien le dernier à ne pas craindre le Beyou sortant du bois. Tout en assumant son statut: «En 2008, dans le sud, je n'étais pas dans le tempo des leaders, je n'étais pas à l'aise. J'ai fait ma course car l'objectif était de finir. Cette fois, la barre est placée plus haut. Je pousserai le curseur plus loin.»

 

L'expérience de 2008 a appris à ces deux régatiers dans l'âme que l'aventure pouvait être au coin d'une vague, d'une casse, d'un appel à se dérouter. Ils l'intègrent mieux aujourd'hui. «À défaut de peur, il y a du stress, oui. Les accidents des autres sont durs à vivre. J'ai vécu celui de Jean (Le Cam). Ça vient d'un coup, on s'imagine plein de choses», souligne Armel Le Cléac'h. «Nous ne cherchons pas l'aventure, nous sommes dans le cadre d'une grande course», rappelle Jérémie Beyou. Dans laquelle ils auraient aimé voir, comme eux en 2008, plus de jeunes sur leur premier départ.

© La Chaîne Météo
© La Chaîne Météo
L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.