Vendée Globe : 20 marins partent à l'assaut de l'Everest des mers

Vendredi 9 novembre 2012 à 10h47

Le départ du Vendée Globe sera donné samedi à 13h02. Cette année, vingt skippers ont répondu présent malgré la crise économique et s'appêtent à perpétuer le mythe de cette course autour du monde et sans escale.

©La Chaîne Météo

Le départ du Vendée Globe sera donné samedi à 13h02. Cette année, vingt skippers ont répondu présent malgré la crise économique et s'appêtent à perpétuer le mythe de cette course autour du monde et sans escale.

C'est la course de tous les superlatifs. La plus dure, la plus longue, la plus populaire, la plus médiatisée. Samedi, vingt marins vont d'élancer des Sables d'Olonne pour la septième édition du Vendée Globe. Malgré une course à l'innovation technologique et aux budgets, cette course reste avant tout une aventure: un homme seul sur son bateau de 60 pieds (18,18 mètres) sur 25.000 de courses (45.000 kilomètres). La difficulté de cette navigation, souvent dans des zones hostiles, lui vaut lors de chaque édition, son lot d'abandons, de drames parfois mais aussi de comportements héroïques et d'histoires magnifiques.

Le public français, réputé peu passionné par la régate entre trois bouées, a toujours été passionné par cette course autour du monde que l'on surnomme l'Everest des Mers.

A chaque édition, le village du Vendée Globe, installé aux Sables d'Olonne, accueille plus de 700 000 visiteurs. Au total, ce sont plus de 1,6 million de passionnés qui se pressent sur les quais pour encourager les skippers au départ, aux arrivées et au moment de la remise des prix. Lors du Vendée Globe 2008 - 2009, Kito de Pavant avait dû abandonner en raison d'un démâtage mais il garde un souvenir très ému de l'accueil du public aux Sables d'Olonne: «Quand je suis revenu, j'étais effondré et j'ai été accueilli par des fumigènes: j'étais en larme!» Kito de Pavant sera de nouveau sur la ligne de départ, samedi, à bord du voilier Groupe Bel. Alors quelle est la recette de cette course mythique, surnommée L'Everest de la course au large? Pour Denis Horeau, directeur de course, c'est «l'alchimie incroyable entre le sport à son plus haut niveau et l'aventure dans sa plus belle expression.»

La route de tous les dangers

Le parcours du Vendée Globe est simple et explique sans doute pour une bonne part l'engouement populaire autour de cette course. Les marins doivent descendre l'Atlantique puis tourner autour du pôle sud en passant par les trois caps: le cap de Bonne Espérance en Afrique du Sud, le cap Leeuwin en Australie et le mythique Cap Horn, puis remonter l'Atlantique en direction des Sables d'Olonne. Ce parcours est aussi celui de tous les dangers avec la proximité des glaces et le déchaînement des tempêtes. «Les vagues ne sont plus des vagues, elles sont hautes comme les Alpes», alertait Gerry Roufs, disparu en mer lors du Vendée Globe 1996- 1997. Depuis les années 2000, la sécurité a été fortement renforcée avec la création des portes de glace: «Nous ne pouvons pas jouer à la roulette russe, répète Denis Horeau, le directeur de course. Nous analysons donc la dérive des glaces pour décider des points en-dessous desquels les participants ne peuvent pas descendre.»

Un plateau relevé
Cette année 20 skippers seront au départ de la course, contre 30 lors de la précédente édition. Plusieurs prétendants ont dû renoncer, faute de sponsors. « Mais 20 skippers, c’est aussi la moyenne des éditions précédentes », rappelle Denis Horeau. Les statistiques issues des précédentes éditions voudraient que sur les 20 au départ, 10 seulement soient à l’arrivée aux Sables d’Olonne dans moins de trois mois. Là encore, Denis Horeau se montre positif : « les statistiques sont là pour qu’on leur torde le cou ». Parmi ces skippers, il faut citer un ancien vainqueur, Vincent Riou, deux vainqueurs de la Solitaire du Figaro, Armel Lecléac’h et Jérémie Beyou, le très expérimenté Jean-Pierre Dick qui a tout gagné en double et court après sa première grande consécration en solitaire ou encore le jeune François Gabart, que le milieu commence à surnommer le Mozart de la voile. Côté milles au compteur, le marin le plus expérimenté est assurément Dominque Wavre qui prend le départ de son 10 e tour du Monde.
Le concurrent le plus jeune a 27 ans : Louis Burton a fait ses premiers pas dans le monde de la course au large il y a tout juste deux ans pour La Route du Rhum. Le jeune parisien, breton de cœur, n’a pas traîné en chemin. Autre particularité de ce Vendée Globe : le plateau est international avec six nations représentées, ce qui souligne que l’Everest des mers fait rêver en
France mais aussi de plus en plus à l’étranger.

© La Chaîne Météo
© La Chaîne Météo
© La Chaîne Météo
© La Chaîne Météo
L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.