Dominique Wavre, une passion millésimée

Vendredi 9 novembre 2012 à 7h50

PORTRAIT : Un quatrième départ, une quatrième aventure. Le Suisse Dominique Wavre (Mirabaud) part avec enthousiasme vers les mers du Sud. Avec en tête encore l’envie de faire un beau résultat.

PORTRAIT : Un quatrième départ, une quatrième aventure. Le Suisse Dominique Wavre (Mirabaud) part avec enthousiasme vers les mers du Sud. Avec en tête encore l’envie de faire un beau résultat.

Enfant, il se rêvait cosmonaute. A défaut d’espace, le lac Léman et la compétition sur tous types de bateaux ont malgré tout été les rampes de lancement d’une carrière chevauchant abscisses et ordonnées de la planète. Un nombre de milles astronomique. Dominique Wavre est le vétéran du plateau. Il en faut bien un. Son CV nautique rend aphone les hérauts de joutes navales tant il est constellé de pérégrinations salées. Whitbread, America’s Cup, Tour de France à la Voile, circuit Figaro, transats en tout genre, et… trois Vendée Globe. Respirez ! C’est l’école des Beaux Arts.


Le Genevois ne pense pas à la retraite. Loin s’en faut. Elle sera sans doute bien maigre. Les hasards et rencontres ont tout simplement conduit sa vie de marin respirant le travail bien fait : « Je n’ai jamais pensé ma vie en termes de métier. Cela s’est déroulé passion après passion. Même après l’accident la dernière fois où j’ai perdu ma quille, j’ai pris la présidence de la classe IMOCA par intérim. En faisant évoluer certains textes sur la jauge pour éviter une trop grande différence entre anciens et nouveaux bateaux. Et puis, comme j’avais su préserver le mien, avec un nouveau sponsor, repartir sur le Vendée avec un petit esprit de revanche était pour moi légitime ».


Confiance


A 57 ans, ses rides halées ne cache pas la rouille. Dominique Wavre se dit affûté : « Il y a une part aventureuse et une part compétition, une part technologie et une part humaine. L’âge n’est pas trop important. Tant que tu te sens capable de le faire, que tes muscles et tes artères vont bien, il n’y a pas de problème. Les critères importants, c’est la qualité de ta préparation, celle de ton bateau, la confiance que tu as en toi pour aller dans le grand Sud où les fortunes, ou plutôt les infortunes de mer, t’angoissent ».
Cinquième en 2001, quatrième en 2005, la dernière édition, donc, s’est malheureusement achevée trop vite. Mais pas dans le désolation : « Nous nous sommes retrouvés avec Bernard Stamm avec nos quilles cassées aux Kerguelen. J’étais à son bord quand son bateau est allé dans les cailloux. Moi, je suis reparti de mon mouillage pour l’Australie. Une chose invraisemblable à faire, débile. J’étais en danger mais je n’étais pas en train de couler. J’ai donc sauvé le bateau et me voici avec lui pour un nouveau départ. Ce n’était donc pas un échec ».


Idée compulsive


Le Suisse n’est pas un homme d’affaires, mais quelqu’un de convaincant. La banque Mirabaud, son sponsor, a apprécié sa personnalité, ses compétences et ses capacités à monter le projet. Et son idée compulsive, croiser à nouveau dans les mers du Sud : « Je connais bien le terrain de jeu de l’Atlantique. Même si le Sud est borné cette fois-ci avec des portes à passer, elles sont là pour nous protéger des glaces mais pas des tempêtes, le A d’Aventure a un peu perdu de sa taille. Mais cela reste des déserts formidables. Être confronté aux vagues et aux houles incroyables est fabuleux. Et à chaque fois, il se passe un truc. Nous savons tous que quelque chose peut nous tomber dessus. Là est la magie ».


Son plan Owen/Clarke mis à l’eau en 2006 a évolué, avec un mât de toute dernière génération, une casquette rallongée. Il est certes plus lourd que certains mais très polyvalent et fiabilisé. Cela donne à Dominique Wavre des envies de briller : « Comme lui, j’ai mes armes. Je suis assez serein, je pense que je vais m’éclater. En tous les cas, cela sera moins dur pour moi que pour ma compagne, Michèle Paret qui est mon chef de projet et co-skipper sur d’autres courses ».
Les jeunes pousses et autres cadors de cette 7e édition du Vendée Globe auront certainement un œil sur la progression de l’Helvète. Rigoureuse en précision n’en doutons pas. En souhaitant qu’il s’abreuve telle une éponge de l’émotion que l’on ressent en rentrant chez soi.

 

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.