Passage du Nord-Ouest, une traversée mythique

Jeudi 8 novembre 2012 à 16h34

EVASION. De plus en plus de plaisanciers s'aventurent sur cette voie maritime que le réchauffement climatique rend chaque année plus praticable.

©La Chaîne Météo

EVASION. De plus en plus de plaisanciers s'aventurent sur cette voie maritime que le réchauffement climatique rend chaque année plus praticable.

Cette navigation est un rêve pour beaucoup de marins. Uniquement franchissable pendant le court été arctique, le passage du Nord-Ouest, situé entre le détroit de Davis et la mer de Beaufort, attire de plus en plus de plaisanciers fascinés par ce défi à la fois maritime et culturel. Un intérêt accru depuis que le réchauffement climatique rend la traversée plus facile. Plus facile, certes, mais toujours sujette aux aléas climatiques.

«L'ouverture est très variable d'une année sur l'autre, explique Frédéric Lasserre, professeur au département Géographie de l'université de Laval, au Québec. Pendant longtemps, les chenaux les plus au sud s'ouvraient. Depuis 2009-2010, ce sont ceux du nord, comme le détroit de McClure, qui s'ouvrent le plus longtemps.» Chemins rares, chenaux souvent barrés par la glace, le passage du Nord-Ouest se renouvelle chaque année, faisant de chaque traversée une aventure différente.

En 2009, une vingtaine de voiliers avaient réussi le transit. Cette année, 20 bateaux y sont à nouveau parvenus. Et le chiffre ne devrait qu'augmenter.

Il était en effet quasiment impossible de s'aventurer dans cette région en bateau à voile dans les années 1980 du fait des glaces dérivantes, ou alors il fallait prendre le risque de devoir hiverner pendant plusieurs années. Mais aujourd'hui, la donne a changé: il y a beaucoup moins de glace et plusieurs chenaux sont empruntables pendant quelques jours ou quelques semaines en été.

Mieux vaut être un marin aguerri pour s'aventurer dans le passage du Nord-Ouest. Même si la navigation n'est pas intense, elle n'est pas sans risques. On peut rencontrer des glaces dérivantes, des bancs de brouillard épais, du blizzard soudain. D'où l'importance de signaler sa présence à la garde côtière, qui envoie des cartes des glaces. Attention également aux cartes marines qui ne sont pas toujours précises. Mieux vaut ne pas sortir des chenaux de navigation: des navires s'échouent régulièrement.

 

S'armer de patience

Il ne faut pas non plus oublier la présence possible d'icebergs ou de growlers que les radars détectent mal. Si l'on progresse vite avec une faible visibilité, le risque de collision est élevé.

Ce type d'incident arrive encore chaque année, même s'il n'y a pas eu de naufrage depuis longtemps. En cas de problème, il faut s'armer de patience et attendre les secours, qui décollent du Canada. «Cela se mesure en heures, voire en jours, tout dépend des conditions météorologiques», prévient Frédéric Lasserre.

Difficilement prévisible, la météo rend également l'aventure assez compliquée d'un point de vue logistique. En effet, impossible de savoir à l'avance quand on va pouvoir traverser. «Il peut faire beau et tiède - entre 5 et 10 °C - mais la température peut aussi atteindre 30 °C en juillet, même si cela reste exceptionnel. On peut aussi bien avoir un coup de blizzard, une tempête de neige ou être sous le point de congélation pendant un ou deux jours», explique Frédéric Lasserre. Si, en général, il est rare de rencontrer des vents forts, la donne est différente sur la mer de Beaufort ou celle du Labrador, qui peuvent s'avérer très houleuses.

 

Pratique

S'y rendre en avion:aéroport d'Iqualuit opéré par le gouvernement du Nunavut, desservi par plusieurs compagnies aériennes dont Canadian North, First Air ou encore Calm Air.

Où dormir en cas d'hivernage forcé? Le Qausuittuq Inns de Resolute Bay accueille chaque année de nombreux scientifiques ou aventuriers. www.innsnorth.com

Monnaie:  dollar canadien

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.