Les étrangers veulent prendre leur tour

Mercredi 7 novembre 2012 à 17h05

Sur les vingt skippers du Vendée Globe, ils sont huit à représenter le reste du monde dont une poignée avec l'ambition de marquer l'histoire.

SAILING - PRE VG 2012-2103 - ©La Chaîne Météo

Sur les vingt skippers du Vendée Globe, ils sont huit à représenter le reste du monde dont une poignée avec l'ambition de marquer l'histoire.

L'ÂGE du capitaine parle de lui-même. Mike Golding, 52 ans, et Dominique Wavre, 57 ans, sont les vénérables récidivistes de la 7e édition du Vendée Globe, dont le départ sera donné samedi. Quatrième participation pour ces deux navigateurs au long cours, une de plus que Bernard Stamm et Alex Thomson. Ces quatre marins, deux Britanniques et deux Suisses, constituent le cercle étranger le plus concurrentiel d'une flotte battant traditionnellement à plus de 55-60 % pavillon français. Le Vendée Globe a toujours attiré au-delà des côtes françaises, mais sans jamais consacrer un marin d'une autre nationalité.

 

«Cette course n'est pas un truc convenu, ni un sentier balisé.» Sur son monocoque Mirabaud, Dominique Wavre regarde le défilé record de spectateurs sur les pontons des Sables-d'Olonne avec sérénité. Le skipper suisse et le Vendée Globe, c'est une histoire de «passion» depuis 2000. «Je crois que Dominique aime cette course. De mon côté, j'aime la compétition extrême», sourit Mike Golding (Gamesa), son concurrent britannique ces douze dernières années. Chacun avec son lot de joie (les deux ont joué placés à deux reprises), et une infortune semblable lors de la dernière édition (abandon sur casse).

 

Effacer le souvenir de son démâtage est une raison suffisante de revenir pour Golding. «Mais si vous me revoyez sur un Imoca 60 pieds après ce tour du monde, tirez-moi dessus!» Dominique Wavre écrit en pointillé un futur avec une course qui colle à la peau de tous ceux qui l'ont vécue. «C'est fou... Le Vendée Globe est très important pour les skippers, mais il n'est pas la seule course. Et avec celles courues durant votre carrière, vous savez où vous vous situez, souligne Golding. Seulement, regardez Bernard Stamm: nous savons tous que c'est un bon marin, mais il n'a jamais fini le Vendée Globe. Comme Alex Thomson...»

 

Stamm a vécu pour repartir en outsider, même s'il dispose, avec son Cheminées Poujoulat, de l'un des six bateaux de dernière génération. Quant à Thomson, 38 ans, surnommé «Maverick» (Tête brûlée), il a changé de ton et de philosophie de bateau, au point que ses adversaires le considèrent comme un sérieux client. «Aujourd'hui, je dois d'abord finir cette course», a-t-il asséné. «Pas pour mon sponsor (Hugo Boss), pas pour mon équipe, pas pour la gloire. Mais pour moi!»

 

Après le succès de Bradley Wiggins sur le Tour de France, l'heure est-elle venue d'un premier triomphe britannique? «Ce serait le bon moment, reconnaît Thomson. Pour moi, il ne s'agit pas tant de battre les Français que de relever le challenge le plus fou.» Golding rigole: «Ellen MacArthur a fait deuxième en 2001, j'étais troisième en 2005. Nous sommes vraiment proches. On m'a souvent dit que pour gagner le Vendée Globe, il fallait être Français, gagner la Solitaire du Figaro, boire du bon vin et je ne sais quoi encore! Je ne crois pas.»

 

Quatrième de la dernière édition, l'Anglaise Samantha Davies a dû ranger sa faim de performance, son vieux plan Lombard de 2004 (Savéol) ne pouvant rivaliser avec les plus récents. L'Espagnol Javier Sanzo dispose, lui, d'une machine (Acciona) parmi les plus récentes, mais unique car propulsée par des énergies 100 % renouvelables: «La question n'est pas de gagner, pourtant j'aimerais comme tant d'autres ici. L'important est de montrer que ce système marche.» Sanzo, dit «Bubi», comme l'Italien Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) et le Polonais Zbigniew Gutkowski (Energa), dit «Gutek», connaissent le chemin des mers du sud. Mais ce sont d'abord des bourlingueursaventuriers, de ceux qui ont aussi écrit la légende de la course.

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.