Samantha Davies : «L'expérience n'a pas de prix»

Mardi 6 novembre 2012 à 19h09

Quatrième lors du dernier Vendée Globe, la Britannique Sam Davies repartira samedi 10 novembre forte de sa première boucle. Mais consciente d'être moins bien armée que d'autres concurrents.

SAILING - PRE-VG 2012-2013 - SAVEOL ©La Chaîne Météo
Quatrième lors du dernier Vendée Globe, la Britannique Sam Davies repartira samedi 10 novembre forte de sa première boucle. Mais consciente d'être moins bien armée que d'autres concurrents.

Dans son monocoque Savéol, une coccinelle a rejoint Foxy le flamand rose et Lucky Duck, ses premières mascottes. Samantha Davies n'a rien perdu de son généreux sourire, mais a gagné en gravité. Malgré sa grande performance sur le dernier Vendée Globe (4e), elle a dû lutter deux ans durant avant de trouver un budget raisonnable pour repartir. Entre les deux tours du monde, la Britannique, bretonne d'adoption depuis 2003, a donné naissance à Ruben. Deux mois après, elle reprenait l'entraînement physique puis la navigation fin 2011.

Figaro Nautisme.-Abordez-vous cette édition de façon différente par rapport à votre première participation en 2008?

Samantha Davies.- L'expérience est un avantage que l'on ne peut acheter. Et pour ceux qui ont fini le tour du monde, cela n'a vraiment pas de prix. Là, j'ai eu moins de temps pour me préparer et moins de milles sur ce bateau. Mais je suis aussi sereine qu'en 2008. Et j'ai retrouvé la même envie, la même hâte d'y retourner.

Votre performance en 2008 a été remarquable. Avec le recul, vous êtes-vous surprise?

Quand j'ai passé le cap Horn, je me suis dit: «je l'ai fait!» Et j'étais très fière de moi car c'était la première fois. J'avais failli franchir le Horn avec l'équipage féminin de Shirley Robertson sur notre tentative de record de tour du monde en 1998. Mais nous avions démâté dans le Pacifique. Je savais que je pouvais le faire. Mais je ne savais pas quel rythme je pouvais avoir. C'est marrant, on a tendance à ne garder que les bons souvenirs. Mais je ne veux pas tomber dans le piège de croire que ce sera la même histoire. L'expérience était très riche mais je sais que tout peut arriver.

Etre maman change-t-il quelque chose à votre approche de la course?

Non! Il faut toujours être à fond dans un projet comme celui là. Si cela avait dû changer mon engagement, je ne l'aurais pas fait. Je ne fais pas le Vendée Globe pour faire un tour du monde mais pour réaliser une performance. Après, côté organisation, je me suis entourée de gens pour la logistique, le ravitaillement. Et puis, avoir un bébé, ça oblige à avoir des pauses et c'est une bonne chose.

Votre bateau est l'ancien de Roland Jourdain sur le Vendée Globe 2004, avec lequel il remporta la Route du Rhum 2006. Vous plaît-il?

Au début de cette année, c'était encore le bateau de «Bilou». J'étais perdue dessus mais fière quand même de pouvoir finir le premier stage à son bord. Seulement, je n'osais pas, je ne voulais pas risquer de casser quelque chose devant tout le monde. J'ai fait une qualification de 1000 milles en juin, avec beaucoup de vent dans le golfe de Gascogne. C'est le seul moment, où j'étais seule pour faire des bêtises (rires)! Et quand je suis rentrée, c'était mon bateau...

Quel objectif vous êtes vous fixé?

J'aurais aimé être parmi les favoris... Mais je n'ai pas la même machine que certains, je dispose du troisième plus vieux bateau de la flotte. Par contre, il est solide, c'est bien pour les battements de coeur! Et j'aurais moins de pression sur la ligne de départ. Je souhaiterais juste faire une belle course. Car être là, prête à partir, c'est déjà une victoire.

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.