Quand la Volvo Race tient ses promesses d'intensité

Par Amedeo, Fabrice
Lundi 28 mai 2012 à 7h32

A 1000 milles de Lisbonne, le suspens pour la première place au classement général est relancé.

©Yann Riou/Yann Riou/Groupama Sailing Team/Volvo Ocean Race
A 1000 milles de Lisbonne, le suspens pour la première place au classement général est relancé.

«Life at the Extreme». Le slogan vendeur de la Volvo Ocean Race résume bien la bagarre incroyable que se livrent les sept équipages engagés sur la septième étape entre Miami et Lisbonne. Lundi soir à 23 heures (heure de Paris), Abu Dhabi menait toujours la danse tandis que Groupama et Telefonica, respectivement second et premier au classement général, pointaient en quatrième et sixième position de l'étape. Autant dire que rien n'est joué dans cette course et que le classement général pourrait être bouleversé dans trois jours à Lisbonne.

Après l'anticyclone et son ralentissement, un front a cueilli les six bateaux et les pousse actuellement vers le Portugal. Lundi soir, les concurrents évoluaient à 600 milles au nord-ouest des Açores, à plus de 20 noeuds de vitesse, dans 20 à 30 noeuds de sud-ouest.

La bonne nouvelle pour les bateaux situés à l'arrière de la flotte, c'est qu'ils sont les premiers à toucher le vent soutenu du front, qui se déplace de l'ouest vers l'est. La compression annoncée commence donc à se faire sentir: depuis 24 heures, l'avance du bateau de tête fond ainsi comme neige au soleil. «Je ne suis pas défaitiste, expliquait lundi Ian Walker, skipper d'Abu Dhabi, mais je me prépare mentalement à ce que ceux de derrière aient plus de vent que nous à cause du front froid qui progresse en les cueillant par l'arrière».

«Personne ne gagnera la Volvo à Lisbonne»

Pour tirer le meilleur parti de ce système perturbé, Abu Dhabi et Puma ont choisi le nord. Les quatre autres concurrents sont placés plus au sud. «Vous devez vous positionner du côté où il y a plus de pression, expliquait lundi, à la vacation du jour, Will Oxley, navigateur à bord de Camper. Vous devez deviner l'axe de ce truc, s'il bouge plus à l'est ou à l'ouest, où placer le bateau pour traverser en son point le plus étroit. Vous devez surveiller la pression barométrique et croiser les doigts».

Avec les deux leaders au classement général en queue de peloton, tout reste possible et une victoire d'étape pour Camper ou Puma pourrait resserrer encore le classement général, voire le bouleverser suivant le résultat de Team Sanya ou d'Abu Dhabi.

Un sentiment qui était partagé par l'équipage de Groupama qui semble pourtant profiter de sa carène, très à l'aise dans ces conditions, pour allonger la foulée. «La partie qui va se jouer durant les jours qui suivent s'annonce déterminante pour l'étape et pour la victoire finale, analysait ainsi Yann Riou, équipier média à bord du bateau français. On est dans une configuration inédite, où les leaders se trouvent en queue de peloton, et où des bateaux moins dangereux au classement général se trouvent en position de gagner l'étape, ou de s'intercaler entre les quatre premiers. Personne ne pourra gagner la Volvo à Lisbonne, mais il est éventuellement possible de la perdre, ou du moins de compromettre sérieusement ses chances de victoire».

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Eric Mas
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.