Un iceberg géant s'est détaché du Groenland

Par Figaronautisme.com
Dimanche 22 juillet 2012 à 0h00

Un phénomène naturel amplifié par un été arctique plus chaud La formation des icebergs est liée au

Antarctique ©NASA
Un phénomène naturel amplifié par un été arctique plus chaud La formation des icebergs est liée au
Un phénomène naturel amplifié par un été arctique plus chaud

La formation des icebergs est liée au détachement de blocs de glace issus des grands glaciers descendant de la calotte du Groenland vers la mer. Ce phénomène normal est appelé " vêlage".

Dans ce contexte, une plateforme de glace s'est détachée de l'un des plus grands glaciers du Groënland, le glacier Petermann, descendant sur son versant nord-ouest, à 1000 km du pôle nord.

Cette rupture a donc formé un iceberg géant (à ne pas confondre avec la banquise, qui est une carapace de glace se formant à la surface de la mer), dont la taille est approximativement de deux fois celle de Paris, et d'une épaisseur de 150 à 200 m. Le glacier Petermann, long de 70 km, est donc désormais amputé d'une surface de 260 km 2 environ.

Il serait tentant de relier directement ce phénomène au " réchauffement climatique ". Or, le processus est plus complexe. Certes, le printemps et l'été arctiques ont été particulièrement chauds cette année, avec une fonte record de la banquise (glaces flottantes qui se reforment en hiver). L'anomalie de température de cette zone est proche de +2°C. Mais, si cela affecte la banquise, il n'y a pas d'impact aussi rapide sur les grands glaciers, qui réagissent au bout de plusieurs années, voire une décennie.

Ce phénomène de vêlage est donc naturel : cela forme les icebergs, lesquels dérivent ensuite sur la mer : le Titanic en avait fait les frais en 1912. Ce même processus se produit aussi en Antarctique (photo n°2) avec des plateformes de glace encore plus vastes qui peuvent se détacher (sur notre exemple : une partie de la banquise de Larsen s'était détachée de l'Antarctique en 2009, formant une ile de glace de plus de 8000 km2).

Mais dans le contexte climatique de ces dernières décennies plus chaudes, la température de la mer se réchauffe lentement, sapant les glaces flottantes par dessous et provoquant leur détachement. Pour l'Antarctique par exemple, les températures de surface ne se réchauffent pas, contrairement aux idées reçues (au contraire, la surface de la banquise Antarctique du mois de juin était supérieure de 2.5% par rapport à la moyenne).

Concernant le Groënland, les glaciers subissent à la fois une fonte de surface, ce qui accelère le glissement vers la mer, ainsi que l'usure par le fond : il en résulte une perte de surface englacée assez régulière.

La formation de cet iceberg géant n'aura pas d'impact sur l'élévation du niveau de la mer, car cette plaque de glace était déjà plongée dans la mer avant même de se rompre.