Non, les étés ne sont pas plus chauds qu'auparavant !

Par Figaronautisme.com
Mercredi 19 septembre 2012 à 4h46

Depuis quelques années, les français ont souvent l'impression que les étés sont de plus en plus maussades, et ce depuis l

été ©La Chaîne Météo
Depuis quelques années, les français ont souvent l'impression que les étés sont de plus en plus maussades, et ce depuis l
Depuis quelques années, les français ont souvent l'impression que les étés sont de plus en plus maussades, et ce depuis la canicule d'août 2003 et l'épisode de forte chaleur de juillet 2006. Il est vrai que l'été 2003 avait été exceptionnel, le plus chaud jamais observé en France avec un excédent sur trois mois de près de 3°C à l'échelle du pays (près de 5°C en août, localement 7°C dans le nord et l'est du pays).

Plus de 60% des stations météo avaient battu leur record, exception faite de la Méditerranée. La température maximale absolue pendant la canicule a atteint 44,1°C à Saint-Christol-lès-Alès dans le Gard.


Impression biaisée depuis 2003

Depuis cette flambée du mercure, nos étés seraient-ils devenus des automnes perpétuels ? En étudiant depuis l'an 2000 l'évolution des températures et des précipitations pour 6 villes françaises climatologiquement différentes (Paris, Bordeaux, Lyon, Brest, Marseille), il s'avère que la plupart de nos étés se sont avérés "statistiquement" tout à fait classiques. Ils ont connu un bilan thermique à l'équilibre (compris entre -1 et +1°C), avec parfois de fortes disparités. Ainsi, en 2006, juillet fut l'un des plus chauds de l'histoire et août... l'un des plus frais !

Concernant les précipitations, la situation est à peine plus contrastée. En nombre de jours de pluie > 1mm, la quasi-totalité des périodes estivales (juin à août) a connu 20 à 30 jours de pluie en moyenne à l'échelle du pays. La moyenne statistique étant de 25, aucune tendance (vers davantage sécheresse ou au contraire plus de pluies) ne se dégage depuis l'an 2000. Seule 2005 a subi un déficit important, notamment dans le sud et l'ouest du pays.

Ces deux dernières années (2011 et 2012), les mois de juillet ont certes été très maussades (20 jours de pluie dans le nord-ouest, près de 100 mm à Paris en juillet 2012), mais juin et août se sont ratrappés avec un temps souvent sec (excepté en Rhône-Alpes et Franche-Comté où de nombreux orages ont éclaté).


2007, seul été véritablement pourri du 21ème siècle


En dehors de 2003, une autre année fait exception, il s'agit de 2007. Cette année-là, on peut effectivement qualifié l'été de "pourri"... Le déficit thermique s'établit à environ - 1°C. Il a plu près d'un jour sur deux sur la plupart des stations de référence, exception faite de Marseille. A Strasbourg, 47 jours avec précipitations significatives ont été dénombrés (moyenne de 31), 43 pour Brest (31) ou 37 pour Paris (24). L'ensoleillement a également été déficitaire de 35%. A Paris, un nouveau record de pluie mensuel a été établi en août, avec 158 mm.

Cette même année, avril fut l'un des plus chauds de l'histoire avec 30 à 35°C sur presque tout le pays en dernière semaine et une sécheresse persistante. L'été a donc rééquilibé cette anomalie printanière.

En conclusion, les conditions météo estivales ont peu évolué depuis le début du 21ème siècle sur l'hexagone (malgré un été 2003 exceptionnel), et on ne note aucun réchauffement significatif pour le moment...

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