Fonte record pour l'Arctique mais pas pour l'Antarctique

Par Figaronautisme.com
Lundi 24 septembre 2012 à 0h00

Arctique : fonte record de la banquise C'est au mois de septembre que la banquise de l'arctique connait sa fonte maximale, à l'issue de

Nord-Ouest ©La Chaine météo
Arctique : fonte record de la banquise C'est au mois de septembre que la banquise de l'arctique connait sa fonte maximale, à l'issue de
Arctique : fonte record de la banquise

C'est au mois de septembre que la banquise de l'arctique connait sa fonte maximale, à l'issue de l'été boréal, avant la diminution de la durée du jour et le refroidissement qui s'ensuit rapidement.

Cette année, entre la fin août et la mi-septembre, cette fonte a battu tous les records - en tous cas depuis l'utilisation de l'imagerie satellitale dans les années 1970. Le record de 2007, que l'on croyait imbattable, est donc pulvérisé avec une superficie englacée de 3,3 millions de km2 contre 4,17 millions de km2 en 2007. En 1979, cette surface englacée représentait 6,5 millions de km2. De plus, la banquise perd en volume, ayant perdu environ 40% de son épaisseur depuis les années 1980, ce qui la rend encore plus vulnérable face au réchauffement climatique actuel.

Petit rappel : la banquise est la couche de glace de mer flottante qui ne fond pas durant l'été, sur une épaisseur de quelques mètres, et qui s'étend à nouveau en hiver avec le regel de la mer. Cela ne prend pas en compte les glaciers (Groenland, Terre de Baffin, Spitzberg) qui sont constitués d'eau douce.

La fonte de la banquise arctique cet été est due à la persistance de températures élevées, supérieures de +2°C par rapport à la normale, depuis le mois de mai, conjugué à un ensoleillement généreux ayant entamé la glace. Puis, un système dépressionnaire s'est maintenu plusieurs jours en juillet avec des vents violents, ayant contribué à la dislocation de la glace. Au final, la banquise s'est fractionnée au point de libérer des passages traditionnellement englacés même en été ( par exemple, le mythique passage du Nord-Ouest, dans le Grand Nord Canadien).


Vers la disparition de la banquise ces prochaines années?


Si le rétrecissement de la surface restant englacée pendant l'été sur l'océan Arctique devait se poursuivre à ce rythme, les scientifiques estiment que la banquise pourrait pratiquement disparaître d'ici 5 à 6 ans, ce qui serait un seuil supplémentaire dans le processus du changement climatique.
Mais attention : il ne s'agit bien sur que de la fonte estivale, car en hiver, la glace se reformerait sur les mêmes étendues. Mais ce serait lourd de conséquence : non seulement l'océan Arctique serait alors libre de glace lors des mois d'août et de septembre, mais l'eau pourrait aussi se réchauffer lentement en absorbant le rayonnement solaire. Cette eau devenue plus chaude serait alors un frein à son regel rapide à l'automne. Le cycle serait alors brisé. Les climatologues pensaient qu'au rythme actuel du recul des glaces de mer, la banquise pourrait tenir encore 50 ans ou plus, alors qu'elle pourrait être remise en cause dans la décennie en cours...


L'exception Antarctique

Le changement climatique n'est cependant pas uniforme ni forcémment inéluctable. Ainsi, l'hémisphère sud a connu un hiver globalement assez froid, notamment pour l'Antarctique qui a battu ponctuellement des records absolus de froid (base Concordia) et dont l'extension des glaces de mer autour du continent blanc est supérieure à la moyenne : ce fut le 4eme mois d'août le plus englacé depuis les années 1980.

Le contexte de l'Antarctique est totalement différent de celui de l'Arctique : il s'agit d'une calotte glaciaire extrêmement épaisse, qui s'élève à 4000 m d'altitude, et qui ne pourra en aucune façon être affectée par un quelconque réchauffement climatique : au contraire, dans ce cas de figure, les précipitations sous forme de neige augmenteraient, ce qui épaissirait encore les glaciers.

En revanche, la banquise qui se forme sur les océans environnants pourrait être plus vulnérable à l'image de l'arctique, puisqu'il s'agit de glace de mer; mais à priori, sa surface, lors de ces derniers hivers, ne montre pas de signe de rétractation.


Groenland © La Chaine Météo
Antarctique © NASA