Fonte record pour l'Arctique mais pas pour l'Antarctique

Par Figaronautisme.com
Mardi 25 septembre 2012 à 3h49

Arctique : fonte record de la banquise C'est au mois de septembre que la banquise de l'arctique connait sa fonte maximale, à l'issue de

Nord-Ouest ©La Chaine météo
Arctique : fonte record de la banquise C'est au mois de septembre que la banquise de l'arctique connait sa fonte maximale, à l'issue de
Arctique : fonte record de la banquise

C'est au mois de septembre que la banquise de l'arctique connait sa fonte maximale, à l'issue de l'été boréal, avant la diminution de la durée du jour et le refroidissement qui s'ensuit rapidement.

Cette année, entre la fin août et la mi-septembre, cette fonte a battu tous les records - en tous cas depuis l'utilisation de l'imagerie satellitale dans les années 1970. Le record de 2007, que l'on croyait imbattable, est donc pulvérisé avec une superficie englacée de 3,3 millions de km2 contre 4,17 millions de km2 en 2007. En 1979, cette surface englacée représentait 6,5 millions de km2. De plus, la banquise perd en volume, ayant perdu environ 40% de son épaisseur depuis les années 1980, ce qui la rend encore plus vulnérable face au réchauffement climatique actuel.

Petit rappel : la banquise est la couche de glace de mer flottante qui ne fond pas durant l'été, sur une épaisseur de quelques mètres, et qui s'étend à nouveau en hiver avec le regel de la mer. Cela ne prend pas en compte les glaciers (Groenland, Terre de Baffin, Spitzberg) qui sont constitués d'eau douce.

La fonte de la banquise arctique cet été est due à la persistance de températures élevées, supérieures de +2°C par rapport à la normale, depuis le mois de mai, conjugué à un ensoleillement généreux ayant entamé la glace. Puis, un système dépressionnaire s'est maintenu plusieurs jours en juillet avec des vents violents, ayant contribué à la dislocation de la glace. Au final, la banquise s'est fractionnée au point de libérer des passages traditionnellement englacés même en été ( par exemple, le mythique passage du Nord-Ouest, dans le Grand Nord Canadien).


Vers la disparition de la banquise ces prochaines années?


Si le rétrecissement de la surface restant englacée pendant l'été sur l'océan Arctique devait se poursuivre à ce rythme, les scientifiques estiment que la banquise pourrait pratiquement disparaître d'ici 5 à 6 ans, ce qui serait un seuil supplémentaire dans le processus du changement climatique.
Mais attention : il ne s'agit bien sur que de la fonte estivale, car en hiver, la glace se reformerait sur les mêmes étendues. Mais ce serait lourd de conséquence : non seulement l'océan Arctique serait alors libre de glace lors des mois d'août et de septembre, mais l'eau pourrait aussi se réchauffer lentement en absorbant le rayonnement solaire. Cette eau devenue plus chaude serait alors un frein à son regel rapide à l'automne. Le cycle serait alors brisé. Les climatologues pensaient qu'au rythme actuel du recul des glaces de mer, la banquise pourrait tenir encore 50 ans ou plus, alors qu'elle pourrait être remise en cause dans la décennie en cours...


L'exception Antarctique

Le changement climatique n'est cependant pas uniforme ni forcémment inéluctable. Ainsi, l'hémisphère sud a connu un hiver globalement assez froid, notamment pour l'Antarctique qui a battu ponctuellement des records absolus de froid (base Concordia) et dont l'extension des glaces de mer autour du continent blanc est supérieure à la moyenne : ce fut le 4eme mois d'août le plus englacé depuis les années 1980.

Le contexte de l'Antarctique est totalement différent de celui de l'Arctique : il s'agit d'une calotte glaciaire extrêmement épaisse, qui s'élève à 4000 m d'altitude, et qui ne pourra en aucune façon être affectée par un quelconque réchauffement climatique : au contraire, dans ce cas de figure, les précipitations sous forme de neige augmenteraient, ce qui épaissirait encore les glaciers.

En revanche, la banquise qui se forme sur les océans environnants pourrait être plus vulnérable à l'image de l'arctique, puisqu'il s'agit de glace de mer; mais à priori, sa surface, lors de ces derniers hivers, ne montre pas de signe de rétractation.


Groenland © La Chaine Météo
Antarctique © NASA
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Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.