Lumière de Boudha et tête de mat

Par Eric Mas
Vendredi 10 mai 2013 à 9h20

Le grand ciel bleu se fait désirer. Nous avons tous soif de luminothérapie à la sortie de l’hiver. Luminothérapie… Vraiment, nous sommes champions pour créer des néologismes qui font peur. Nous voulons du sans nuage. Provisoirement. Et je défendrai toujours le charme des nuages.

Le grand ciel bleu se fait désirer. Nous avons tous soif de luminothérapie à la sortie de l’hiver. Luminothérapie… Vraiment, nous sommes champions pour créer des néologismes qui font peur. Nous voulons du sans nuage. Provisoirement. Et je défendrai toujours le charme des nuages.

Qu’ils soient pâles ou congestionnés, qu’ils soient minces ou boursouflés, qu’ils soient en altitude ou collés à la surface comme le brouillard, ils apportent fantaisie et suscitent curiosité. Ils ouvrent, et pas seulement aux yeux du météorologue, toute un monde où se mêle science et imaginaire, le monde des météores.


Merci aux Grecques de nous avoir offert ce mot qui signifie « suspendu dans l’atmosphère ».

 
Le nuage étant fait d’eau il est de la famille des hydrométéores au même titre que la grêle, la neige, la pluie, la bruine, le brouillard, la brume... Il a des cousins, les lithométéores faits de poussières, les électrométéores et leurs coups de foudre, les photométéores pour les phénomènes optiques.

 
Hydro et Photo s’entendent pour nous surprendre. On ne s’y attend pas et voilà un éclairage rasant, un banc de brume pour écran, une ombre projetée. On ne s’y attend pas et tout à coup apparaît une GLOIRE, c’est à dire une série d’anneaux colorés autour d’une ombre portée. Le faisceau de lumière se diffracte en rencontrant l’obstacle que constituent les gouttelettes d’eau. Les rayons lumineux subissent déviation et redistribution de leurs parcours. Leurs interférences, superpositions de ces « Ondes Géométriquement Modifiées » produisent alors cette fantastique apparition.

 
Il est évidemment plus facile de trouver ces conditions en montagne, avec un rayon de soleil qui porte l’ombre de l’observateur sur les nuages remontant de la vallée. Ce phénomène est noté depuis longtemps en Chine où il a pour nom « lumière de Bouddha », car la GLOIRE entoure la tête de l'observateur et est vue comme le halo de l'illumination personnelle.

 
D’autant plus personnelle que les prodiges de l’optique font que si deux montagnards côte à côte observent le phénomène, ils vont voir tous les deux les deux ombres, mais chacun ne verra que sa propre GLOIRE autour de sa tête…