Les ports français victimes de leur succès

Samedi 8 février 2014 à 6h00

40 000 plaisanciers attendent actuellement une place pour amarrer leur navire. Heureusement, les ports de plaisance ne manquent pas d'idées pour accueillir les bateaux.

PORT DE CONCARNEAU ©La Chaîne Météo

40 000 plaisanciers attendent actuellement une place pour amarrer leur navire. Heureusement, les ports de plaisance ne manquent pas d'idées pour accueillir les bateaux.

Avec près d'un bateau de plaisance pour 65 habitants, la France est un géant du nautisme qui se sent à l'étroit tout au long de ses 6 000 kilomètres de côtes. Selon le dernier relevé de l'Observatoire des ports de plaisance, 40 000 plaisanciers patientent actuellement sur une liste d'attente afin de trouver un anneau où amarrer leur navire.

La situation est particulièrement tendue en Méditerranée: 33 % des places manquantes se trouvent en région Paca, 24 % sur le littoral atlantique, 16 % en Bretagne, 9 % en Languedoc-Roussillon, 9 % en Corse et 9 % sur le littoral de la Manche. Or ces soucis ­logistiques freinent le secteur de l'industrie nautique. «Avant la crise économique, c'était même le principal problème de notre secteur», commente Jean-François Fountaine, président de la Fédération des industries nautiques et créateur d'un des chantiers leaders du catamaran de loisir.

«La filière vend des bateaux là où il y a des places», rappelait ainsi Frédéric Charpail, président de la régie du port de plaisance de La Rochelle, lors de la mise en chantier du port charentais. Avec un projet final de 4 800 anneaux, La Rochelle deviendra le plus grand espace de plaisance d'Europe. Est-ce pour autant impossible de trouver une solution pour une nouvelle acquisition? Dominique Hérisset, l'un des porteurs du projet Passeport Escales, qui mutualise les places de 85 ports, souhaite nuancer l'importance des listes d'attente: «Il est toujours délicat de manier ces données car certains demandeurs sont inscrits depuis plus de dix ans et ils n'ont plus forcément besoin de cette place lorsque nous la leur proposons.»

À titre d'exemple, les trois premiers plaisanciers de la liste des Bas-Sablons, à Saint-Malo, se sont inscrits en 1998 tandis que le 1 913e a déposé son dossier le 1er février. Paradoxalement, les capitaineries du réseau Passeport Escales doivent donc parfois faire plusieurs propositions avant d'attribuer une place vacante. «Pour les ports les plus demandés, nous estimons qu'il faut faire une dizaine de propositions pour accorder une place, poursuit-il. Un sur deux pour les ports très demandés.»

D'autre part, les gestionnaires des ports se sont lancés dans des démarches d'optimisation des surfaces disponibles pour satisfaire chaque marin. Dominique Hérisset assure trouver une solution pour chaque nouveau plaisancier en misant en premier lieu sur le développement du Passeport Escales, né il y a trente ans dans le Morbihan.

Ce système, qui réunit désormais 85  ports européens et espère franchir la barre symbolique des 100 cette année, permet aux plaisanciers de faire escale gratuitement dans les ports partenaires en échange de l'anneau qu'ils libèrent dans leur port d'attache. La capitainerie de ce dernier peut alors rapidement trouver un remplaçant temporaire et encaisser plus de nuitées. 1 300 places ont ainsi été «créées» en période ­estivale.

 

Imaginer au-delà des flots



Le Passeport Escales est fortement implanté sur la façade atlantique, de Granville à Port-Médoc, mais le bassin de navigation méditerranéen développe également cet esprit de mutualisation via des dispositifs locaux. Au niveau national, les ports de plaisance ont décidé de prendre le problème à bras-le-corps en cherchant à rentabiliser chaque espace disponible. «Nous avons lancé une commission d'étude pour identifier tous les espaces disponibles, que ce soit sur le domaine fluvial, lacustre ou maritime, et nous attendons les premiers résultats avant le mois de juin», ­annonce Serge Pallarès, président de la Fédération française des ports de plaisance. «Nous envisageons ainsi l'occupation d'une partie des ports de commerce en période de faible activité marchande ou l'exploitation de tout le potentiel du canal du Midi.» Le responsable national est également patron du port de Saint-Cyprien dans les Pyrénées-Orientales.

«Il ne faut pas oublier non plus les ports à sec, un dispositif idéal pour les petites vedettes de moins de 10 mètres», ajoute Dominique Hérisset. Les contrats qui assurent le stationnement du navire toute l'année au sec avec des mises à l'eau pendant quinze jours en période estivale ou pour un nombre déterminé de sorties quotidiennes se développent sur tout le littoral.

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.