Mariage en plongée à Bora Bora

Dimanche 9 novembre 2014 à 14h57

Un grand prêtre polynésien brandit un sceptre constitué de nacres pour accueillir Alexandra et Nicolas. Ces deux touristes madrilènes sont en voyage de noces à Bora Bora, et ils ont décidé de sceller leur union à quatre mètres sous l'eau.

Un grand prêtre polynésien brandit un sceptre constitué de nacres pour accueillir Alexandra et Nicolas. Ces deux touristes madrilènes sont en voyage de noces à Bora Bora, et ils ont décidé de sceller leur union à quatre mètres sous l'eau.

C'est le premier mariage sous-marin dans ce lagon de Polynésie française. A Bora Bora, les organisateurs de mariages ont l'habitude des demandes extravagantes. Certains mariés font dessiner "Veux-tu m'épouser?" dans le ciel par un avion, devant la fenêtre de leur bungalow. D'autres privatisent un motu (îlot polynésien) pour y amener une centaine d'invités depuis l'autre bout du monde.

Aujourd'hui, c'est un peu différent: le patron des treize clubs de plongée Top Dive en Polynésie, Paul Ramos, a voulu "reproduire sous l'eau les codes du mariage terrestre", pour des couples qui n'ont parfois jamais mis la tête sous l'eau.

Alexandra et Nicolas enfilent leur blanche combinaison de mariage. Ils quittent leur pirogue nuptiale pour s'immerger dans le lagon. "J'imagine que c'est comme marcher pour la première fois sur la lune", s'enthousiasme Nicolas. Sa tenue rappelle d'ailleurs celle d'un cosmonaute : on lui place un casque blanc sur la tête. Il est alimenté en air depuis la surface. Pas question de se marier avec des palmes et des bouteilles de plongée.

Avantage: les cheveux de la mariée restent au sec, elle peut même garder sa couronne de fleurs, et les visages ne sont pas déformés par des masques. Grâce à leurs écouteurs, le prêtre et les époux suivent ensemble le déroulé de la cérémonie.

Une voix suave les invite à rejoindre l'autel. D'un pas lunaire, par quatre mètres de fond, ils s'avancent sur une allée bordée de coraux, de coeurs et de fleurs blanches. La chapelle est matérialisée par un rideau de bulles, autour de deux fauteuils Pomare, ces sièges royaux polynésiens.


35% des touristes en voyage de noces


Ils expriment leurs consentements mutuels par un pouce levé, avec quelques poissons-clowns et un poisson-picasso pour témoins. A l'instant où ils se passent les alliances en nacre, une raie grise ondoie élégamment autour du couple. Demain, ce sera peut-être un inoffensif requin pointe noire du lagon, ou une raie manta, la reine des lagons polynésiens.

S'ils sont sensibles à l'écologie marine, les mariés peuvent planter un morceau de corail tout près de la chapelle. Une nacre gravée de leurs noms permettra d'identifier leur corail, qui "va croître comme leur amour" selon Marc Reutenauer, l'organisateur de la cérémonie.

Après vingt minutes de cérémonie, le couple remonte sur sa pirogue nuptiale. Le prêtre se mue en joueur de ukulele, et entonne une chanson romantique en tahitien. Il les accompagne sur un motu, où ils savourent quelques flûtes de champagne sur une plage déserte, face au lagon turquoise et au mont Otemanu, le sommet emblématique de Bora Bora.

La cérémonie coûte 2.700 euros, un peu plus si on ajoute le déjeuner traditionnel sur le motu. Pas rédhibitoire pour les touristes du Four Seasons ou du Saint Régis, les deux hôtels les plus luxueux de l'île, où la nuit peut encore coûter beaucoup plus cher.

Bora Bora compte moins de 10.000 habitants, mais 826 chambres d'hôtels dans 11 hôtels, le plus souvent des bungalows sur pilotis ou face à la plage, et les jeunes mariés en lune de miel sont l'une des cibles prioritaires des hôteliers. L'île attire les stars hollywoodiennes, mais aussi les couples américains ou japonais fortunés, avec cinq hôtels 5 étoiles et trois hôtels 4 étoiles.

Bora Bora, surnommée "la perle du Pacifique", a accueilli l'an passé plus de la moitié des 173.000 touristes venus visiter la Polynésie française, pourtant riche de 121 îles et atolls. Trente-cinq pour cent d'entre eux étaient en voyage de noces.
 

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.