Tsunami : des systèmes d'alerte plus efficaces

Vendredi 26 décembre 2014 à 7h04

Le tsunami de 2004 qui a fait près de 230.000 morts en Asie a accru la coopération internationale pour améliorer les technologies de détection de ces vagues dévastatrices, même si les scientifiques ne peuvent pas prédire les séismes sous l'océan qui en sont à l'origine.

 

Le tsunami de 2004 qui a fait près de 230.000 morts en Asie a accru la coopération internationale pour améliorer les technologies de détection de ces vagues dévastatrices, même si les scientifiques ne peuvent pas prédire les séismes sous l'océan qui en sont à l'origine.

 

Il y a dix ans, les experts ne disposaient d'aucun système d'alerte au tsunami dans l'océan Indien, où ce phénomène ne s'était jamais produit de mémoire récente. Avant la catastrophe du 26 décembre 2004, le principal centre mondial de surveillance des raz-de-marée, "The Pacific Tsunami Warning Center", situé à Hawaii se concentrait sur des zones sismiques à haut risque dans l'océan Pacifique, dont surtout le Japon et l'Amérique du sud.

"Nous n'étions pas alors préparés pour répondre rapidement à un phénomène de cet ampleur", a expliqué Mike Angove, responsable du programme sur les tsunamis à l'Agence nationale américaine Océanique et Atmosphérique (NOAA).

Après le tsunami de 2004, les experts américains ont commencé à surveiller l'océan Indien tandis que l'Australie, l'Indonésie et l'Inde notamment, ont mis en place un nouveau système devenu opérationnel en 2013 baptisé "Indian Ocean Tsunami Warning System". Quant aux Etats-Unis, ils ont quasiment doublé, de huit à quinze, le personnel de leurs Centres d'alerte aux tsunamis dans le Pacifique à Hawaii et en Alaska, qui fonctionne 24 heures sur 24, sept jours sur sept. De nouveaux efforts internationaux visent aussi à établir un centre d'alerte aux tsunamis en Méditerranée.

Les sismologues ne peuvent pas encore prédire quand un séisme de grande puissance va se produire sous l'océan et déclencher un raz-de-marée mais ils peuvent mieux anticiper les vagues qui se déplacent sur des milliers de kilomètres, donnant plus de temps aux populations côtières pour se réfugier sur des zones plus élevées, explique Mike Angove.

"Nous avons fait des progrès incroyables pour identifier ces vagues ainsi que leur déplacement et élaborer des modèles de prévision utiles pour ces régions côtières (...) parfois jusqu'à une heure avant qu'elles ne frappent", explique-t-il.

Ces vagues sont guettées et mesurées avec un réseau de bouées sur l'océan appelé "Deep-Ocean Assessment and Reporting of Tsunami" ou Dart. Chacune de ces bouées dispose d'une jauge mesurant la pression au fond de l'océan. Ces mesures sont ensuite transmises par satellite aux Centres américains d'alerte aux tsunamis à Hawaii et en Alaska, qui les répercutent par internet.

On comptait six de ces bouées en 2004 et soixante en 2014, précisent les scientifiques, indiquant que neuf pays au total participent au système Dart, ce qui a amélioré la surveillance et la coopération internationale.

En 2011, à la suite du séisme de très forte puissance au large du Japon qui a atteint une magnitude de neuf, trois bouées du réseau Dart ont été les premières à détecter un tsunami, deux étaient américaines et une russe, a précisé Eddie Bernard. Ainsi les scientifiques ont été en mesure de "modéliser de façon très exacte" la vague qui s'est formée au large du Japon et de fournir des mises en garde ciblées aux populations de certaines zones sur la côte ouest des Etats-Unis avant qu'elle n'arrive, explique Mike Angove, de la NOAA. "Je pense qu'on peut dire que des vies ont été sauvées et des pertes matérielles évitées grâce à ce système", selon lui.

 

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Eric Mas
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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