Canaries : la fin des prospections pétrolières

Mardi 20 janvier 2015 à 7h16

Repsol a mis fin à la recherche d'hydrocarbures au large de l'archipel espagnol des Canaries, faute de résultats concluants, une nouvelle accueillie avec soulagement par les écologistes mais pas par le gouvernement qui cherche à réduire la dépendance énergétique de l'Espagne.

Le groupe pétrolier a annoncé n'avoir détecté qu'une présence insuffisante de gaz et de pétrole dans des eaux profondes, à une cinquantaine de kilomètres des îles Lanzarote et Fuerteventura, réputées pour leurs paysages volcaniques et leurs plages.

La qualité et les volumes des échantillons obtenus ne sont pas suffisants pour "envisager un possible forage", a-t-il fait savoir.

"Les dépôts découverts sont saturés d'eau et les hydrocarbures présents sont disposés en couches très fines non-exploitables", explique Repsol. Par conséquent, le groupe ne procédera pas à d'autres sondages dans la zone et renvoie le bateau utilisé pour ces recherches en Angola, où il procède à d'autres campagnes d'exploration.

Repsol, en passe d'avaler son concurrent canadien Talisman Energy, cherchait des hydrocarbures depuis la mi-novembre au large des îles touristiques des Canaries, face aux côtes africaines. Avant de procéder au premier sondage jusqu'à 3.000 mètres de profondeur en mer, il estimait à entre 17 et 19% ses chances de tomber sur un gisement.

Ce projet vieux de plus de dix ans avait provoqué l'ire des écologistes et des élus locaux, inquiets des conséquences pour l'environnement et pour le tourisme, principale activité économique de la région qui en 2013, a accueilli près de 10,5 millions de visiteurs.

La puissante association Greenpeace a encore dénoncé vendredi les travaux menés par Repsol. Elle "exige que la multinationale et le gouvernement évaluent l'impact de leurs opérations et la manière dont elles ont affecté la faune et la flore de la zone", évoquant les risques d'une "pollution acoustique" et chimique, dans une zone qui accueille selon elle une trentaine d'espèces de cétacés et six espèces de tortues marines.

Greenpeace avait envoyé en novembre son navire Arctic Sunrise dans la zone pour dénoncer les prospections mais il avait été mis sous séquestre par les autorités.

Pour l'association espagnole "Ecologistes en action", le gouvernement doit à présent revenir sur les autres permis d'exploration pétrolière accordés au large des régions côtières et de l'archipel des Baléares, en Méditerranée.

- Mauvaise nouvelle pour Madrid -
La nouvelle constitue un revers pour le gouvernement, qui soutenait les projets de Repsol. "C'est une très mauvaise nouvelle pour les Canaries et pour l'Espagne", a réagi à la radio Onda Cero le numéro deux du ministère de l'Industrie, Enrique Hernandez Bento.

Madrid avait donné son feu vert à la société pour procéder à trois sondages dans la zone. Il avait ensuite fait bloquer par le tribunal constitutionnel un référendum que voulait organiser le président des Canaries Paulino Rivero, opposé à l'exploitation pétrolière. Ce dernier s'est empressé de saluer la nouvelle, estimant que "l'échec de Repsol est le succès de toutes les Canaries".

Madrid comptait sur la découverte d'hydrocarbures pour réduire la grande dépendance énergétique du pays. L'Espagne importe actuellement environ 80% de son énergie.

Repsol de son côté faisait miroiter les importants investissements prévus pour les sondages pétroliers --280 millions d'euros-- et des créations d'emplois. Cette question est sensible dans les sept îles des Canaries, où le taux de chômage dépasse les 30%, contre près de 24% pour l'ensemble du pays.

Pour autant, ces arguments n'avaient pas convaincu la population. Les trois-quart des habitants de l'archipel étaient opposés aux prospections pétrolières, selon une étude réalisée en novembre par le gouvernement régional.

Le groupe pétrolier espagnol va se concentrer dans les prochains mois sur l'acquisition en cours du canadien Talisman Energy, qui lui permettra selon lui d'entrer dans la cour "des quinze plus grands".

Repsol, sorti d'Argentine en 2014, entend ainsi renforcer sa présence en Amérique du Nord et en Amérique latine et se lancer sur le marché asiatique.

 

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Eric Mas
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.