Carburant : limiter la propagation des bactéries

Lundi 2 février 2015 à 6h42

Les bactéries qui se développent dans le carburant peuvent avoir des conséquences graves sur un moteur in-bord diésel. Bien rares sont les plaisanciers qui n’ont pas un jour rencontré des problèmes de carburant. Nautisme.com vous donne quelques conseils pour minimiser les risques.

Les bactéries qui se développent dans le carburant peuvent avoir des conséquences graves sur un moteur in-bord diésel. Bien rares sont les plaisanciers qui n’ont pas un jour rencontré des problèmes de carburant. Nautisme.com vous donne quelques conseils pour minimiser les risques.

Pourquoi des bactéries dans le carburant ?
De plus en plus de plaisanciers ont des problèmes de bactéries dans le carburant. Dans la majorité des cas, leur développement est dû à la présence d’eau dans le réservoir du bateau. Le gazole est une matière organique et la présence de l’eau favorise le développement de champignons et autres levures ; en effet, ceux-ci ont besoin d’eau pour la germination, de carbone pour la nourriture et d’oxygène pour la respiration. Il en résulte des micro-organismes qui forment des amas gélatineux responsables d’incidents moteurs, par colmatage du circuit d’alimentation ou grippage de la pompe d’injection.


Minimiser l’eau dans le carburant
Un réservoir de carburant possède un évent de mise à l’air. La condensation de l’humidité atmosphérique qui pénètre par cet évent, se transforme en eau que l’on retrouve dans le réservoir. Une autre cause est le retour de carburant. Un moteur, lorsqu’il tourne, prélève une certaine quantité de carburant dont une partie est consommée alors que l’autre, souvent beaucoup plus importante, est renvoyée à haute température dans le réservoir. Cette température ne peut que favoriser le développement de vapeur d’eau. Pour minimiser le risque de condensation, l’une des solutions est de remplir le réservoir lorsque l’on rentre au port.


Le traitement du carburant

Conscients du problème, les pétroliers ont mis au point des produits préventifs pour éviter la naissance de bactéries et des curatifs pour les éliminer. Le but de ces produits (biocides), vendus chez les accastilleurs et les motoristes, est de détruire les micro-organismes et de stopper l’évolution des masses gélatineuses. Ils sont conditionnés en bidons doseurs. Suivant les marques, on doit ajouter, lorsque l’on fait le plein, une certaine quantité en fonction de la capacité du réservoir.
 

Les filtres à gazole
Les filtres d’origine installés sur les moteurs ne sont que des modèles simples. Leur rôle est de retenir les impuretés mais pas l’eau, qui est la cause principale de la dégradation des pompes et des injecteurs. En pratique, on trouve bien souvent avant ce filtre (entre le réservoir et le moteur) un préfiltre décanteur qui assure la séparation eau/carburant. Comme le gazole est plus léger que l’eau, il reste dans la partie haute du filtre, tandis que l’eau, si elle est présente, sera dans la partie basse. Elle pourra être évacuée grâce à un petit robinet. Une observation visuelle permet de connaître l’état du gazole. Une coloration verte, noire ou marron, une eau trouble dans le filtre décanteur, des filtres recouverts de tâches, ou encore des boues ou des dépôts gélatineux dans le réservoir, sont des signes de pollution. Mais, attention, si on ne prend pas la précaution de le vérifier régulièrement et, si l'eau n'a pas été évacuée à temps, elle peut passer dans la pompe à injection et provoquer des dégâts importants. Sur le marché, on trouve des préfiltres décanteur centrifuges. Ils travaillent en trois étapes : séparation, coalescence et filtration. Pendant la phase de séparation, l’eau et les particules solides plus lourdes que le gazole se déposent dans le fond du bol. Les particules en suspension viennent se déposer sur une coupelle et leur accumulation les rend plus grosses et plus lourdes, entrainant leur chute dans le fond du bol (coalescence). En dernier, le gazole passe à travers une cartouche filtrante imperméable à l’eau qui élimine les dernières particules très fines. L’installation d’un tel filtre ne pose aucune difficulté. Il se monte en série avant le moteur. Il doit être placé verticalement dans un endroit accessible. Quelle que soit la puissance du moteur, il existe des modèles adaptés en fonction de la consommation.


Minimiser les risques
- Remplir le réservoir pour réduire la condensation lorsque l’on revient d’une sortie.
- Vérifier périodiquement la présence d’eau dans le réservoir. Une trappe de visite est nécessaire, tous les réservoirs n’en possèdent pas. Si c’est votre cas, n’hésitez pas à en installer une.
- Equiper la ligne de distribution, avant le moteur, d’un filtre décanteur de bonne qualité.
- Traiter le carburant avec un produit spécifique pour éviter le développement de bactéries.
- Faire le plein du réservoir avant l’hivernage.
- Installer les filtres conseillés par le fabricant du moteur.

L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.