La marée du siècle, pain béni pour le secteur touristique

Mardi 17 mars 2015 à 6h30

La marée dite "du siècle", attendue samedi, est du pain béni pour le secteur touristique, particulièrement en Normandie et en Bretagne où le phénomène, qui se reproduit tous les 18 ans environ, s'annonce spectaculaire.

La marée dite "du siècle", attendue samedi, est du pain béni pour le secteur touristique, particulièrement en Normandie et en Bretagne où le phénomène, qui se reproduit tous les 18 ans environ, s'annonce spectaculaire.

A l'Office de tourisme de Pontorson, à 10 km du Mont Saint-Michel, c'est visiblement l'ébullition en attendant le déferlement "d'une marée humaine encore plus importante que celle du Tour de France" qui avait fait étape au Mont en juillet 2014, selon la directrice, Noémie Monpays.

"Les gens dans Pontorson craignent que tout soit bloqué comme lors du concert de Jean-Michel Jarre" en 1993, assure-t-elle. Il avait donné lieu à la création d'une association baptisée "Les exclus et lésés du concert de Jean-Michel Jarre", beaucoup de personnes n'ayant pu accéder au site en raison de l'affluence. "Je ne sais pas comment les gens vont faire. Apparemment, beaucoup comptent arriver pour la pleine mer le samedi matin au lever du soleil et voir le mascaret le soir. D'autres comptent attendre le dimanche matin en espérant qu'il y aura moins de monde", poursuit-elle, assurant recevoir depuis novembre, et chaque jour davantage, des appels au sujet du phénomène.

 

Du côté de l'Office de tourisme d'Avranches, à quelque 24 km du rocher, on indique qu'on ne trouvait début mars plus aucune chambre à moins de 30 minutes de la Merveille. Pour sa directrice, Flora Bellétoile, le 21 mars s'annonce comparable à un 15 août. "Depuis 12 ans, je n'ai jamais vu ça pour une marée. On a 10 à 20 fois plus de demandes que pour les grandes marées habituelles", affirme-t-elle.


Propriétaire de plusieurs hôtels et restaurants au Mont Saint-Michel, Patrick Gaulois assure qu'il n'y a plus aucune disponibilité au Mont depuis octobre, sur un total de 130 chambres, et il s'attend à ce que les restaurants soient pris d'assaut.

"Lors de la grande marée d'août, c'était comme l'ouverture des soldes dans les grands magasins. Dès que les gens peuvent à nouveau accéder au Mont ils se ruent. Je me souviens qu'à 23H00 on n'avait presque plus de denrées, le personnel était fatigué, alors on a décidé de fermer, les gens nous insultaient!", se souvient-il, amer.

En Bretagne, l'on se prépare également à un week-end chargé, particulièrement à Saint-Malo.

"Ce phénomène naturel est une opportunité incroyable pour le tourisme en Bretagne à cette période de l'année", assure Michael Dodds, directeur du Comité régional du tourisme. "La grande marée du 21 février a déjà rassemblé de nombreux touristes sur le littoral breton, ce qui est de bon augure pour le week-end du 21 mars durant lequel nous attendons une forte fréquentation", ajoute-t-il, estimant qu'avec un coefficient de 119, "le spectacle devrait être impressionnant, autant à marée basse qu'à marée haute".

La mer, qui va se retirer très loin ce jour-là, découvrira souvent un vaste estran sableux où il sera possible de pêcher crabes, pieds de couteaux, moules, coques et autres crevettes, à l'aide d'épuisettes, de seaux et de pelles.

A marée haute, après seulement 6 heures, le paysage aura complètement changé, la mer remontant très haut cette-fois-ci.

Dans le Finistère, premier département maritime de France avec 1.200 km de côtes, les touristes afflueront également, comme à Roscoff, "où pas mal d'hôtels sont déjà complets", selon Marion Rogues de l'Office du tourisme de la ville, qui organisera une traversée à pied "assez exceptionnelle" jusqu'à la petite île de Batz, ses massifs dunaires, ses plages de sable fin ou ses côtes rocheuses.

Les autorités mettent cependant en garde contre les dangers éventuels liés aux grandes marées: "seules quelques minutes peuvent parfois suffire pour être isolé par la marée montante", prévient la préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord sur son site.

 

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.