Plongée : que faire si vous trouvez un trésor englouti ?

Mardi 14 juillet 2015 à 14h21

Semaine de la plongée - L'Unesco estime à trois millions le nombre d'épaves encore à découvrir au fond des océans et 150.000 à 200.000 d'entre elles reposeraient dans les seules eaux françaises, selon la direction des recherches archéologiques sous-marines. Et si vous trouviez l'un de ces trésors immergés ?

Semaine de la plongée - L'Unesco estime à trois millions le nombre d'épaves encore à découvrir au fond des océans et 150.000 à 200.000 d'entre elles reposeraient dans les seules eaux françaises, selon la direction des recherches archéologiques sous-marines. Et si vous trouviez l'un de ces trésors immergés ?

Vous pensez que ce type de découverte est impossible ? Avez-vous entendu parler de la Lomellina, ce navire gênois coulé en 1516 dans la baie de Villefranche-sur-Mer et retrouvé en 1979 par 18 mètres de fond ? Ou de cette œnochoé (cruche de la Grèce antique) en bronze, de style pompéien, découverte en 2008, en très bon état de conservation, au cours d'une chasse sous-marine au large du Cap d'Agde ? Ou encore de ces canons, mis au jour dans la rade de Pointe-à-Pitre, que les archéologues soupçonnent aujourd'hui être ceux de La France, un navire de commerce naufragé au XIXe siècle ? Toutes ces merveilles sont des découvertes fortuites. Et le département des recherches archéologiques sous-marines (Drassm) estime qu'il reste entre 150.000 et 200.000 épaves dans les eaux françaises, dont une estimation de 20.000 pour les seuls rivages de la métropole. Beaucoup sont des épaves antiques, situées en Méditerranée. En Atlantique, les vestiges sont souvent de l'époque moderne (XVIe - XVIIIe siècle).

 

Alors que faire s'il vous arrive, à vous aussi, de trouver par hasard un canon, une jarre, un vase, ne serait-ce qu'un petit col d'amphore, au cours d'une plongée ? En France, la loi du 1er décembre 1989 relative aux biens culturels maritimes est très claire : interdiction d'y toucher. Tout bien culturel maritime appartient à l'État (si son propriétaire n'est pas susceptible d'être retrouvé, ou s'il ne l'est pas dans un délai de trois ans - ce qui, on l'imagine aisément, est la majorité des cas). Deuxième point : vous devez, dans les 48 heures, déclarer votre découverte auprès de l'administration des Affaires maritimes, qui la transmettra à la direction des recherches archéologiques sous-marines (Drassm). Vous deviendrez alors son inventeur et pourrez prétendre à une récompense pouvant s'élever, dans le cas d'une découverte d'intérêt scientifique exceptionnel, à trente mille euros.

 

L’archéologie sous-marine est née en France

 

Qu'est-ce qu’un « bien culturel maritime » ? Selon la même loi de 1989, il s'agit des « gisements, épaves, vestiges ou généralement tout bien, présentant un intérêt préhistorique, archéologique ou historique, qui sont situés dans le domaine public maritime (jusqu'à 12 milles marins, ndlr) ou au fond de la mer dans la zone contiguë (jusqu'à 24 milles marins, ndlr). » La direction des archives archéologiques, adossée au ministère de la Culture et basée à Marseille, est en charge de ce patrimoine immergé. Tout sondage, prospection, a fortiori fouille sous-marine, ne peut être entrepris sans son autorisation.
Créé en 1966 par André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles, cette direction fut le premier service au monde dédié à la recherche en archéologie sous-marine. Il reçoit les déclarations de découvertes, instruit les demandes et délivre les autorisations de sondage et de prospection, il contrôle et dirige également les opérations de fouille dans le domaine public maritime.

 

Le laboratoire expérimental de la Lune

 

Si les pillages sont moins nombreux que dans les années 1970-1980, beaucoup d'épaves restent menacées. Même les plus profondes ne sont plus épargnées, face au progrès de la technologie offshore, à l'évolution des appareils de plongée autonome, ou aux chalutiers de grands fonds. Doté depuis 2012 d'un nouveau navire de recherche - à juste titre baptisé André Malraux -, la direction archéologique (Drassm) travaille depuis plusieurs années déjà à la mise au point de techniques appropriées à l'expertise et à l'étude des épaves de grande profondeur. Modélisation 3D, réalité augmentée, nouvelle robotique notamment, ont été expérimentées avec succès sur l'épave de la Lune lors de sa dernière campagne de 2012. Le vaisseau amiral du roi Louis XIV, qui a sombré en rade de Toulon le 6 novembre 1664 par 90 mètres de fond, fait désormais office de laboratoire expérimental des techniques d'investigation par très grand fond. Mais la route vers les abysses est longue. « La mer est le plus grand musée du monde », disait l'archéologue français, Salomon Reinach, en 1928.

 

L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.