La menace d’Erika

Par FIGARO nautisme
Jeudi 27 août 2015 à 9h18

ERIKA, prénom scandinave à consonance de star, a pu marquer quelques mémoires au fer rouge. On ne peut oublier non plus que l’un des naufrages les plus noirs des côtes françaises est associé à ce prénom. Alors bien sûr, un cyclone nommé Erika, menaçant nos côtes Antillaises, ne peut que faire parler de lui. 

ERIKA, prénom scandinave à consonance de star, a pu marquer quelques mémoires au fer rouge. On ne peut oublier non plus que l’un des naufrages les plus noirs des côtes françaises est associé à ce prénom. Alors bien sûr, un cyclone nommé Erika, menaçant nos côtes Antillaises, ne peut que faire parler de lui. 

Un cœur chaud mais un tempérament égocentrique : le cercle (du grec kuklos), le cyclone, est un tourbillon qui prend naissance au-dessus des eaux tropicales. Ses vents s'enroulent et s'élèvent autour de son centre. Il se nourrit de l’évaporation. L'air monte, la pression diminue et la vapeur d'eau qu'il renferme se condense. La condensation relâche de la chaleur… On est en auto-allumage et les nuages s’amoncellent. En bas, l'air environnant est aspiré vers le centre de l'amas nuageux, dans un mouvement à la fois « convergent » et « cyclonique », c'est-à-dire montant en spirale. En altitude, l'air devenu plus froid s'échappe de l’ascenseur et s'écroule vers l'extérieur. La dépression continue à se creuser aussi longtemps que les eaux chaudes l’alimentent. L'œil s’élargit avec des courants atmosphériques qui redescendent dans le centre de la structure en asséchant l'air. Au calme et au chaud dans l’œil du cyclone, il faudrait pouvoir y rester car il est maintenant enveloppé d’une carapace d’énormes cumulo-nimbus.

Un caractère bien trempé mais doté d’une certaine lâcheté : le kuklos s’entoure donc de vents tempétueux et de pluies diluviennes. Mais quand il approche des côtes il attaque tout sans discernement, le fort comme le faible, et avec l’urbanisation croissante des littoraux nous avons augmenté notre vulnérabilité.

 


Pour s’en défendre le mieux est de pratiquer l’esquive. Les alertes météo permettent à la population de s’éloigner des côtes et de se mettre à l’abri. Mais quel abri ? Autrefois les plus nantis possédaient une « case à vent », une sorte d’abri en pierre avec contrevents en bois plein bloqués par des barres de sécurité. Aujourd’hui on préfère s’aligner sur la solution des moins riches. Ne pas résister au vent mais le laisser passer en réduisant tout ce qui pourrait l’accrocher. On préfère maintenant un toit à 4 pentes avec une inclinaison faible et installer des persiennes ajourées dans des appartements traversiers…

 


Quand la météo se fâche, on a souvent intérêt à prendre exemple sur le roseau de la Fontaine pour, contrairement au chêne, plier mais ne point rompre.

 

Déjà en 2009 une Erika avait chatouillé la Guadeloupe. Elle n'y avait heureusement pas laissé de traces indélébiles. Mais Erika revient...