La vie à bord d'un Mini 6.50

Mardi 15 septembre 2015 à 14h25

Le 19 septembre, 72 solitaires s'élanceront de Douarnenez vers Lanzarote où les Mini 650 feront escale avant de partir le 31 octobre à l’assaut de l’Atlantique. Après un peu moins de trois semaines de mer, les navigateurs couperont la ligne d’arrivée de la Mini Transat Îles de Guadeloupe 2015 à Pointe-à-Pitre où la douceur des Caraïbes les attendra. Présentation de la vie à bord d'un mini... 

Le 19 septembre, 72 solitaires s'élanceront de Douarnenez vers Lanzarote où les Mini 650 feront escale avant de partir le 31 octobre à l’assaut de l’Atlantique. Après un peu moins de trois semaines de mer, les navigateurs couperont la ligne d’arrivée de la Mini Transat Îles de Guadeloupe 2015 à Pointe-à-Pitre où la douceur des Caraïbes les attendra. Présentation de la vie à bord d'un mini... 

Trois semaines durant a minima, les Ministes vont vivre à bord de leur bateau partageant leur temps entre un cockpit régulièrement assailli par les embruns et une cellule de vie réduite à sa plus simple expression, dès lors qu’il s’agit de rentrer à l’abri. Confort du bateau, philosophie du bonhomme ou critères de corpulence vont être déterminants dans la manière d’appréhender cette sorte de quadrature du cercle : comment trouver du repos et du confort dans un espace dédié avant tout au matossage.

 

Prototypes : tout pour la vitesse (Trophée Eurovia Cegelec)
Pas d’illusion à se faire pour les coureurs qui vont courir pour le Trophée Eurovia Cegelec. Entre le maitre-bau surbaissé pour diminuer la prise au vent, l’espace réservé au puit de quille et aux palans permettant d’actionner la tête de l’appendice, la surface disponible est d’emblée réduite à la portion congrue. D’ailleurs, en prototype, presque tous les coureurs l’avouent : l’essentiel de leur vie se passera dehors dans le cockpit. A bord de certains bateaux comme le Microvitae de Ludovic Méchin, entrer et sortir relève déjà de l’exploit tant la trappe qui permet de faire la transition entre le pont et la cabine est étroite. A bord des prototypes, le carbone dominant reste brut, l’intérieur de la cabine évoquant plus un couloir de mine que le confort d’un camping car.
A bord, la vie quotidienne se résume au minimum vital. Dormir consiste à trouver une place en chien de fusil dans un capharnaüm de voiles, de bouts, et de bidons de matériel. Seule concession au confort pour certains : l’adjonction d’un petit matelas mousse le plus léger possible, donc le plus fin possible. Pour préparer ses repas, le solitaire utilise le plus souvent un petit réchaud et un unique récipient pour chauffer de l’eau : lyophilisé ou conserves, c’est ensuite selon les goûts de chacun.

 


Maxime Eveillard (Sea Zaitre, prototype)
« Mon matelas de camping, c’est le seul confort que je m’autorise à bord. Je m’efforce aussi de garder des sous vêtements secs tous les jours. Sinon, j’ai mon réchaud pour réhydrater les lyophilisés, quelques barres de céréales. Dans la cabine, je n’y suis que pour dormir, matosser et faire la navigation. On passe beaucoup d’heures à la barre. »

 


Série : le confort trois étoiles (Trophée Ocean Bio-Actif)

A bord des bateaux de série, l’ambiance change du tout au tout. Un espace vital autrement plus vaste, de larges hublots pour éclairer l’intérieur du bateau, l’absence de puits de quille rendent la vie à bord autrement plus facile. En outre, la construction verre-époxy à base de blanc permet d’égayer l’ambiance intérieure. C’est d’ailleurs, une des différences flagrantes entre prototypes et bateaux de série. Dans le premier cas, l’intérieur est plus souvent conçu comme un vaste placard au sein duquel on fait des incursions plus ou moins régulières. Dans l’autre, c’est un véritable espace de vie où certains vont essayer de passer le plus de temps possible. Ainsi Ian Lipinski (Entreprises Innovantes) reconnaissait vouloir passer le plus clair de ses nuits à l’intérieur de la cabine, au sec, la meilleure formule selon lui pour ne pas gaspiller d’énergie.
La première étape joue souvent le rôle de juge de paix, mettant parfois à mal quelques certitudes concernant l’organisation du bord. Ensuite, il faudra s’habituer dans les alizés de la deuxième étape à jouer avec la chaleur, à savoir se protéger du soleil, à organiser sa routine quotidienne… Chacun a ses astuces de rangement qui se peaufineront au fur et à mesure de la traversée. Minimalistes bordéliques, obsessionnels de l’organisation, tous trouvent petit à petit le fonctionnement qui leur convient le mieux… L’essentiel étant de vivre sa traversée en accord avec son mode de fonctionnement.

 

 

Sylvain Michelet (A chacun son Everest, Série Tip-Top)
« L’intérieur du bateau, c’est un grand confort, c’est incroyable. Mais j’ai pris l’habitude de ne pas trop vivre dedans. Quand les conditions le permettent, je dors dehors. Pour moi, la cabine c’est un grand placard, on a beaucoup de place pour ranger nos affaires, c’est super. »

 

François Jambou (Concevoir et construire, Série, Pogo 2)
« Quand je ne vais pas plus vite à la barre, je branche le pilote et je passe mon temps dans la cabine. J’en profite pour assécher le bateau. Je passe la tête par dessus la descente pour vérifier qu’il n’y a rien autour. Il faut juste être rigoureux sur le rangement. Après quand une voile est mouillée, je la laisse sur le pont pour éviter de tremper le bateau. Sur un proto, je pense que la vie n’est pas la même. Un Pogo 2 est agréable à vivre. Si je fais du proto plus tard, je crois que je mettrai un coup de peinture blanche à l’intérieur. Ce ne sera pas du luxe… »

L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
Thomas Darbois
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.