Jacques Vabre : Une chevauchée à travers l’Atlantique

Samedi 24 octobre 2015 à 8h11

Dimanche à 13h30 le coup de canon de la 12e édition de la Transat Jacques Vabre retentira devant Le cap de la Hève au Havre. Les 42 bateaux (14 Class40, 4 Multi50, 20 Imoca 60’ et 4 Ultime) s’élanceront pour 5 400 milles d’une course folle à travers l’Atlantique, cap sur Itajaí. 

Dimanche à 13h30 le coup de canon de la 12e édition de la Transat Jacques Vabre retentira devant Le cap de la Hève au Havre. Les 42 bateaux (14 Class40, 4 Multi50, 20 Imoca 60’ et 4 Ultime) s’élanceront pour 5 400 milles d’une course folle à travers l’Atlantique, cap sur Itajaí. 

5 400 milles (10 000,08 km) du Havre à Itajaí, soit un quart de tour du monde ! La Transat Jacques Vabre - sur ce parcours - demeure la plus longue des transatlantiques en course qui n’ait jamais existée. Il s’agira donc pour les 42 équipages de négocier une série de phénomènes météorologiques. De la baie de Seine à celle d’Itajaí, il y aura des obstacles à franchir dont le plus redouté par les navigateurs : le Pot au Noir. Selon la catégorie, des Ultime au Class40, la course n’aura pas la même allure, entre les premiers qui devraient mettre moins de 11 jours et les derniers environ 25 jours.

 

Après Cartagena en Colombie (de 1993 à 1999), Salvador de Bahia au Brésil (de 2001 à 2007), Puerto Limón au Costa Rica (2009 et 2011), la Transat Jacques Vabre met le cap sur Itajaí au Brésil pour la deuxième fois. Une route libre de toute marque de parcours qui ouvre donc le champ stratégique. Et c’est bien ce qui fait la spécificité de l’épreuve. Car un marin n’est pas seulement celui qui tient la barre et tire sur les écoutes, il est aussi et surtout un fin tacticien, capable d’analyser la météo, choisir les meilleures trajectoires dans le seul but d’arriver le plus vite possible « de l’autre côté ».

 

Les skippers ont une idée des embûches qui les attendent, ces zones dites de « transition » où la course peut se jouer. Premier point clé : la sortie de Manche avec une navigation entre la côte, les cargos et le contournement de deux DST (Dispositif de Séparation de Trafic), celui des Casquets et de Ouessant. Il leur faudra ensuite traverser le golfe de Gascogne qui, en cas de passage d’une dépression, peut secouer durement les bateaux. Le cap Finisterre demandera de faire rapidement des choix pour aborder les alizés portugais selon qu’il choisissent de longer la côte ou se décaler à l’ouest du DST cap Finisterre. Toujours cap au sud, il faudra rejoindre les alizés le plus rapidement possible. Les premiers concurrents à accrocher ce flux d’Est régulier auront un net avantage, puisque les alizés grimpent jusqu’à 20 nœuds et plus ou moins jusqu’à la latitude de l’archipel cap-verdien. Le vent d’Est fait place à des brises aléatoires à l’approche du Pot au Noir qui peut s’étendre entre 300 à 600 milles… Cette Zone de Convergence Intertropicale peut se transformer en « pot de pus », avec des périodes sans vent et des rafales subites malmenant les bateaux et les équipages. La course sera loin d’être finie à la sortie de ce marasme !

 

 

Le casse-tête des 400 derniers milles

Jusqu’au cap Frio au nord de Rio de Janeiro, la course de vitesse reprendra ses droits, mais les 400 derniers milles jusqu’à Itajaí devraient ressembler à un véritable casse-tête météorologique, du fait de la présence de nombreuses dépressions dans l’Atlantique sud. Et c’est sans compter sur les nombreux bateaux de pêche et les filets dérivants qui peuvent faire perdre de précieux milles aux concurrents. La dernière portion du parcours ne laissera aucun répit aux coureurs. Il peut donc y avoir une très grande disparité de conditions météorologiques entre les concurrents d’une même classe et de toute façon, une grande diversité d’approche de la ligne d’arrivée selon les catégories, puisque les multicoques Ultime ne mettront qu’une dizaine de jours pour avaler les 5 400 milles du parcours quand les premiers Class40 seront encore au large du Cap-Vert…

L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Sophie Liman
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Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
Thomas Darbois
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.