Mini Transat : un océan à traverser

Vendredi 30 octobre 2015 à 13h09

Petit à petit, l’esprit des solitaires de la Mini Transat îles de Guadeloupe se détache de Lanzarote pour se projeter vers la Guadeloupe, l’île papillon. Mais avant de toucher au but, il reste quand même un océan à traverser. Ça tombe bien, car c’est aussi pour cela qu’ils sont venus, pour cette aventure face à eux-mêmes, pour les journées qui s’enquillent loin du monde des terriens, pour la redécouverte des plaisirs élémentaires que procure la vie à bord d’un 6,50m lancé comme une balle sur l’Atlantique.

Petit à petit, l’esprit des solitaires de la Mini Transat îles de Guadeloupe se détache de Lanzarote pour se projeter vers la Guadeloupe, l’île papillon. Mais avant de toucher au but, il reste quand même un océan à traverser. Ça tombe bien, car c’est aussi pour cela qu’ils sont venus, pour cette aventure face à eux-mêmes, pour les journées qui s’enquillent loin du monde des terriens, pour la redécouverte des plaisirs élémentaires que procure la vie à bord d’un 6,50m lancé comme une balle sur l’Atlantique.

Ce n’est pas encore l’effervescence sur les pontons, mais on sent que les Ministes ne sont déjà plus tout à fait à Lanzarote. Traverser l’Atlantique n’est pas une petite affaire et chacun s’interroge sur la route à suivre, sur les options : faut-il privilégier une route directe le long de l’orthodromie ou piquer plein sud vers l’autoroute des alizés ? Comme souvent, la vérité sera peut-être entre les deux. Mais en attendant, les solitaires consultent compulsivement les fichiers de vent, analysent les évolutions des anticyclones des Açores et des Bermudes, les deux principaux générateurs de l’alizé. Toutes ces belles hypothèses se heurtent malgré tout à un obstacle de taille : aucune prévision n’est aujourd’hui suffisamment fiable à l’échelle d’une traversée de l’Atlantique en un peu plus de deux semaines. Pour établir une stratégie sur les derniers jours de course, il ne reste que les statistiques des précédentes éditions et un peu d’intuition à défaut d’une boule de cristal.

 

La routine comme exutoire

A bord de leurs voiliers, les solitaires mettent la dernière main aux petits détails qui leur permettront de vivre sereinement cette deuxième étape. Contrôler le gréement, vérifier que chaque pièce est bien assurée, fixer solidement la balise de positionnement, calibrer les centrales électroniques, ranger le matériel en veillant à une juste répartition des poids, caréner en plongée, ce sont les petites tâches du quotidien qui permettent d’éviter la gamberge avant de se lancer dans le grand bain. Dans un peu moins de trois semaines pour les premiers, ce seront les saveurs tropicales, les effluves chargées d’épices de la Guadeloupe, le plaisir de retrouver les proches sur les pontons de la Marina Bas-du-Fort et cette satisfaction indicible de pouvoir se dire que l’on est parvenu au bout de son rêve. En Guadeloupe, on s’active pour accueillir dignement les concurrents, faire que l’accueil à l’arrivée soit à la hauteur du village de départ et de l’escale canarienne.
Hier, c’était le premier briefing où furent abordées les procédures de départ, rappelées les consignes de sécurité avant d’évoquer les conditions de navigation particulières dans l’archipel des Canaries. Les reliefs parfois imposants, conjugués à un alizé stable peuvent en effet provoquer des effets de couloir où le vent peut monter de plusieurs crans, les dévents des îles peuvent être importants sous le vent d’une montagne comme le Teide de Tenerife qui culmine à plus de 3700 mètres… A la suite de cet aperçu bref mais utile, Roland Ventura (Fondation Planiol) a opportunément rappelé que c’était l’anniversaire de Brigitte Fabre, jaugeur de l’épreuve, ponctué par un joli « joyeux anniversaire » choral de la part de tous les coureurs. Après l’effet venturi, l’effet Ventura.

 

Encadré : adios Lanzarote

Dans deux jours, les Minis auront quitté la Marina Lanzarote et les douceurs de la plus orientale des îles de l’archipel des Canaries. Ici, tous sont tombés sous le charme de l’île et de ses habitants, ont été séduits par l’attention qui leur a été portée en permanence. Ceux qui avaient fait le choix de rester sur l’île durant ces trois semaines ont pu apprécier son caractère authentique et préservé grâce à l’influence de Cesar Manrique, profiter des multiples opportunités de sport pleine nature. Il restera quelques moments forts comme la parade des Minis où les gamins du Real Club Nautico de Arrecife ont pu partager quelques instants le quotidien des solitaires, ou l’accueil chaleureux du personnel de la marina Lanzarote. Initié par la famille Calero, l’accueil des courses au large ou des équipes sportives comme les équipages de la Volvo Ocean Race en entraînement est devenu une des marques de fabrique de Lanzarote… et le meilleur moyen d’entretenir une relation stable et durable. Rendez-vous en 2017.

L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Sophie Liman
Sophie Liman
Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
Thomas Darbois
Thomas Darbois
Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.