Jacques Vabre : Premiers bilans

Lundi 2 novembre 2015 à 11h55

Une semaine après le départ du Havre, la douzième Transat Jacques Vabre compte seize abandons tandis que les deux trimarans Ultime sont déjà en approche de l’équateur, que trois monocoques IMOCA se sont détachés et déboulent à vingt nœuds au large du Cap Vert suivis par les trois Multi50 et le peloton, que les Class40 ont touché les alizés à la hauteur des Canaries.

Une semaine après le départ du Havre, la douzième Transat Jacques Vabre compte seize abandons tandis que les deux trimarans Ultime sont déjà en approche de l’équateur, que trois monocoques IMOCA se sont détachés et déboulent à vingt nœuds au large du Cap Vert suivis par les trois Multi50 et le peloton, que les Class40 ont touché les alizés à la hauteur des Canaries.

Le bilan comptable est sévère puisque 38% de la flotte ont déclaré leur abandon ces six derniers jours, mais il faut noter que les causes de ces arrêts sont très diverses puisqu’elles touchent autant des erreurs humaines qu’un manque de préparation, des avaries structurelles et des usures du matériel. Certes les conditions météorologiques ont été dures voire brutales, particulièrement lorsqu’une dépression s’est formée très rapidement sur l’archipel des Açores jeudi, quatre jours après le départ du Havre, en balayant circulairement la flotte jusqu’à l’Irlande. Or la moitié des abandons a eu lieu avant ce troisième coup de vent dont un chavirage (Prince de Bretagne) et une collision avec un container immergé (La French Tech-Rennes Saint Malo).

Les autres avaries ayant entraîné l’arrêt de la course semblent principalement liées à un manque de navigation en amont, à des décollements structurels dus à l’état de la mer et à l’usure de pièces névralgiques tels grand-voile déchirée (Le Bateau des Métiers by Aérocampus), étai (Maître CoQ), démâtage (Spirit of Hungary), rupture d’accastillage (Actual), bord de fuite de quille arraché (SMA), bastaque rompue (Adopteunskipper.net)… Par rapport aux transats précédentes se déroulant à la même période en Atlantique Nord, cette édition se situe donc plutôt en haut de tableau, la moyenne globale tournant autour de 25%. À un an d’échéances au moins aussi élevées, concepteurs, constructeurs, ingénieurs, équipes techniques et coureurs vont pouvoir tirer un bilan plus précis de cette succession d’avaries.

 

D’îles en archipels

Mais si l’Atlantique Nord s’est depuis nettement apaisé avant un retour à la tourmente en milieu de semaine prochaine, les duos encore en course ne lâchent rien ! Entrés dans le Pot au Noir ce dimanche matin, les deux Ultime bataillent ferme pour trouver le couloir de sortie de cet amalgame nauséeux alternant grains de pluies et calmes prolongés : sur le 7°N, une mince trouée nuageuse semble se dessiner à l’Ouest (vers le 30°W) mais il y a une bonne centaine de milles à parcourir avant d’espérer l’installation d’un flux de sud-est, signe de l’influence des alizés de l’hémisphère Sud… Qui de MACIF (Gabart-Bidegorry) ou de Sodebo Ultim’ (Coville-Nélias) s’extraira le premier de ce pot pourri : nul ne le sait, même pas les navigateurs car la zone est trop aléatoire pour se projeter à plus d’une heure ! Et il restera encore plus de 2 000 milles pour rallier Itajaí.

Les trois leaders IMOCA doivent analyser attentivement ce qui se passe devant leur étrave car par le travers de l’archipel du Cap Vert, ils suivent pour l’instant exactement la trace de leurs deux prédécesseurs : une entrée dans le Pot sur le 30°W. En tous cas, les conditions alizéennes qui règnent sur leur zone confirment que Banque Populaire VIII (Le Cléac’h-Tabarly) s’adjuge un léger bonus de vitesse qu’il faut bien attribuer à ses foils… Car PRB (Riou-Col) et Quéguiner-Leucémie Espoir (Eliès-Dalin) sont les monocoques IMOCA les plus légers de la flotte, ce qui est théoriquement un avantage à cette allure portante sous spinnaker.

Et le podium semble désormais se jouer au sein de ce triumvirat car leurs deux plus proches concurrents, Le Souffle du Nord (Ruyant-Hardy) et Initiatives-Cœur (de Lamotte-Davies) sont relégués à plus de 400 milles soit une journée de mer ! Et ce tandem accumule plus de 120 milles de marge sur leurs poursuivants directs, Bureau Vallée (Burton-Attanasio), MACSF (de Broc-Guillemot), Newrest-Matmut (Amédéo-Péron), Comme un seul homme (Bellion-Goodchild)… À leurs côtés, les trois Multi50 allongent sérieusement la foulée : FenêtréA Prysmian (Le Roux-Pedote) a fait le break et s’est judicieusement décalé vers l’Ouest tandis que Ciela Village (Bouchard-Krauss) pointe désormais vers les îles du Cap Vert pour réparer son enrouleur de gennaker.

Enfin, les Class40 sont tous dans les alizés au large des Canaries et de Madère, à l’exception de Club 103 (Roura-Pêtrès) reparti jeudi après une escale technique à Lorient et navigant au large du cap Finisterre tandis que Creno-Moustache Solidaire (Hector-Launay) est en approche de La Corogne pour réparer sa barre de flèche cassée. En tête depuis mardi soir, Le Conservateur (Bestaven-Brasseur) s’est inexorablement échappé avec plus de 60 milles de marge sur VandB (Sorel-Manuard) et Solidaires en peloton-ARSEP (Vauchel Camus-Erussard) , alors que Carac-Advanced Energies (Duc-Lebas) réalise un superbe début de parcours 130 milles en retrait. Le match est loin d’être terminé puisqu’il y a encore 1 500 milles avant d’atteindre le Pot au Noir qui, d’ici cinq jours, aura eu le temps de changer de forme et d’intensité…

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
Thomas Darbois
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.