JO2016 : une réflexion pour simplifier la voile olympique

Lundi 22 août 2016 à 17h38

La course au large, le kitesurf ou le catamaran à foils vont-ils entrer au programme olympique et la planche à voile finalement en sortir ? Le format complexe de la compétition peut-il être simplifié ? Au lendemain des Jeux de Rio, une réflexion va s'engager pour rendre la voile olympique "plus compréhensible".

La course au large, le kitesurf ou le catamaran à foils vont-ils entrer au programme olympique et la planche à voile finalement en sortir ? Le format complexe de la compétition peut-il être simplifié ? Au lendemain des Jeux de Rio, une réflexion va s'engager pour rendre la voile olympique "plus compréhensible".

"Ce qui est important, ce n'est pas tant de changer les séries mais c'est qu'on évolue sur les formats pour rendre la voile olympique plus compréhensible", soutient Jean-Pierre Champion, président de la Fédération française de voile (FFV). De fait, pas toujours facile pour le non-initié de s'y retrouver dans des épreuves de voile étalées sur une semaine, disputées souvent au large, loin des plages et qui mettent aux prises des bateaux (Finn, Laser, 49er, 470) dont les différences ne sautent pas aux yeux. Seuls sont facilement identifiables la planche à voile RS:X et le catamaran Nacra 17, seul catamaran et unique bateau conduit par un équipage mixte.

Autre difficulté, le format de la compétition. A l'issue de dix (ou douze régates pour les 49er), les dix premiers au classement disputent une régate finale durant laquelle les points comptent double. Mais contrairement à la plupart des autres sports, le vainqueur de cette régate n'est pas nécessairement le champion olympique car, souvent, les écarts sont déjà trop importants avant l'ultime course pour bouleverser le classement.

"On pourrait imaginer une finale dont le vainqueur deviendrait champion olympique", ajoute M. Champion, alors que toute évolution est compliquée dans un monde où les résistances, essentiellement du clan anglo-saxon, sont fortes.

- 'Se rapprocher du public' -

"Il faut aussi, comme à Rio, disputer les courses près de la plage pour se rapprocher du public", propose Gildas Philippe, entraîneur de l'équipe française de 470 femmes, en bronze à Rio. "Au niveau télévisuel, il faut aussi s'inspirer de ce que fait la Coupe de l'America avec des caméras embarquées et des images virtuelles". Mais au-delà, une réflexion est engagée par WorldSailing, la Fédération internationale de voile, sur une modification plus profonde du programme.

Une épreuve de course au large, disputée sur deux ou trois jours en équipage, pourrait ainsi faire son entrée au Jeux de Tokyo en 2020 ou en 2024, mais la proposition doit encore passer plusieurs étapes, explique M. Champion. "Il s'agirait d'une épreuve disputée en équipage, sur 300 à 400 milles et qui durerait deux à trois jours. Celui qui arrive le premier devient champion olympique", détaille M. Champion, qui siège au sein de WorldSailing. "Le projet arrive peut-être trop tard pour les Jeux de 2020 à Tokyo mais on pourrait l'imaginer pour 2024", ajoute le président de la FFV, qui se dit "favorable" à ce projet.

La proposition pourrait d'autant plus intéresser la France que la plupart des meilleurs spécialistes mondiaux de la course au large sont français et que Paris figure parmi les quatre villes candidates (avec Budapest, Los Angeles et Rome) pour les JO-2024. En cas de désignation de Paris (en septembre 2017 à Lima), la voile serait disputée à Marseille.

- Bateaux à foils -

"La course au large me paraît peut-être un sport peu partagé sur la planète, mais pourquoi pas tant que la bagarre est au rendez-vous", juge Jean-Baptiste Bernaz, vice-champion du monde de Laser et 5e à Rio. Le premier critère du Comité international olympique (CIO) pour admettre une discipline aux JO est en effet son universalité.

Autre piste, celle d'une entrée des bateaux à foils, "type Moth à foils ou Nacra à foils", ajoute Gildas Philippe. Sur le modèle des catamarans ultra-rapides qui ont poussé au musée les immenses mais lents monocoques sur lesquels se disputait jusque-là la Coupe de l'America, des catamarans volants, certes plus coûteux, rendraient les courses plus rapides et spectaculaires.

L'assemblée générale de WorldSailing se réunira en novembre à Barcelone et dressera un bilan des dix séries au programme des Jeux de Rio. Des propositions de modification des séries ou des formats, adoptées au printemps 2017, seront ensuite soumises au CIO en juin. Certaines séries, comme le Finn, pourraient être remises en cause, à l'instar de la planche à voile, qui avait été retirée avant les JO de Rio, au profit du kitesurf, avant finalement de revenir au programme. Une bénédiction pour la France, qui grâce à elle a glané à Rio de l'or avec Charline Picon et du bronze avec Pierre Le Coq.



L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Sophie Liman
Sophie Liman
Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
Thomas Darbois
Thomas Darbois
Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.