Le sous-marin revient en force dans les flottes mondiales

Mardi 20 septembre 2016 à 14h12

Indétectable dans les profondeurs marines, il guette ses proies pour les espionner ou les frapper avec ses torpilles ou ses missiles : un peu oublié après la fin de la guerre froide, le sous-marin d'attaque revient en force dans les flottes mondiales.

Indétectable dans les profondeurs marines, il guette ses proies pour les espionner ou les frapper avec ses torpilles ou ses missiles : un peu oublié après la fin de la guerre froide, le sous-marin d'attaque revient en force dans les flottes mondiales.

En Asie, en Russie ou aux Etats-Unis, les forces armées appuient sur l'accélérateur pour se doter d'une arme dont l'atout maître est la discrétion. "Les Etats se rendent compte" que les navires de surface et les avions sont "de plus en plus" vulnérables face aux missiles et radars sophistiqués de leurs adversaires, explique Bryan Clark, expert dans un centre de recherche américain sur les programmes d'armement, le CSBA (Center for strategic and budgetary assessment). "Ils essaient donc de développer des capacités sous-marines" pour conserver la possibilité de s'approcher de leurs adversaires et les attaquer, explique-t-il.

La tendance est particulièrement nette en Asie, aiguillonnée par le réveil militaire de la Chine. Pékin s'est doté de capacités de défense maritime et anti-aérienne extrêmement sophistiquées, visant à interdire toute approche de ses côtes à des porte-avions ou navires ennemis. Et la Chine a aussi mis les bouchées doubles pour développer une flotte de sous-marins d'attaque, disposant aujourd'hui d'une cinquantaine d'engins diesel et de cinq sous-marins nucléaires d'attaque.

L'Australie a signé cette année un contrat d'achat de 12 sous-marins, version non-nucléaire du modèle français Barracuda.
Le Vietnam a acheté six sous-marins à la Russie. Le Japon, l'Inde, l'Indonésie et la Malaisie développent également leurs capacités en la matière.
De leur côté, les Américains s'inquiètent de leurs insuffisances. En mars dernier, l'amiral Harry Harris, qui commande la zone Pacifique, a expliqué au Congrès que seules 60% de ses demandes de sous-marins d'attaque pouvaient être satisfaites, la Marine n'en ayant pas assez de disponibles. Constat identique pour le général Philip Breedlove, qui commandait la zone Europe, confronté lui au grand retour des sous-marins russes, choyés par le président Vladimir Poutine.

En temps de paix, les sous-marins d'attaque servent essentiellement à collecter du renseignement sur les flottes adverses, mais aussi sur ce qui se passe à terre. Les Américains les utilisent ainsi pour surveiller la Corée du Nord, la Chine ou la Russie. En temps de guerre, les sous-marins peuvent attaquer les flottes ennemies. Et ceux équipés de missiles de croisière peuvent s'approcher des côtes pour frapper des objectifs à terre.

A partir de 2019, la Marine américaine équipera ses sous-marins nucléaires actuels, de type Virginia, d'un nouveau module leur permettant de lancer des drones sous-marins, appelés à l'avenir à jouer un rôle crucial dans la guerre sous-marine. "Les sous-marins vont devenir plus comme de petits porte-avions, équipés d'une variété de missiles et de drones sous-marins", explique Bryan Clark. Ces drones pourraient mener des missions de reconnaissance et d'attaque, s'approchant au plus près des côtes ennemies et submergeant les défenses de l'adversaire. La Marine américaine a réussi l'année dernière des tests de lancement et de récupération de drone par un sous-marin. "La plupart des drones que la Marine expérimente actuellement sont de la taille d'une torpille, et ont une autonomie d'une journée maximum", ajoute M. Clark. Mais la Marine travaille sur de futurs engins sous-marins autonomes plus longs et plus larges, d'une autonomie d'un mois.


L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.