La mémoire des capitaines corsaires

Samedi 22 octobre 2016 à 15h12

Les corsaires écumèrent les mers jusqu’au 19e siècle, à l’attaque de tout navire marchant battant pavillon d'un état ennemi. Leurs descendants, regroupés en association, font toujours vivre leur mémoire.

Les corsaires écumèrent les mers jusqu’au 19e siècle, à l’attaque de tout navire marchant battant pavillon d'un état ennemi. Leurs descendants, regroupés en association, font toujours vivre leur mémoire.

Surtout, ne confondez pas les pirates et les corsaires devant Dominique de Ferron, président de l’association des descendants de capitaines corsaires (ACDD). L'homme, qui a longtemps vécu dans l'une des demeures du corsaire malouin Robert Surcouf, est descendant de Jeanne de Belleville, l’une des seules femmes corsaires, surnommée La Lionne ou la Tigresse sanglante. Car si les faits d’arme des corsaires et des pirates sont tout autant restés dans les mémoires, les premiers exerçaient une activité légale. Munis d’une lettre de marque de leur roi, les corsaires s’attaquaient en temps de guerre aux navires marchands battant pavillon ennemi pour récupérer leur cargaison. La prise était ensuite vendue aux enchères et l’État récupérait une partie du produit de la vente. Les corsaires étaient donc des sous-traitants avant l’heure. « L’État n’avait pas les moyens d’armer ses navires, commente Dominique de Ferron. Il les confiait à des marins civils, souvent d’anciens de la Royale. » Et s’ils étaient capturés, ces corsaires étaient considérés comme des prisonniers de guerre. En revanche, les pirates, « véritables bandits, étaient pendus s’ils étaient pris ! », précise-t-il. Entre 1692 et 1763, l’apogée de cette épopée maritime, on comptait plus de 23.000 corsaires français embarqués. Plus de 700 de leurs descendants sont aujourd’hui regroupés au sein de l’association. « Elle a été lancée par quelques amis qui, au départ, s’amusaient à organiser des soirées où ils se déguisaient en corsaires », se souvient Dominique de Ferron. Mais très vite, grâce à l’impulsion de Monique Onraët, généalogiste, des recherches sont entreprises dans les archives. Elles ont permis de retrouver de nombreux descendants avec un ou plusieurs corsaires parmi leurs aïeux. Face à l’ennemi héréditaire L’activité soutenue des corsaires a été à l’origine du développement de bon nombre de ports. En particulier Saint-Malo, Morlaix et Dunkerque où de grands noms sont restés dans les mémoires : Surcouf et Duguay-Trouin à Saint-Malo, Jean Bart à Dunkerque ou Charles Cornic à Morlaix. Et si les corsaires étaient plus nombreux à être établis sur la Manche, face à l’éternel ennemi anglais, des corsaires ont également quitté des quais de Méditerranée, des Antilles, de la Réunion ou de Maurice. Ces marins utilisaient des navires de petite taille, rapides, manœuvrants et discrets comme des flûtes ou des cotres. Le Renard, réplique du dernier bateau armé en 1812 par le corsaire malouin Robert Surcouf, témoigne toujours de cette histoire en baie de Saint-Malo ou sur les quais des fêtes maritimes. Au contraire des pirates, les corsaires respectaient les vies et les biens personnels avec des combats souvent très courts et peu meurtriers. Leur but étant de s’emparer du navire et de sa cargaison et d’obtenir une rançon de l’équipage. L’un des combats les plus célèbres de l’épopée corsaire date du 31 août 1800, lorsque La Confiance, une frégate de 18 canons avec un équipage de 190 hommes, réussit à s’emparer du Kent, un vaisseau anglais de 40 canons avec, à bord, 437 marins et soldats. Ce combat a fait l’objet d’un tableau d’Ambroise-Louis Garnay, exposé au Musée National de la Marine à Paris. Dans le secret des archives La guerre de course a été abolie en 1856 par le traité de Paris qui mit fin à la guerre de Crimée. Le dernier corsaire français fut ainsi Etienne Pellot (1765-1856). Mais les archives sur les corsaires sont encore loin d’avoir livré tous leurs secrets et c’est l’un des objectifs de l’association des descendants de capitaines corsaires d’y travailler avec des historiens renommés.

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.