L'avenir des baleines au menu d'une réunion internationale

Par AFP/Nautisme.com
Lundi 24 octobre 2016 à 11h15

Le sort des baleines - traquées par les chasseurs, blessées lors de collisions avec des bateaux ou piégées dans des filets de pêche -, fera l'objet d'âpres discussions à partir de lundi en Slovénie devant la Commission baleinière internationale (CBI).

Le sort des baleines - traquées par les chasseurs, blessées lors de collisions avec des bateaux ou piégées dans des filets de pêche -, fera l'objet d'âpres discussions à partir de lundi en Slovénie devant la Commission baleinière internationale (CBI).

A Portoroz, sur la côte adriatique où la 66e réunion bisannuelle se tiendra jusqu'à vendredi, les débats s'annoncent vifs, les 88 membres de la CBI étant profondément divisés entre partisans et adversaires de la chasse.

Principales pommes de discorde : la chasse menée tous les ans par le Japon officiellement au nom de la science, accusée d'avoir au contraire pour objet un approvisionnement alimentaire, et une proposition de sanctuaire pour baleines dans l'Atlantique Sud.

Pays chasseurs, le Japon, la Norvège et l'Islande s'opposent traditionnellement à la plupart des autres membres qui tentent de trouver un équilibre entre souveraineté nationale, droits des peuples autochtones, culture et préservation des ressources naturelles.

Pour les défenseurs de l'environnement, il est aussi question de cruauté. "La chasse a la baleine n'a pas sa place au XXIe siècle. Elle appartient au passé et est profondément inhumaine", a déclaré à l'AFP Claire Bass, de l'ONG Humane Society International. "Il n'y a pas de manière humaine de tuer les baleines en mer", souligne-t-elle. Beaucoup meurent après une longue agonie des suites de blessures horribles infligées par des harpons aux pointes explosives.

La réunion marque le 70e anniversaire de la création de la Commission et le 30e anniversaire de l'entrée en vigueur d'un moratoire sur la chasse qui a sans doute empêché la mise à mort de dizaines, voire de centaines ou de milliers de cétacés. Ce moratoire a permis à de nombreuses populations de baleines de se reconstituer après avoir failli disparaître au XXe siècle, chassées pour leur chair et leur graisse. La commission n'autorise la capture des baleines que dans le cadre d'un permis de chasse de subsistance pour peuples autochtones. Il est délivré à des communautés traditionnelles en Amérique du Nord, en Russie, au Groenland et à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, dans les Caraïbes. Le Japon fixe ses propres quotas pour ce qu'il qualifie de chasses à but scientifique. La Norvège et l'Islande pratiquent des chasses commerciales en profitant de failles juridiques.

Selon la CBI, depuis 1985, 16.235 baleines ont été tuées au nom de la science, 24.381 à des fins commerciales et 10.139 dans le cadre des permis aux autochtones. Le Japon avait été contraint de renoncer à la saison 2014-2015 après une décision de la Cour internationale de justice. Mais il a repris la chasse la saison suivante, capturant plus de 300 cétacés. La viande finit dans les supermarchés et les restaurants, conformément aux règles de la CBI, selon lesquelles les baleines capturées pour la science doivent être mangées.

Au menu des discussions figure une proposition de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande de définir un processus rigoureux d'examen des programmes de pêche à des fins scientifiques. Le plus gros chasseur est de loin la Norvège, avec 736 baleines tuées en 2014. La même année, l'Islande en a capturé 161. Les chasses de subsistance ont conduit à la mort de 355 baleines en 2014. Les captures les plus importantes ont eu lieu au Groenland (176), dans la région de Chukotka, en Russie (124) et en Alaska (53).

Autre dossier crucial : la proposition de plusieurs pays (Argentine, Brésil, Gabon, Afrique du Sud et Uruguay), qui, pour protéger le tourisme d'observation des baleines, veulent créer un sanctuaire de 20 millions de kilomètres carrés dans l'Atlantique Sud. Elle n'avait pas pu être adoptée lors de réunions précédentes, la majorité de 75% nécessaire n'ayant pas été atteinte. Pour John Frizell, de Greenpeace, la création de ce sanctuaire "serait une étape énorme dans la protection des baleines".

Les défenseurs de l'environnement feront aussi pression pour que la CBI s'attelle au problème des prises accessoires lors des pêches, qui entraînent chaque année la mort de 300.000 baleines, dauphins et marsouins.



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Eric Mas
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.