Pourquoi sanctuariser la mer de Ross ?

Samedi 29 octobre 2016 à 11h21

Les 25 membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR) se sont mis d'accord vendredi en Australie sur la création en mer de Ross du plus grand sanctuaire marin au monde.

Les 25 membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR) se sont mis d'accord vendredi en Australie sur la création en mer de Ross du plus grand sanctuaire marin au monde.

De quoi s'agit-il ?
Les organisations de défense de l'environnement militent depuis des années pour une meilleure protection des eaux entourant le continent antarctique, en raison de la menace que constituent pour leurs écosystèmes relativement protégés la pollution ou la surpêche. Des projets avaient été présentés en 2012 pour la création de deux gigantesques aires marines protégées (AMP) en mer de Ross et dans l'est de l'Antarctique, totalisant 2,5 millions de kilomètres carrés.
Les deux projets ont depuis été amendés pour autoriser certaines zones de pêches au sein de ces sanctaires. C'est ce qui a permis vendredi d'obtenir vendredi le soutien décisif de la Russie au projet d'AMP en mer de Ross. L'autre projet, dans l'est de l'Antarctique, est encore l'objet de négociations.

Qu'est ce que la mer de Ross ?

C'est une vaste baie dans le continent antarctique, donnant sur le Pacifique. Elle fut découverte en 1841 par l'explorateur britannique James Clark Ross (1800-1862) et a depuis été le point de départ de nombreuses expéditions sur le continent blanc. Cette mer est parfois surnommée "le dernier océan" car considérée comme le dernier écosystème marin intact, ou quasi intact, de la planète.
La mer de Ross n'a eu que peu à souffrir de l'influence humaine. Aucune extraction minière n'y a été conduite, aucune pollution majeure ne l'a souillée, aucun scénario de décès massif "mystérieux" d'expèces, aucun poisson n'a été pêché au point de ne plus pouvoir reconstituer ses stocks... Elle est notamment un des sanctuaires de la légine antarctique, un prédateur crucial pour la chaîne alimentaire de la zone, fortement menacé ailleurs par la surpêche. Elle abrite 40% de la population mondiale de manchots Adélie, un quart de la population mondiale de manchots empereurs, un tiers de la population de pétrels antarctiques, des milliers de baleines de Minke, d'orques, de phoques de Weddell, de phoques crabiers ou encore de léopards des mers, selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
La zone de protection dont la création a été décidée vendredi à Hobart, en Tasmanie, couvre une zone de 1,55 million de kilomètres carrés (soit une superficie plus vaste que la France, l'Italie, le Benelux, l'Allemagne, la Suisse et l'Autriche réunis) et s'étend au-delà de la seule mer de Ross.

A quoi sert une AMP ?
Les AMP sont, selon la définition de la CCAMLR, des zones marines dans lesquelles les ressources naturelles font l'objet d'une protection totale ou partielle. Elles ont pour objectif de protéger les espèces marines, la biodiversité, l'habitat, les secteurs d'alimentation et les nurseries et, dans certains cas, de préserver des sites historiques et culturels. D'autres outils peuvent être utilisés en complément de l'AMP, comme les limites de capture, les restrictions concernant les engins de pêche et la fermeture de zones de pêche. L'AMP de la mer de Ross doit également permettre de faciliter pour les scientifiques l'étude des écosystèmes locaux et leur évolution dans le contexte de modifications climatiques planétaires.


L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.