Vendée Globe : les équipes à terre font aussi la course

Vendredi 4 novembre 2016 à 14h26

Répondre au téléphone au milieu de la nuit pour une panne de dessalinisateur, conseiller le skipper par vidéo pour qu'il se fasse lui-même des points de suture... Pendant la course, les solitaires du Vendée Globe pourront compter 24h/24 sur leurs équipes à terre.

Répondre au téléphone au milieu de la nuit pour une panne de dessalinisateur, conseiller le skipper par vidéo pour qu'il se fasse lui-même des points de suture... Pendant la course, les solitaires du Vendée Globe pourront compter 24h/24 sur leurs équipes à terre.

Pour aligner le monocoque de Yann Eliès au départ, Erwan Conan, spécialiste en matériaux composites, assure avoir donné pendant des mois "tout ce qu'il a pu". "Maintenant, c'est à Yann de s'exprimer sur l'eau. Pour moi, c'est la fin des 'emmerdes' et le début des ennuis", ironise-t-il.

A quelques jours du départ (dimanche des Sables-d'Olonne), les équipes qui suivent les skippers sentent le stress monter. "On sera tout le temps en veille, on ne sortira plus, on vivra la course par procuration", témoigne Ronan Lucas, directeur du team Banque Populaire. Une situation qu'il juge "assez difficile à vivre à terre", car "dès qu'il y a un petit problème, on imagine toujours le pire". Les pannes les plus fréquentes sont électroniques, informatiques ou viennent des efforts sur les voiles.

Selon les budgets, les équipes mobilisées pendant la phase de préparation vont de quelques personnes à une vingtaine, en comptant les ingénieurs des bureaux d'études, pour un bateau conçu de A à Z, et la communication.

Le coup d'envoi donné, une à trois personnes resteront en veille 24h/24 et feront appel si besoin aux spécialistes des différentes parties du bateau (gréement, accastillage etc). En interne pour les grosses équipes aux préparateurs en CDI, chez des prestataires pour les plus petites.

"Le rôle de l'équipe est de me guider, c'est elle qui connaît le mieux le bateau, car même si je sais un peu tout faire, je ne suis pas expert en mécanique ou en composite", souligne Armel Le Cléac'h, l'un des favoris.

Parti sous la bannière Generali en 2008, Eliès court cette année avec un budget moins important. "Si on pouvait, on aurait une ressource humaine en face d'une compétence, mais comme on est une petite équipe, on recrute des personnes à double profil", explique-t-il. Il ne se sent pas pour autant pénalisé, assurant avoir "compensé le manque de moyens par une plus grande expérience". "Il y a de grosses disparités dans la préparation des voiliers, les projets les moins riches ont trois ou quatre personnes, souvent des copains ou de la famille", reconnaît Jacques Caraës, directeur de course. Mais une fois sur l'eau, "tout le monde obéit au même règlement".

Pendant la course, les journées à terre sont rythmées par les positions du bateau. "On s'endort en regardant la position, on se réveille avec, on se retrouve pour échanger sur la course et on espère que le téléphone ne sonnera pas", résume Pierre Tissier, directeur technique de l'écurie Gitana (Edmond de Rothschild, le bateau de Sébastien Josse, un autre favori).

Selon la personnalité des skippers, les équipes se fixent leurs propres règles de communication. "A chaque fois qu'on a un contact avec le bateau, on envoie un texto aux autres pour dire que tout va bien", déclare ainsi David Sineau, team manager de Tanguy de Lamotte.

Autre personnage clé : le médecin de course Jean-Yves Chauve, qui officie depuis la première édition et a la particularité de "faire parfois ses prescriptions en fonction de la météo". "J'interviens essentiellement sur de la traumatologie, mais c'est aussi à moi de lire entre les lignes pour voir si les skippers n'ont pas un coup de blues", raconte-t-il.

Se mettre le plus possible dans la peau du régatier, tel est aussi le rôle des équipes à terre. "Si on est euphoriques alors qu'il est dans un coup de baston à 40 noeuds, on sera complètement en décalage, note Erwan Steff, 'boat captain' d'Eliès. Inversement, on le renseigne sur l'actualité pour qu'il reste en phase avec le monde".


L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Sophie Liman
Sophie Liman
Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
Thomas Darbois
Thomas Darbois
Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.