Lancement à Kourou

Jeudi 11 mai 2017 à 15h05

Après un long report dû aux mouvements sociaux en Guyane, le lanceur Ariane V a pu décoller et faire son devoir comme prévu en moins de 40 minutes. C’est le temps qu’il lui faut en effet pour atteindre, hors atmosphère, l’orbite où il doit larguer ses satellites.

©Figaro Nautisme
Après un long report dû aux mouvements sociaux en Guyane, le lanceur Ariane V a pu décoller et faire son devoir comme prévu en moins de 40 minutes. C’est le temps qu’il lui faut en effet pour atteindre, hors atmosphère, l’orbite où il doit larguer ses satellites.

Sa mission est très rapide donc mais elle a des exigences que l’on imagine très nombreuses et compliquées.

Du point de vue météo il n’est pas exceptionnel que ces tirs soient reportés pour cause de pluies trop intenses, d’orages trop violents ou de vents trop forts en altitude. Les pluies sont redoutées pour des problèmes de visibilité, les orages pour les risques de foudroîment, les vents pour les risques de dispersions des débris en cas d’explosion en vol.  

Pourtant la Guyane a des arguments de poids pour avoir été choisie en 1959 comme base de lancement. Des arguments qui en font un site exceptionnel avec des atouts commerciaux par rapport à ses concurrents russe de Baïkonour et américain du Cap Canaveral.

  1. En étant le plus proche de l’équateur, il bénéficie de la meilleure vitesse d’impulsion puisque celle-ci est liée à la vitesse linéaire de rotation de la terre qui diminue en remontant vers les pôles. C’est l’effet de fronde, plus la ficelle est grande plus ça va vite, et la ficelle ici c’est le rayon de la terre par rapport à son axe de rotation, donc maximal à l’équateur, nul aux pôles. A Kourou cette vitesse est de 1670 km/h. Belle poussée gratuite à récupérer pour, avec une masse équivalente de carburant, mettre en orbite des charges plus lourdes.
  2. En se lançant depuis la Guyane presqu’aucune terre habitée n’est survolée. Que ce soit en allant vers le nord pour mettre sur orbite les satellites défilants qui passent au-dessus des pôles (pour les GPS et l’observation proche par exemple), ou en allant vers l’est pour mettre en orbite les satellites géostationnaires, synchrone avec la rotation de la terre, comme nos bien aimés METEOSAT.
  3. Le climat est stable. Au moins il n’est pas exposé aux cyclones qui ne peuvent sévir qu’aux delà des 7 degrés de latitude (Kourou est à 5° de latitude nord), ni des raz de marée puisqu’éloigné de toutes zones de tempêtes.

Reste la pluie…  la saison des pluies et longue en Guyane. Mais ce paramètre n’est handicapant qu’en cas de très fortes pluies et les probabilités d’être empêché tout au long d’une fenêtre de lancement reste faible.  Une fenêtre de lancement c’est plusieurs heures qui sont déterminées avec entre autre objectif, la nécessité d’exposer au soleil les panneaux qui seront chargés de fournir l’énergie propulsive des satellites lorsqu’ils auront besoin après avoir été abandonnés par le lanceur.

Pour ce dernier tir, tout était donc bon, y compris l’humeur des grévistes et je vous recommande la vidéo du CNES :

Décollage d'Ariane 5 VA236 (04/05/17) par CNES

 

Mais il y a aussi des photos d’amateurs prises depuis la plage qui laissent place à l’imagination. Le sillage blanc laissé derrière Ariane zigzague de façon impressionnante. Ce n’est que l’effet du cisaillement du vent en altitude qui perturbe cette belle trace... (voir ci-dessous)

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.