Calvi : plongée historique sur le B17

Lundi 11 septembre 2017 à 17h20

Le Boeing Flying Fortress - dit B17 - repose depuis le 14 février 1944 par 28 m de fond, au pied de la citadelle. Avec ses quatre moteurs toujours en place et ses quelque 32 m d'envergure, le bombardier américain impressionne lorsqu'on l'aperçoit dans l'eau claire, posé bien à plat sur le sable. C'est la plongée phare de la capitale de la Balagne, et l'une des épaves les plus visitées de Corse.

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Le Boeing Flying Fortress - dit B17 - repose depuis le 14 février 1944 par 28 m de fond, au pied de la citadelle. Avec ses quatre moteurs toujours en place et ses quelque 32 m d'envergure, le bombardier américain impressionne lorsqu'on l'aperçoit dans l'eau claire, posé bien à plat sur le sable. C'est la plongée phare de la capitale de la Balagne, et l'une des épaves les plus visitées de Corse.

Ce 14 février 1944, l'escadrille devait bombarder la gare de triage de Vérone, en Italie. En approche sur l'objectif, elle essuya le feu nourri des chasseurs allemands ; le B17 du sous-lieutenant Franck G. Chaplick fut lourdement touché : deux moteurs en flammes, un troisième endommagé, et surtout trois équipiers tués, son pilote n'eut d'autres choix que de dérouter vers la Corse, puis, dans l'impossibilité d'atterrir sur la piste de Calvi, d'amerrir face à sa citadelle. Dans son rapport, il explique : «... je posais le B17 sur les flots, très proche et face à la citadelle de Calvi. L'avion ne se cassa pas durant l'opération, et flotta quelques minutes, ce qui nous permit de l'évacuer, hormis les trois mitrailleurs tués durant l'attaque et dont les corps coulèrent avec l'épave… ».

Les versions divergent sur les circonstances de leur sauvetage, toujours est-il que les dépouilles de Robert F. Householder, l'opérateur radio, et de George J. Murphy, le mitrailleur sabord gauche, ont été récupérées, et les deux soldats ont pu être inhumés chez eux, dans les États du Colorado et du Delaware. Pas Tony Duca, le mitrailleur arrière. Malgré les multiples missions de recherche menées par la marine américaine, son corps reste introuvable. Le soldat était à son poste lorsque le bombardier coula, coincé dans la queue de l'appareil…

Cette partie, absente de la zone du crash n'a jamais été localiser. La dernière entreprise s'est déroulée à l'automne 2012, le bâtiment américain l'USS Grapple avait sondé la baie de Calvi et ses alentours durant plusieurs semaines, l'ambassadeur des États-Unis Charles H. Rivkin était présent, il avait inauguré la plaque commémorative apposée sur les remparts de la citadelle en l'honneur des trois disparus…

Une forteresse sous la mer

En descendant sur lui, la vision panoramique du bombardier en impose, avec ses deux longues ailes, quasiment intactes, supportant les quatre gros moteurs à hélices. On imagine l'appareil : 32 m d'envergure, 22 m de long, près de 30 tonnes à plein, 13 mitrailleuses, entre deux et trois tonnes de bombes, il embarquait aussi dix membres d'équipage… Le B17 garde fière allure, même coupé de sa queue, le fuselage arrière éventré, et privé de son nez. Le poste de pilotage est également à ciel ouvert, mais les sièges sont toujours accrochés et une partie des commandes en place. Des quatre moteurs, un seul conserve ses trois pales (elles sont en partie manquantes sur les autres). L'avion est aujourd'hui un refuge pour les poissons. Sans qu'elle soit abondante, on y rencontre la petite faune habituelle de la Méditerranée : les serrans-écriture, les apogons colorés et les castagnoles, les groupes de sars, des petits labres. Quelques chapons et murènes sont en résidence. Parfois, des langoustes squattent aussi les lieux. Avec le temps, les éponges encroûtantes ont colonisé et joliment coloré la tôle, accueillant toute une faune fixée de spirographes ou de serpules. Depuis 70 ans, une nouvelle vie a commencé ici.

 

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Calvi possède le plus grand port de l'île : 500 places à quai, dont 150 visiteurs © Wikimedia
La baie de Calvi, capitale de la Balagne © Wikimedia
Calvi compte un peu plus de 5500 habitants © Wikimedia
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L'équipe
Eric Mas
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.