Antifouling : une nouvelle réglementation pour 2018

Samedi 10 mars 2018 à 6h33

Un antifouling est un revêtement qui doit à la fois préserver l'environnement et empêcher les algues et les coquillages d’adhérer à la carène du bateau et ce, sans nuire aux performances de glisse. Ne pas nuire aux performances des embarcations, c’est techniquement réalisable, ne pas détruire la faune et la flore c’est plus difficile... Une nouvelle réglementation est entrée en vigueur cette année, nous allons voir ce qu’elle impose.

Un voilier au sec à l'aire de carénage de la marina de Jersey ©Albert Brel
Un antifouling est un revêtement qui doit à la fois préserver l'environnement et empêcher les algues et les coquillages d’adhérer à la carène du bateau et ce, sans nuire aux performances de glisse. Ne pas nuire aux performances des embarcations, c’est techniquement réalisable, ne pas détruire la faune et la flore c’est plus difficile... Une nouvelle réglementation est entrée en vigueur cette année, nous allons voir ce qu’elle impose.

Il faut être conscient qu’un produit non nocif à 100% ne peut pas détruire la totalité des 25 000 espèces (environ) qui colonisent les carènes de bateaux. Si l'on remonte quelques dizaines d’années en arrière, les fabricants de peintures pouvaient utiliser des produits nocifs (biocides) pratiquement sans contrôle, par exemple le TBT. A cette époque, les antifoulings étaient relativement efficaces sur nos carènes, sans doute moins pour la faune et la flore marines. Aujourd'hui, l’Europe impose des normes précises sur les biocides pour minimiser l’impact sur l’environnement marin. A titre indicatif, en 2006 une liste de 33 molécules biocides était autorisée et à partir de 2018, il n'y en a plus que dix. La réglementation va encore plus loin. Désormais, deux familles d’antifouling seront mises sur le marché avec des niveaux de toxicité différents pour les applicateurs professionnels et les particuliers. Une période transitoire de 6 mois est en vigueur jusqu'à fin juin 2018 pour écouler les stocks fabriqués selon l'ancienne réglementation.

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A prévoir : dès le mois de mars, les aires de carénage sont encombrées© Albert Brel

Quelques rappels sur l’antifouling

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Après une année à l'eau, un simple nettoyage réactive l'antifouling au cuivre.© Albert Brel

Deux éléments principaux entrent dans sa composition : les biocides et un liant. Les biocides sont les éléments actifs et ont pour rôle d'éviter les salissures tout en respectant au mieux l'environnement. Si la composition reste sensiblement la même chez tous les fabricants, il en existe plusieurs familles qui vont de la matrice dure à l’érodable. La matrice dure donne après application et séchage un film de peinture dur et poreux. Les biocides sont contenus dans le film et se libèrent au contact de l'eau pour empêcher les salissures. Cette libération contrôlée se fait tout au long de la saison jusqu'à ce que la majeure partie des biocides disparaisse, ne laissant sur la carène qu'un film dur. La matrice érodable ou autopolissante est un film qui devient partiellement soluble dès sa mise à l'eau. L'épaisseur de peinture diminue progressivement, renouvelant en permanence la matière active (biocides). Entre ces deux extrêmes, on trouve des nuances comme les semi-érodables, compromis entre les dures et les érodables ou encore les saisonniers qui ont une efficacité sur un temps donné.

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L'antifouling peut être appliqué au rouleau ou au pinceau.© Albert Brel

Que choisir ?

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Application de l'antifouling au pistolet.© Albert Brel

La matrice dure est recommandée sur les bateaux rapides, les bateaux moteur et pour tous ceux qui sont mouillés dans les ports à échouage ou à fort courant. L’inconvénient de ce produit est l’accumulation des couches. L’érodable offre une meilleure glisse et a l’avantage de présenter en fin de saison une faible épaisseur de peinture ce qui limite les travaux d'entretien. Il est recommandé sur les bateaux de régate et ceux qui naviguent dans des eaux peu chargées en particules abrasives comme en Méditerranée. Les fabricants le conseillent pour des bateaux dont la vitesse est inférieure à 25 nœuds. Les semi-érodables sont conseillés dans les zones où la salissure est faible. Restent les antifoulings saisonniers. Ils sont développés pour les bateaux qui ne restent à l’eau que pendant la saison estivale. En principe, tous les antifoulings sont miscibles entre eux à l’exception de ceux à base de Téflon. Pour les bateaux en alliage, il existe des antifoulings spéciaux. Que choisir parmi la multitude de produits proposés par les accastilleurs ? Hormis la nature de la matrice, le choix peut s’avérer difficile. Chaque marque avance des formulations commerciales telles que produits multi-saisons pour zones à très fortes salissures, à matrice hydro-active pour une protection exceptionnelle, etc. Un bon conseil : allez sur une aire de carénage, observez les salissures sur les coques et demandez au propriétaire ce qu’il utilise. D’une zone à l’autre, d’un port à un autre port, l’efficacité d’un antifouling peut être très différente. Quant aux produits à base de cuivre (particules de cuivre pur mélangées à une résine polyester hybride), ils sont plus onéreux mais l’antifouling n’est pas à refaire chaque année. En principe, il est garanti entre trois et cinq ans. Mais attention, la carène doit être parfaitement propre et il faut appliquer en premier un primaire époxy bi-composant. Ensuite, le produit est appliqué en une seule couche au rouleau ou au pistolet. Après séchage (comptez 12 heures), la carène doit être poncée pour activer l’antifouling.

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Une sous-couche est nécessaire avant l'application d'un antifouling au cuivre.© Albert Brel

Application et réglementation

La réglementation nationale et européenne proscrit le carénage à l’échouage en dehors de toute installation prévue à cet effet. Une fois le carénage effectué, l’antifouling se passe au rouleau ou au pinceau. Le temps de séchage est rapide et le temps entre deux couches peut être court. C’est un point à vérifier avant d’acheter le produit lorsque l’on effectue l’application entre deux marées. Lorsque le bateau est sur une aire de carénage à sec, il faut également tenir compte du temps qu’il peut y rester avant la mise à l’eau sans nuire à l’efficacité de l’antifouling. 

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En plus de l'antifouling, il faut penser à changer les anodes.© Albert Brel

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Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.