Bien choisir son ancre selon son type de navigation

Mercredi 16 mai 2018 à 17h22

Que l’on pratique le mouillage d’une façon assidue ou occasionnelle, l’ancre est un équipement indispensable qui ne doit pas être considéré comme accessoire. Il n’existe pas d’ancre universelle capable de tenir sur tout type de fond. Reste à trouver celle qui présente le meilleur compromis.

Pour un mouillage assidu ou occasionnel, bien choisir son ancre est indispensable ©Pixabay
Que l’on pratique le mouillage d’une façon assidue ou occasionnelle, l’ancre est un équipement indispensable qui ne doit pas être considéré comme accessoire. Il n’existe pas d’ancre universelle capable de tenir sur tout type de fond. Reste à trouver celle qui présente le meilleur compromis.

De tous temps l’ancre a été considérée comme un équipement de sécurité. De nombreux concepteurs ont proposé des modèles de toutes formes géométriques allant de l’ancre à jas à la charrue en passant par la plate, concave, cuillère, etc. Certaines se sont imposées sur le marché de la plaisance comme la charrue et la plate et, depuis quelques années, les plaisanciers s’équipent d’un nouveau concept dérivé de la charrue.

La charrue une valeur sûre

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La charrue peut avoir la forme de : cuillère, de joues évasées, larges et fortement tulipées.© DR

Son origine remonte aux années 30 et elle est toujours d’actualité. Pourquoi ce nom ? Tout simplement parce qu’elle s’inspire dans sa conception, verge articulée et masse répartie uniformément sur toute la surface, de l’outil du laboureur. Sur le sol, elle se positionne sur le côté. Une traction sur la ligne de mouillage fait que sa pointe s’y enfonce. Si cette traction devient trop importante, elle chasse doucement en labourant le fond. Lorsque la traction redevient normale, elle reprend sa position. En conclusion, c’est une ancre qui chasse sans décrocher.

L’évolution de la charrue

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La charrue et la plate se sont imposées sur le marché de la plaisance, mais la charrue a connu de nombreuses évolutions.© DR

Tout en gardant la forme générale, deux points ont été modifiés : la verge qui n’est plus articulée et la répartition de la masse. La pointe est fortement lestée. Pratiquement tous les constructeurs ont adopté cette configuration avec des nuances dans la géométrie ; elles peuvent avoir la forme d’une cuillère, des joues évasées, larges et fortement tulipées. Lorsqu’elles touchent le sol, elles se mettent en bonne position pointe en avant, quand la traction augmente, elles s'enfoncent complètement et, bien souvent, seule la verge dépasse. Sous traction forte, elles dérapent très lentement sans décrocher. L’un des points importants est la surface, à poids égal : plus elle est importante, meilleure est la tenue. En pratique, ce n’est pas le poids qui compte comme sur une ancre standard mais sa surface.

L’ancre plate des évolutions pour éviter le retournement

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Les ancres plates nouvelle génération sont fabriquées en alliage bien souvent aluminium/magnésium© DR

Les premières versions d’ancres plates étaient dites de surface. L’arrière imposant placé dans le prolongement des pelles empêchait l’enfouissement dans le sol. Les risques de ce modèle sont le retournement et le décrochage en cas d’effort important. Pour éviter le retournement avant/arrière, on a vu apparaître des ancres plates avec un petit arrière évidé. Mais le basculement sur le côté reste possible. Pour le minimiser la dernière évolution est la présence d’un jas.

Pourquoi pas les légères ?

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Ancre plate ancienne génération : ancre dite de surface, ce qui empêchait un enfouissement dans le sol. Le risque : le retournement et le décrochage.© DR

Elles sont fabriquées en alliage bien souvent aluminium/magnésium. Là, ce n’est pas le poids qui compte mais la géométrie et la surface. Un modèle en alliage léger ayant la même géométrie et la même surface qu’un modèle en acier, aura sensiblement la même tenue. Elle a toutefois deux contraintes : la résistance qui est bien inférieure et la ligne de mouillage qui doit être réalisée avec du cordage plombé.

Bien s’équiper

- L’ancre principale doit être dimensionnée en fonction du bateau et sa ligne de mouillage adaptée.

- Comme il n’existe pas une ancre universelle pour tout sol. La deuxième peut être d’un concept différent. Une charrue nouvelle génération pour la principale et une plate pour la deuxième.

- L’ancre légère a sa place à bord en plus du mouillage principal. Elle sera réservée pour les mouillages de beau temps lorsque l’on reste à bord ou lorsque l’on doit mouiller sur deux ancres.

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.