Amel 50 : un croiseur hauturier automatisé et luxueux

Mardi 3 juillet 2018 à 17h24

Présenté au Cannes Yachting Festival l'année dernière, ce 50 pieds du chantier rochelais est un véritable hymne au travail artisanal de la plus haute qualité. Nous avons eu la chance de le tester en Méditerranée.

Notre modèle équipé de toutes les options d'enrouleurs et winchs électriques réversibles va nous réserver une expérience qui fera date dans l'histoire de la plaisance de série. ©Presse
Présenté au Cannes Yachting Festival l'année dernière, ce 50 pieds du chantier rochelais est un véritable hymne au travail artisanal de la plus haute qualité. Nous avons eu la chance de le tester en Méditerranée.

Nautisme Article
Confortablement installé sous la casquette de roof, qui intègre dorénavant une table pour huit personnes, vous découvrez sur la console les commandes qui permettent de dérouler les voiles sans quitter la barre.© Presse

Naviguer en weekend, comme autour du monde, avec le minimum d’effort à la manœuvre, dans un confort à la mer et une sérénité technique et sécuritaire à toute épreuve, constitue le leitmotiv de la marque créée par Henri Amel il y a plus de 55 ans. Et jusqu’à ce dernier né, présenté Il y a un an à Cannes, les 15 modèles de croiseur Ketch et sloop produit depuis l’Euros 39 en 1972, non jamais failli à ce cahier des charges. Un hymne au travail artisanal de la plus haute qualité. L’importance du moindre détail, destiné à se faciliter la vie nautique, prend ici toute sa dimension. Un simple ravitaillement de gasoil, le démontre dès le départ. La baille à nable de carburant, sur le plat bord, comporte écubier, coffre à ustensiles, trop plein. Simple, pratique, le ton est donnée avant même d’avoir quitté le port. Un rapide tour du bord nous indique que réservoir d’eau douce, de carburant, d’eau noir, batterie, et survie sont bien disposés dans l’axe longitudinal pour optimiser le centrage des poids. Le 50 est gréé en sloop car l’automatisation des enrouleurs ne nécessite pas de fractionner le gréement pour être facilement manipulable. Notre modèle équipé de toutes les options d’enrouleurs et winchs électriques réversibles va nous réserver une expérience qui fera date dans l’histoire de la plaisance de série.

A l’intérieur, un travail de finition très abouti…

Nautisme Article
Boiserie, cuir, inox sont mis à l'honneur par un travail de finition très abouti. Ici le salon, spacieux et lumineux, pouvant accueillir jusque huit personnes.© Presse

Confortablement installé sous la casquette de roof, qui intègre dorénavant une table pour huit personnes, nous découvrons, sur la console, les commandes qui nous permettent de dérouler les voiles sans quitter la barre. En poussant sur le joystick pour dérouler, GV, génois ou trinquette et appuyant simultanément sur le bouton pour border la voile, nous établissons la voilure du temps sans plus d’agitation. Un peu sceptique tout d’abord, un tour du grand Ribaud au sud de la presqu'île de Giens va nous convaincre de la fiabilité et de la pertinence du dispositif. Malgré un vent faible, le sloop se déhale à la vitesse du vent, c’est-à-dire 6-7 nœuds, puis avec le code 0 (oui, il a fallu aller plage avant !) atteint 8 nœuds avec plus de vent. Le clapot rencontré flatte le dessin de carène de l’architecte autant qu’il met en doute notre ouïe, puisque aucun craquement n’est discerné. Puis au moment d’abattre, on choque les écoutes… en appuyant sur un bouton puisque que les winchs sont réversibles. Quelques virements sous trinquette autovireuse et une réduction de voilure sur toutes les allures achèvent cette démonstration. Le premier enrouleur de mat a été fabriqué maison en 1983. Que des solutions simples et éprouvées sont retenues. Toutes les commandes sont doublées manuellement. La fiabilité bénéficie d’une mise au point multi décennale. Au mouillage, les aménagements dévoilent une belle évolution avec la cuisine en coursive dans laquelle on ne se sent pas enfermé grâce à une vision extérieure remarquable. Partout où se pose votre regard, votre mains, le sens, marin et pratique, prédomine avec de multiples astuces comme les poofs qui se transforment en table basse et intègre des mains courantes. Des fargues transparents laissent apparaitre les denrées recherchées dans les équipés. Mais cette fois, l’esthétisme s’est immiscé dans cette partition sans bémol. Boiserie, cuir, inox sont mis à l’honneur par un travail de finition très abouti. En rentrant au moteur nous constatons que l’insonorisation du capot pourrait être améliorée, la casquette faisant caisse de résonnance. Avec le manque d’un accès latéral à la mécanique, par ailleurs exemplaire, c’est bien les seules réserves que nous pouvons émettre. Par contre, nous n’avons jamais enfilé le ciré. 

Nautisme Article
Ce sloop long de 16,50 m a une capacité de couchages de trois à huit personnes. Il est adapté aussi bien à une croisière d'un week-end qu'à un tour du monde. Ici, une des cabines doubles.© Presse

Notre avis :

Les cinquante années d’expérience du chantier au service du bien être à la mer, en liberté et sans appréhension sont couronnées avec ce sloop. C’est le premier voilier de série crédiblement automatisé. De quoi envier les chanceux qui bénéficieront des huit jours de prise en main réglementaire.

Nautisme Article
Malgré un vent faible, le sloop se déhale à la vitesse du vent (6-7 noeuds) puis avec le code 0 atteint 8 noeuds avec plus de vent. Le clapot rencontré flatte le dessin de carène... sans aucun bruit.© Presse

Les +

Toutes les veilles bonnes recettes mises au goût du jour

Cinématiques des manœuvres très au point

Polyvalence, sérénité, finitions exemplaires

Les –

Insonorisation du capot moteur insuffisante

Manque de rangement dans la cabine enfant

Caractéristiques Techniques

Longueur hors tout : 16.50 m

Longueur flottaison : 14.50 m

Maître bau : 4.79 m

Tirant d’eau : 2.15 m

Déplacement lège : 18,75  t                 

Capacité Carburant : 675 l

Capacité Eau douce : 600 l

Motorisation sdt/opt : Volvo D3 110 ch

Cabines/couchages : 3/8

Génois 110% : 64 m²

Trinquette opt : 24 m²

Grand-Voile : 62 m²

Grand gennaker : 180 m²

Architecte : Berret Racoupeau

Chantier : Amel (France)

Prix :

De base sans voiles : environ 948 000 €

Version essayée : environ 1 164 000 €

Quelques options

Intérieur palissandre des Indes : 42 000 €

Trinquette autovireuse + enrl élect : 18 600 €

Climatisation/chauffage : 26 400 €

Bossoirs électrique : 20 160 €

Nautisme Article
L'Amel 50 est le premier voilier de série crédiblement automatisé. Prix de la version essayée : environ 970 000 euros HT.© Presse

 

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.