Gilets de sauvetage : ce qui justifie la différence de prix

Samedi 7 juillet 2018 à 15h32

Lorsque l’on regarde les catalogues des accastilleurs, on trouve des gilets à partir de 60 euros jusqu’à 300 euros. Tous répondent à la réglementation et, vis-à-vis de la loi, vous êtes tout autant en règle avec un produit premier prix qu’avec un cinq fois plus onéreux. Mais qu'en est-il de la sécurité ? C’est ce que nous avons voulu savoir.

Boucle de harnais en Dyneema sur le gilet Flex 165N ©Albert Brel
Lorsque l’on regarde les catalogues des accastilleurs, on trouve des gilets à partir de 60 euros jusqu’à 300 euros. Tous répondent à la réglementation et, vis-à-vis de la loi, vous êtes tout autant en règle avec un produit premier prix qu’avec un cinq fois plus onéreux. Mais qu'en est-il de la sécurité ? C’est ce que nous avons voulu savoir.

Un petit rappel sur les gilets obligatoires

Navigation

Basique -2 M d’un abri

Côtier 2 à 6 M d’un abri

Semi-hauturier 6 à 60 M d’un abri

Hauturier plus de 60 M d’un abri

Type de gilet

50 N

100 N

150 N

150 N

Remarques

 

 

100 N pour les enfants de moins de 30 kg

100 N pour les enfants de moins de 30 kg

Nautisme Article
Détails des empiècements sur le modèle Flex 165N© Albert Brel

En examinant ce tableau, on remarque que pour une navigation au-delà de 6 milles, les gilets répondent à la même réglementation (approuvée CE ou Solas), ils doivent avoir une flottabilité de 150 N (100 pour les enfants de moins de 30 kg), mais aucune autre spécification. Rappelons qu’un gilet 150 N assure le retournement en 5 secondes et un de 100 N en 10 secondes. Le retournement est un point, la flottabilité réelle en est un autre, cela dépend du poids de la personne, par exemple, pour un 150 N, elle correspond à une personne de 90 kg. Avec un 100 N, elle est donnée pour une personne de 70 kg. En résumé, mieux vaut s’équiper dès le départ, quelle que soit la navigation, de gilet de 150 N. Reste le modèle et, là, le choix est important.

Du basique au haut de gamme : ce qui fait la différence

Nautisme Article
Le gilet Flex 165N possède des empiècements moussés sur les parties en contact avec le torse© Albert Brel

Les premiers prix de 60 à 100 euros

Tous les accastilleurs proposent des gilets basiques conformes à la réglementation et offrant une flottabilité minimum de 150 N à 165 N. Dans cette catégorie de gilets, on trouve, en premier prix (moins de 70 €), des modèles à déclenchement manuel qui peuvent sur certaines marques être proposés sans boucle de harnais et sous-cutale. Pour quelques dizaines d’euros de plus (70 à 100 €) des automatiques 165 N à déclenchement par pastille de cellulose (sel) ou hydrostatique (Hamar) avec boucle pour harnais et sous-cutale. Tous ces gilets d’entrée de gamme ont une forme dite classique et possèdent au minimum un sifflet et un embout de gonflage buccal (obligatoire). Les plus élaborés ont également un col souple pour le confort.

Nautisme Article
Système Hamar gilet Optimum© Albert Brel

La gamme supérieure de 100 à 180 euros

Dans cette gamme de prix, la flottabilité est bien souvent supérieure aux 150 N réglementaires. On trouve des modèles de 165 N, 180 N voire 220 N. Le deuxième point est le confort. On quitte la forme classique pour une plus ergonomique avec bien souvent un col amovible, une doublure, des systèmes de fermeture et de réglage rapides. Côté sécurité, certains modèles possèdent une poche pour une balise de détresse personnelle, une double sous-cutale, sont équipés de boucles (textile ou inox) pour recevoir une longe qui est dans certains cas fournie, ont une fenêtre de visualisation du percuteur, etc.

Nautisme Article
Anatomie d'un gilet Crewfit© Crewsaver

Les gilets haut de gamme

A partir de 180 euros, on entre dans une gamme de produits destinés aussi bien à la navigation côtière qu’hauturière. Sur ces modèles, la flottabilité est au minimum de 170 N à 275 N. Ils sont conçus pour être portés tout temps et pendant de longues périodes. C’est pourquoi tout est fait pour le confort, avec bien souvent une capuche amovible, des réglages qui permettent de bien l’ajuster en fonction du porteur et de ne pas gêner les mouvements, le harnais est intégré et la sous-cutale est double. Une fois réglé, il s’enfile comme un vêtement et la fermeture est rapide. Côté sécurité, ils peuvent intégrer un feu à LED automatique, une poche pour une balise personnelle, des bandes rétroréfléchissantes, etc.

Nautisme Article
Gilet Optimum 220N équipé d'un col polaire et d'une poche intérieure pour balise. Prix 115 euros.© Albert Brel

Que choisir ?

Lorsqu’un équipement est imposé, on a tendance à prendre, à partir du moment qu’il réponde à la réglementation, le moins cher. Est-ce bien raisonnable en matière de sécurité ? Il y a quelques années lorsque la liste d’équipements obligatoires était longue, on précisait dans cette liste un marteau emmanché. Cela peut faire sourire mais ce n’était sans doute pas sans raison. Lorsque l’on s’équipe de gilets, un certain nombre de points est à prendre en considération. On peut partir du principe qu’un modèle dit haut de gamme proposé entre 200 et 400 euros convient à toutes les situations ce qui est exact. A l’inverse un modèle basique à 70 euros peut aussi convenir mais sans doute pas avec autant de confort et de sécurité.

Nautisme Article
Gilet Crewfit proposé à 119 euros© Crewsaver

Pour une navigation estivale

Même pendant la saison estivale, on peut être surpris par du mauvais temps. Il est conseillé de toujours porter sur soi son gilet ou au minimum de l’avoir à portée de main, par exemple, lorsque l’on est hors quart à l’intérieur du bateau. Avant d’appareiller, toute personne à bord doit régler le gilet à sa morphologie et bien comprendre comment l’enfiler rapidement. Ce n’est pas au moment de le mettre qu’il faut lire le mode d’emploi. Quel type de gilet ? Pour une navigation estivale, les modèles automatiques dit classiques (prix entre 60 et 100 €) conviennent bien. Deux points importants sont à prendre en compte, la présence d’une boucle de harnais et d’une sous-cutale. A prix égal, il est toujours préférable de prendre un modèle avec une flottabilité de 170 N plutôt qu’un de 150 N. Plus la flottabilité est importante, plus le retournement est rapide et du fait du volume, on flotte plus haut (tête et voies respiratoire bien dégagées).

Nautisme Article
Les coureurs, comme Jean le Cam, optent pour des modèles tout temps© Crewsaver

Navigation tout temps

Lorsque l’on est amené à naviguer tout temps ou pendant de longues périodes, le gilet doit être résistant et bien adapté au porteur. Là, le choix est grand et chaque constructeur apporte sa touche de détails souvent importants. Le premier point, il faut essayer le gilet et vérifier qu’il s’adapte bien à votre corps et ne vous gêne pas dans les mouvements, en particulier, au niveau du cou et des épaules. La majorité des gilets haut de gamme a une flottabilité minimum de 180 N. Bien souvent, à bord d’un bateau, il y a un équipage réduit permanent, par exemple, un couple. Dans ce cas, il est important que ces personnes s’orientent vers un modèle bien adapté, en clair un gilet qui leur sera propre. Pour les équipiers occasionnels, c’est différent. On ne connait pas nécessairement leur morphologie. Dans ce cas, la gamme intermédiaire (100 à 150 €) et haut de gamme est bien adaptée.

Nautisme Article
Pour la pratique de la pêche sportive choisir des gilets tout temps© Crewsaver

Les accessoires

La longe de harnais est un des équipements indispensables. Privilégier le mousqueton double sécurité à celui dit de pompier. Il existe plusieurs modèles : longueur différente, nombre de mousquetons (1 à 3), extensibles à largables sous charge. Si vous prenez un modèle non extensible, il doit faire 2 m et être équipé de deux mousquetons. L’avantage d’une extensible (1 à 2 mètres) est qu’elle est moins encombrante. Le modèle (Proline Wichatd) peut être largué sous charge. Reste l’accroche de la longe, peu de chantiers prévoit ce point. L’idéal est de placer un pontet (avec contreplaque) aux points sensibles (pied de mât, proximité de la barre). Quant aux lignes de vie, elles doivent avoir une résistance minimum de 1500 kg. Pendant l’hivernage, pensez à les ranger, elles sont sensibles aux UV et au sel.

Nautisme Article
Vérifier la qualité des coutures© Albert Brel

En conclusion

Equipez-vous en gilets en fonction de vos navigations, le prix n’est pas le seul critère. N’hésitez pas à essayer plusieurs modèles. Proposés au même prix, l’un peut vous convenir l’autre pas.

 

L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Sophie Liman
Sophie Liman
Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
Thomas Darbois
Thomas Darbois
Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.