Subir la pression

Par Eric Mas
Mercredi 29 août 2018 à 15h20

« La pression, il vaut mieux la boire que la subir ». C’est ce que disait Desproges en pensant non seulement à la première gorgée de bière vantée par Philippe Delerme mais aussi aux suivantes. Et pourtant c’est notre destin que de subir la pression puisque, quand elle est atmosphérique, c’est le poids de l’air que nous portons sur nos épaules.

« La pression, il vaut mieux la boire que la subir ». C’est ce que disait Desproges en pensant non seulement à la première gorgée de bière vantée par Philippe Delerme mais aussi aux suivantes. Et pourtant c’est notre destin que de subir la pression puisque, quand elle est atmosphérique, c’est le poids de l’air que nous portons sur nos épaules.

Torricelli, chargé de faire remonter l’eau dans les fontaines de Florence, avait compris que c’est la portée de l’air qui s’y oppose. Pour en faire l’expérience sans s’encombrer de tube d’eau d’une dizaine de mètres de hauteur, il eut l’idée d’utiliser le vif-argent, c’est-à-dire le mercure qui est 13,6 fois plus dense que l’eau. Il fit l’expérience suivante : remplir un long tube, le boucher avec le doigt, le retourner, l’appuyer sur une surface de mercure contenue dans une cuvette. Constatant que le tube ne se vide que partiellement, il en déduisit que la pression de l’air sur cette surface contrebalance le poids de la colonne de mercure. On est en 1643, il a inventé le baromètre. Après avoir affiché une règle graduée en cm derrière son tube de mercure, il constate que la pression varie avec les évènements climatiques mais que la moyenne se situe autour de 76 cm de hauteur de mercure. Il y a un mot grec tout trouvé pour indiquer la pression atmosphérique au niveau de la mer : le bar qui veut dire pesanteur. On vit donc dans une pression moyenne de 1 bar. Pour apprécier finement les variations de cette pression on préfère parler en millième de bars… les fameux millibars qui ont tant pesé dans la poésie de la météo marine. Mais le Système International des Unités n’est pas vraiment épris de poésie et nous impose le Pascal. Blaise Pascal n’avait pas fait que son pari, il s’était aussi illustré en clarifiant, après Torricelli, les concepts de pression et de vide. La pression de référence en surface est de 1013 millibars, on dit maintenant 1013 hectopascal, correspondant au 760 mm de la colonne de mercure. Et puisque l’air est plus dense près de la surface du sol qu’en altitude on ne s’étonnera pas que la pression diminue avec celle-ci. Une correspondance entre l’altitude et la pression a été établie, permettant la création de l’altimètre. Ceux qui, passant du rêve à la réalité, se sont mis à voler ont pu ainsi mesurer la distance qu’ils mettaient entre eux et le plancher des vaches. Au niveau de la mer, un mètre cube d’air pèse environ 1,2 kg et à 16 km d’altitude, seulement 160 gramme. La décroissance de la pression avec l’altitude est plus forte dans les basses couches (en moyenne 1hPa tous les 8 mètres). A l’horizontal, la pression varie de façon qui semble assez anarchique puisque l’air chaud, qui n’est pas aussi dense que l’air froid, est réparti selon l’humeur de l’atmosphère. On retrouve ainsi, à des époques variées, des records de pression en surface de 1083 hPa au cœur d’un anticyclone Sibérien et de 867 hPa au centre d’un cyclone dans le Pacifique tropical. On voit ici que l’atmosphère est beaucoup plus habile à creuser des trous qu’à fabriquer des pics. 70 hPa de surpoids par rapport à la pression moyenne globale est faible face au 146hPa de déficit pour les extrêmes. La pression minimale de l’ouragan Matthew qui vient de sévir avec les conséquences que l’on connaît a été de 934hPa. 79hPa en-dessous de la moyenne c’est ce que l’on trouverait en s’élevant de 632m. C’est la hauteur de la Tour Torsadée de Shanghai. L’architecte avait-il pensé à l’effet de tourbillon d’un tel ouragan quand il a dessiné sa tour ?

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Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.