La pratique des sports nautiques pour les enfants

Vendredi 5 octobre 2018 à 16h15

Il y a beaucoup d’idées reçues sur la pratique des sports nautiques, en particulier la voile, pour les enfants. Pour certains, pratiquer trop tôt cela risque de nuire à leur développement physique, et pour d’autres, la pratiquer trop tard c'est perdre leur motivation. Pour en savoir plus, j’ai interrogé le responsable d’un centre de voile FFV (Fédération Française de Voile), le CNR basé sur l’estuaire de la Rance à Saint-Suliac. Ce centre reçoit plus de 500 stagiaires pendant l’année scolaire et donne des cours toute l’année. Pour aller plus loin, j’ai suivi pendant une semaine de stage, trois enfants de 7, 10 et 17 ans, pour recueillir leurs impressions.

©Albert Brel
Il y a beaucoup d’idées reçues sur la pratique des sports nautiques, en particulier la voile, pour les enfants. Pour certains, pratiquer trop tôt cela risque de nuire à leur développement physique, et pour d’autres, la pratiquer trop tard c'est perdre leur motivation. Pour en savoir plus, j’ai interrogé le responsable d’un centre de voile FFV (Fédération Française de Voile), le CNR basé sur l’estuaire de la Rance à Saint-Suliac. Ce centre reçoit plus de 500 stagiaires pendant l’année scolaire et donne des cours toute l’année. Pour aller plus loin, j’ai suivi pendant une semaine de stage, trois enfants de 7, 10 et 17 ans, pour recueillir leurs impressions.

A quel âge peut-on commencer la voile ?

Pour le responsable de la base qui connaît parfaitement ce sujet et le comportement des enfants, le premier point est qu’ils doivent savoir nager et être en bonne condition physique (certificat médical exigé). A partir de là, les enfants, dès l’âge de 7 ans, peuvent pratiquer l’Optimist. Ce bateau, bien connu, leur permet de découvrir la voile et de la pratiquer en étant seul à bord. Le gros intérêt est qu’ils prennent conscience qu’ils ont la responsabilité d’un bateau. C’est un point important pour les enfants timides et réservés mais également pour les intrépides qui comprennent vite qu’il y des règles à respecter. Ce bateau est bien adapté pour l’initiation jusqu’à 10 ans. Au-delà (de 10 à 14 ans), il est réservé à ceux qui souhaitent faire de la compétition. A partir de 10 ans deux possibilités : la planche à voile si l’enfant a une corpulence qui le permet et, là, le moniteur est capable d’en juger ou alors le catamaran. Ce dernier se pratique à deux équipiers et ce sont, bien souvent, des anciens pratiquants de l’Optimist. Reste la planche à voile, beaucoup y viennent après un stage de catamaran ou commencent directement par elle ou font un stage de paddle, un sport qui permet de bien maîtriser l’équilibre. En pratique, pour le responsable de la base, l’Optimist est une bonne école pour les jeunes (7 à 10 ans), le catamaran ou la planche au-delà. Faire du catamaran semble facile au début mais cela devient sportif lorsque l’on veut aller plus loin. Quant à la planche à voile, les débuts sont plus difficiles que sur un catamaran, mais on est plus vite autonome.

Et pour les moins de 7 ans ? Les parents se posent souvent la question. Certains centres de voile, c’est le cas du CNR, organisent un stage dit « Moussaillons » pour les 4 à 7 ans. Celui-ci a pour vocation de faire découvrir le milieu marin. Et, pour les plus de 12 ans qui hésitent entre plusieurs pratiques (planche, dériveur, catamaran, etc.) ? C’est un stage multi-supports qui est organisé. Il permet de découvrir toutes les disciplines.

L’avis des enfants participants

Pour celui de 7 ans, enfant particulièrement intrépide et qui semble n’avoir peur de rien (Optimist), c’est positif. Il est enchanté de ce premier stage et ne demande qu’à en faire un autre. Pour celle de 10 ans (catamaran), timide et réservée, la constatation est identique avec en plus une camaraderie qui s’est établie avec sa coéquipière. Pour l’adolescente de 17 ans (planche à voile) l’analyse est un peu différente du fait qu’elle avait déjà suivi trois stages de catamaran. Elle n’a pas caché que les premières heures ont été difficiles, mais elle a rapidement compris, sur les conseils du moniteur, ce qu’elle devait faire pour maîtriser l’équilibre sur la planche. A partir de là, elle s’est sentie en sécurité. Pour elle qui a la pratique du catamaran, la planche est plus vivante, le fait de glisser tout en étant près de l’eau, d’être maître de son embarcation et d’en assumer la responsabilité sont des plus. En tout cas, elle ne demande qu’à revenir et à se perfectionner. En attendant, elle pratiquera seule la planche sur un plan d’eau abrité. Pour le moniteur, une semaine de stage permet de maitriser les embarcations (Optimist, catamaran, planche) mais, pour être autonome, il faut au minimum deux semaines de stage.

Ce qu’apporte la FFV

A l’issue du stage, le centre agréé délivre un livret de certification des niveaux et expériences, un passeport voile régionalisé pour l’année et une licence nationale FFV. Avec notés sur le livret, le matériel utilisé, le nom du moniteur, la force du vent, les conditions de mer. Il existe 5 niveaux. Le 1 « se déplacer à la voile sur un trajet choisi et encadré par le moniteur », le 2 « atteindre tout point du plan d’eau sur un trajet choisi et encadré par le moniteur », le 3 « évoluer librement dans une zone de navigation surveillée », le 4 « attestation d’expérience d’au moins 120 heures de navigation », le 4 « naviguer en autonomie et choisir sa zone de pratique », le 5 « attestation d’expérience d’au moins 240 heures de navigation », ce niveau permet d’accéder aux formations de moniteur. Il est délivré par un évaluateur N5 FFV. A la fin de ce premier stage, pour les enfants de 7 et 10 qui n’avaient jamais pratiqués, le niveau 1 a été attribué. La jeune fille de 17 ans qui avait déjà pratiquée le catamaran, a obtenu le niveau 2.

Le CNR : une situation géographique exceptionnelle

En premier, l’emplacement géographique. Le centre est situé sur l’estuaire de la Rance à Saint-Suliac classé parmi l’un des plus beaux villages de France. Les bâtiments sont donc au bord de l’eau et un vaste parking permet d’y accéder sans problème. Quant au plan d’eau, au niveau de Saint-Suliac, l’estuaire est grand et il est possible d’y naviguer tout temps. Quel que soit le vent en force et direction, il n’y a jamais de vagues ou de conditions qui empêchent de sortir. La cale de mise à l’eau est longue et en pente douce, idéal pour mettre les embarcations à l’eau. Les deux seuls handicaps sont l’envasement qui rend le sol mou en bout de cale et un affaissement dû à un manque d’entretien (elle dépend de l’agglomération de Saint-Malo).

Le centre est ouvert toute l’année et l’accueil est chaleureux. Son programme d’activités est très étoffé. Il propose des stages (moussaillons, Optimist, catamaran enfant, ado/adulte, planche à voile, multi-supports), des programmes de navigation qui permettent de naviguer le matin, l’après-midi, fin de journée et en soirée y compris de faire des sorties ou des régates d’entreprise. Il y a aussi des navigations en dériveurs (laser) ainsi que des sorties à thèmes en catamaran de sport, kayak et paddle sans oublier les cours personnalisés et la location de différents supports.

Renseignements au 02 99 58 48 80, www.nautisme-saint-suliac.com

 

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.