Route du Rhum : les solitaires soufflent un peu après trois dépressions

Samedi 10 novembre 2018 à 18h49

La Guadeloupe se prépare à accueillir François et Francis… ou Francis et François ? L’incertitude est encore vive car « l’ancien » revient pas à pas sur le « jeune » et à moins de 700 milles de l’arrivée, il peut se passer plein de rebondissements. Surtout avec une météo orageuse sur les Antilles ! Et au milieu de l’Atlantique, les leaders de chaque catégorie tentent de faire le break, avec plus ou moins de succès selon leur position géographique.

©Benoit Stichelbaut / Alea / MACIF
La Guadeloupe se prépare à accueillir François et Francis… ou Francis et François ? L’incertitude est encore vive car « l’ancien » revient pas à pas sur le « jeune » et à moins de 700 milles de l’arrivée, il peut se passer plein de rebondissements. Surtout avec une météo orageuse sur les Antilles ! Et au milieu de l’Atlantique, les leaders de chaque catégorie tentent de faire le break, avec plus ou moins de succès selon leur position géographique.

Il ne lâchera rien ! Et il ne se laissera pas faire… Le premier n’est autre que Francis Joyon qui met tellement de charbon que la chaudière est en surchauffe : plus de trente nœuds de moyenne avec des pointes à plus de trente-cinq nœuds : IDEC Sport n’est jamais allé aussi vite, même en équipage, grâce à sa légèreté mais aussi à ses nouveaux foils. Avec seulement 120 milles de retard sur le leader François Gabart, l’expérimenté skipper tente de déborder son concurrent par-dessous en gagnant à chaque bord un peu de VMG, de distance de rapprochement. L’ex-Groupama 3 que Franck Cammas puis Loïck Peyron avaient amené à la victoire à Pointe-à-Pitre, a le petit avantage d’être un peu plus léger même s’il est plus ancien…

De l’autre côté, François Gabart connaît parfaitement son bateau MACIF même s’il est plus susceptible de voler que lors de son tour du monde victorieux. Mais il doit pour cela « pointer » un peu plus, attaquer le vent avec un angle légèrement moins favorable. Bref, les deux solitaires mettent tous leurs atouts dans la balance car ils savent que c’est à la Tête à l’Anglais, cet îlet au Nord de Basse-Terre, que le match risque de se jouer : si l’écart est inférieur à trois heures (soit moins de cent milles), la hiérarchie peut basculer. Surtout que les conditions météorologiques actuelles sur les Antilles ne sont pas propices à un final simplifié : les grains succèdent aux trombes d’eau, les calmes aux bourrasques, le soleil à un ciel plombé…

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© IDEC Sport

Attendus demain dimanche dans l’après-midi au Nord de l’île papillon, les deux navigateurs connaissent leurs limites et celles de leur monture, mais un seul petit nuage peut faire totalement basculer le tempo. Et plus ils s’approchent de l’arc antillais, plus cette situation orageuse peut les ralentir ou les mettre dans le rouge. S’il faut changer de voilure ou partir à 60° à cause d’un méchant grain, les milles peuvent rapidement s’égrainer dans le mauvais sens !

Et à plus de 1 000 milles des deux impétrants du tour du monde, Armel Tripon voit la route se dégager à proximité du tropique du Cancer : l’arrêt au stand remarquablement rapide (moins de 8 heures) de Thibaut Vauchel-Camus à bord de Solidaires en Peloton-ARSEP  puis celui d’Erwan Le Roux et FenêtréA-Mix Buffet (l’un pour changer ses chariots de grand-voile est reparti des Açores, l’autre pour problèmes de pilote est en mer ce soir), les relègue à deux cent milles plus au Nord avec une configuration de vent un peu moins favorable. Le skipper de Réauté Chocolat est désormais sur le boulevard des alizés avec un Lalou Roucayrol (Arkema)  bien loin derrière, au large des Canaries. Il lui faut dorénavant assurer sans prise de risque cette longue glissade (2 000 milles tout de même) vers la Guadeloupe.

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© Réauté Chocolat

Alex Thomson est un peu dans le même cas bien que ses trois poursuivants IMOCA ne lui rendent qu’une petite centaine de milles. Mais le Britannique est au moins un nœud plus rapide sur son Hugo Boss, redoutable à ces allures portantes. Ils auront beau tenter (à l’image de Yann Éliès (UCAR-StMichel) qui glisse encore plus Sud), de se démarquer, le skipper au bateau noir va les contrôler en suivant leurs mouvements : à chaque empannage, un empannage ! Il n’y a que l’instabilité des alizés qui pourrait redistribuer les cartes, ce qui est envisageable d’ici deux à trois jours…

Quant à Sidney Gavignet (Café Joyeux), impérial en catégorie Rhum Mono sur son voilier de 52 pieds, il se permet de tenir tête au deuxième groupe des IMOCA glissant dans une brise de Nord entre Madère et les Canaries. Eux aussi devraient, d’ici la fin du week-end, accrocher ces alizés de Nord-Est à Est d’une vingtaine de nœuds. Tout comme les Class40 toujours emmenés par Yoann Richomme (Veedol-AIC) qui devrait toutefois connaître une nuit difficile car il bordure les hautes pressions d’assez près… Ce qui est aussi le cas pour le leader des Rhum Multi : Pierre Antoine (Olmix) espère trouver un passage avec l’arrivée d’un front peu actif qui va se faire rétracter l’anticyclone des Açores.

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© Comme un seul homme

Enfin du côté de la Bretagne comme de la péninsule ibérique, les nouveaux départs se succèdent : Éric Bellion (commeunseulhomme) et Laurent Jubert (L’espace du souffle) ont ainsi quitté l’Aber Wrac’h ce samedi matin, Nils Boyer (Le choix funéraire) ce midi La Corogne, prélude à une cohorte de solitaires qui ont préféré s’abriter que de casser du matériel lors des trois dépressions successives du golfe de Gascogne.

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
Thomas Darbois
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.