Route du Rhum : Armel Tripon, attendu jeudi en Guadeloupe

Par Figaronautisme.com
Mardi 13 novembre 2018 à 10h04

Après l’effervescence du finish entre les deux premiers trimarans ULTIME à Pointe-à-Pitre, une petite pause s’annonce avant l’arrivée du prochain solitaire. Cinq autres catégories sont menées de main de maître par cinq leaders qui ont de la marge sur leurs poursuivants : Armel Tripon sur le premier Multi50, est ainsi attendu en Guadeloupe jeudi alors que les alizés sont de plus en plus instables avec des grains…

Armel Tripon devrait en finir avec un bon matelas d'avance sur un trio compact qui doit encore se départager à près de 1 400 milles de l'arrivée ! ©Pierre Bouras
Après l’effervescence du finish entre les deux premiers trimarans ULTIME à Pointe-à-Pitre, une petite pause s’annonce avant l’arrivée du prochain solitaire. Cinq autres catégories sont menées de main de maître par cinq leaders qui ont de la marge sur leurs poursuivants : Armel Tripon sur le premier Multi50, est ainsi attendu en Guadeloupe jeudi alors que les alizés sont de plus en plus instables avec des grains…

Après Francis Joyon, le vainqueur de la catégorie ULTIME, et son dauphin François Gabart arrivés lundi au cœur de la nuit, c’est le premier de la Classe Multi50 qui est attendu à Pointe-à Pitre. Armel Tripon devrait en finir avec un bon matelas d’avance sur un trio compact qui doit encore se départager à près de 1 400 milles de l’arrivée ! Et les quatre autres leaders dans les autres catégories ont aussi du gras sur leurs poursuivants… Cinq hommes dans cinq classes différentes doivent désormais maintenir le rythme et contenir les assauts de leurs concurrents.

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Chez les Multi50, Erwan Le Roux et Thibaut Vauchel-Camus doivent désormais compter avec Lalou Roucayrol, revenu par l?Est avec une position plus méridionale intéressante pour la suite du programme. © Team Arkema Lalou Multi

Des grains plus nombreux

Mais voilà ! La masse orageuse qui a sévi ces jours derniers sur l’arc caraïbe est heureusement en train de s’étioler en glissant vers Cuba : l’anticyclone des Açores qui s’était rétracté, revient à sa position habituelle en s’étalant des Bermudes à Madère. En conséquence, les alizés prennent du coffre sur le tropique du Cancer, mais en contrepartie, les grains gagnent en intensité. Ce qui ne fait pas toujours les affaires des solitaires, surtout de nuit avec le grand spinnaker à poste ! Ainsi après les coups de chiens des premiers jours, la transition vers le soleil n’est pas si fluide que prévue : il faut non seulement rester aux aguets à la nuit tombée avec juste un croissant de lune au commencement des ténèbres, et un ciel plutôt plombé qui ne laisse briller que quelques étoiles… et enchaîner les empannages pour être en phase avec les bascules du vent.

Dans ces conditions, les leaders ont l’avantage de pouvoir baisser le rythme d’un cran car ils ont de la marge tandis que leurs poursuivants doivent faire le break entre eux. C’est le cas pour les Multi50 où Erwan Le Roux et Thibaut Vauchel-Camus doivent désormais compter avec Lalou Roucayrol, revenu par l’Est avec une position plus méridionale intéressante pour la suite du programme. Même topo chez les monocoques IMOCA puisque Alex Thomson compte plus de 180 milles sur un trio compact où Paul Meilhat, Vincent Riou et Yann Éliès enchaînent les empannages pour profiter des bascules d’un alizé de plus en plus soutenu. Ce triumvirat devrait d’ailleurs se faire déborder par le trio des Multi50 d’ici l’arrivée car les multicoques sont un peu plus rapides dans ces conditions de vent portant.

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Loïck Peyron bataille ferme entre Madère et Canaries en compagnie du trimaran de François Corre, deux sisterships de 1980© DR

Des écarts et des groupes

Il est étonnant de constater que chaque catégorie reprend un peu le même schéma avec un leader largement en tête, poursuivi par des grappes de solitaires à la bataille entre eux. Ainsi Yoann Richomme a-t-il pu faire le break en Class40 avant Madère et conforte son avance à chaque pointage, son plan Lombard s’avérant particulièrement à l’aise dans ces conditions. Plus de cent milles de bonus face à Aymeric Chapellier et Phil Sharp, 150 milles sur Kito de Pavant, près de 200 milles sur Arthur Le Vaillant et Luke Berry. Notons d’ailleurs que ce pack est au contact du deuxième groupe des monocoques IMOCA où se retrouvent Damien Seguin, Alan Roura et Stéphane Le Diraison… Belle performance pour ces bateaux et surtout pour ces skippers qui leur rendent 20 pieds de longueur de coque !

Côté Rhum Multi, Pierre Antoine fait un festival : il compte près de 500 milles d’avance sur son poursuivant direct, Jean-François Lilti sur son étonnant catamaran qui n’a finalement pas voulu faire une escale technique au Canaries. Étienne Hochédé est tout aussi surprenant sur son trimaran en aluminium qui date des années 80 et qui n’est pas franchement l’exemple du confort ! Quant à Loïck Peyron, il bataille ferme entre Madère et Canaries en compagnie du trimaran de François Corre, deux sisterships de 1980… Et pour conclure, Sidney Gavignet réalise la course parfaite parmi les Rhum Mono avec 200 milles de marge sur Sébastien Destremau à bord d’un ex-IMOCA théoriquement beaucoup plus véloce. Le solitaire plonge franchement vers le tropique du Cancer pour aller chercher encore plus de pression et se glisser probablement au milieu du peloton des monocoques de 60 pieds…

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Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.