Armel Tripon (Réauté Chocolat) premier en Multi50 !

Par Figaronautisme.com
Jeudi 15 novembre 2018 à 22h04

Troisième toutes catégories à Pointe-à-Pitre, Armel Tripon termine premier de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe en Multi50

©Sophie Savant-Ros
Troisième toutes catégories à Pointe-à-Pitre, Armel Tripon termine premier de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe en Multi50

Le Nantais a franchi la ligne d’arrivée ce jeudi à 16h32'40 (heure de Guadeloupe) après 11 jours, 7 heures, 32 minutes et 40 secondes de course, à 13,04 nœuds de moyenne. Avec sa route Sud, celle de la sagesse et de la préservation du matériel, il a en réalité parcouru 4563 milles. Un long détour comparé aux 3542 milles du parcours théorique, mais un pari gagnant pour le skipper de Réauté Chocolat. Armel Tripon arrive à Pointe-à-Pitre 3 jours 17 heures, 10 minutes et 53 secondes après Francis Joyon, vainqueur en ULTIME arrivé dans la nuit du 11 au 12 novembre.

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C’est la deuxième victoire d’Armel sur une grande course transatlantique en solitaire (après la Mini-Transat en 2003), deux ans seulement après avoir débuté le Multi50. Une superbe récompense pour ce marin de 43 ans passé par le Mini, le Figaro Bénéteau, le Class40 et l’IMOCA. Une série qu’il retrouvera bientôt puisqu’il est candidat au prochain Vendée Globe, se faisant actuellement construire un 60 pieds Imoca sur plan Manuard.

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La course d’Armel :

Premier Multi50 à la porte du Trophée du cap Fréhel Banque Populaire Grand Ouest après un départ canon, Armel fait le début de la course en tête. Dans la soirée du 4 novembre, il est aussi le premier à buter dans les vents mous du centre de la dépression qui barre la route aux concurrents au large de la Bretagne. Il passe presque toute la nuit collé à moins de cinq nœuds dans des vents erratiques. Lalou Roucayrol (Arkema) est le premier à s’extirper de cette nasse. Lorsqu’Armel s’échappe à son tour, c’est avec 30 milles de retard sur le nouveau leader Arkema. Leurs concurrents n’auront pas autant de chance et devront patienter plus longtemps à toute petite vitesse. Bientôt, Lalou et Armel sont les seuls à foncer vers le Sud pour tenter de fuir le mauvais temps qui doit s’emparer d’une immense zone sur l’Atlantique, de la pointe bretonne à la latitude de Gibraltar.

Le 5 novembre au soir, ils sont au cap Finisterre pendant que le reste de la flotte pointe vers l’Ouest pour passer le premier front. Les conditions de navigation sont difficiles, une deuxième dépression est annoncée et Lalou, épuisé, décide de relâcher 24 heures à Porto (Portugal) pour laisser le gros temps passer. Armel, lui, trace seul son sillage vers le Sud. Le 6 novembre, l’écart latéral avec le groupe de l’Ouest est de 500 milles !

Le 8 novembre, Réauté Chocolat navigue au portant au large de Madère quand les autres sont encore dans le dur du côté des Açores.  Le contraste entre les conditions de navigation est saisissant entre la majorité de la flotte qui tire des bords dans des conditions hivernales pendant qu’Armel file au portant sous le soleil. Plus proches de la route directe, Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton - ARSEP) et Erwan Le Roux (FenêtreA-Mix Buffet) sont longtemps classés en tête. Mais à force de taper dans la mer croisée, leurs trimarans souffrent et les deux hommes sont contraints de s’arrêter à Ponta Delgada, rail de chariot de grand-voile arraché pour le premier, pilote automatique en rade pour le second. Réauté Chocolat, lui se porte bien. Le 9 novembre, il prend les rênes et ne les lâchera plus jamais, augmentant même son avance jusqu’à 300 milles.

Armel est un « jeunot » dans la classe Multi50 qu’il a intégrée il y a deux ans seulement après avoir fait l’acquisition de l’ancien Actual de Yves le Blévec, un plan Verdier-Neyhousser sur lequel il a ajouté les foils monotypes qu’autorise la jauge. Pour rattraper son déficit d’expérience face à Erwan Le Roux et Lalou Roucayrol, les deux hommes les plus expérimentés, grands favoris de cette transat, le Nantais avait multiplié les navigations en solo, en allant chercher le mauvais temps. Au départ de Saint-Malo, il faisait figure d’outsider. « Mon objectif est d’abord d’arriver à l’endroit, déclarait-il quelques jours avant le départ. Ensuite, accrocher une belle place et jouer avec mes armes. »

Pendant 11 jours 7 heures 32 minutes et 40 secondes, c’est bien avec ses armes et ses choix qu’il a joué, privilégiant le sens marin à la route optimale, la préservation du matériel à la performance théorique.

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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.