Essai Figaro Bénéteau 3 : est-il révolutionnaire ?

Par Figaronautisme.com
Samedi 30 mars 2019 à 6h34

Le très attendu Figaro Bénéteau 3, premier monocoque monotype à foils de série jamais imaginé, va enfin réaliser sa première course en double pour la Sardinha Cup et en solitaire avec la Solo Maître CoQ fin avril, avant la très attendue 50e édition de la Solitaire Urgo Le Figaro. Nous l'avions testé en avant-première !

Le Figaro Bénéteau 3 participe à sa première course en double : le Sardinha Cup, avant sa première course en solitaire fin avril pour la Solo Maître CoQ. ©© Albert Brel
Le très attendu Figaro Bénéteau 3, premier monocoque monotype à foils de série jamais imaginé, va enfin réaliser sa première course en double pour la Sardinha Cup et en solitaire avec la Solo Maître CoQ fin avril, avant la très attendue 50e édition de la Solitaire Urgo Le Figaro. Nous l'avions testé en avant-première !

Pour remplacer le Figaro 2, un appel d’offres a été lancé, en avril 2016. Sur plusieurs projets proposés, c’est celui du cabinet VPLP qui a été retenu. Ce sera un bateau doté de foils ! Quelques mois plus tard, au Nautic de Paris, les premières vues 3D ont été dévoilées. A l’été dernier, le premier monotype a été mis à l’eau en Vendée afin de réaliser des tests et avant le lancement d’une production de 50 unités en série. Et aujourd'hui, ce nouveau bolide s'apprête à effectuer sa première sortie en double à Saint-Gilles-Croix-de-Vie pour la Sardinha Cup. Suivront ensuite la Solo Maître CoQ fin avril et la Solitaire Urgo Le Figaro le 26 mai prochain, pour les premières courses en solitaire.

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Les foils bien qu'étant des appendices qui semblent vulnérables en cas de ruptures, se rentrent dans la partie haute de la coque bien au-dessus de la flottaison© © Jean-Baptiste D'Enquin

Un bateau sûr et performant…

Comment expliquer ce choix de foils parmi d’autres projets faisant appel à des technologies telles qu’une quille pendulaire, des ballasts ? Les foils bien qu’étant des appendices qui semblent vulnérables en cas de ruptures (collision ou autres avaries), se rentrent dans la partie haute de la coque bien au-dessus de la flottaison. En cas de problème, par exemple la cassure d’un foil, il n’y a pas d’entrée d’eau et le bateau peut continuer à naviguer, sans doute pas dans des conditions optimales, mais, avec son tirant d’eau de 2.50 m, il devrait rester performant !

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En cas de problème, par exemple la cassure d'un foil, il n'y a pas d'entrée d'eau et le bateau peut continuer à naviguer.© © Albert Brel

Un plan de pont simple et fonctionnel

A bord, tout a été fait pour faciliter la vie du barreur. Une fois installé à la barre, le cale-pied bien réglé, on a tout sous la main pour affiner les réglages. Au centre du cockpit, se trouve une console pour les palans de grand-voile (principal et fin) ainsi que le réglage de l’écoute. Il y a également la commande du chariot et le winch permettant d’agir sur le pataras double. Les winches de génois servent non seulement pour régler ce dernier mais aussi pour les drisses et les prises de ris. Le plan de pont est clair et bien dégagé. Par exemple, inutile d’aller en pied de mât pour les prises de ris, celles-ci reviennent au cockpit. Il reste comme réglages sur le pont le point de tire de la voile d’avant (solent) et la commande des foils qui se fait sans efforts. En pratique, les foils sont mis en place dès que l’on est en navigation. Le roof est fait de telle sorte qu’il ne gêne en rien le passage pour accéder à la plage avant. Reste l’impressionnant bout dehors (1,75 m) mais il est conçu de telle sorte qu’il peut être démonté facilement, ne serait-ce que pour le transport.

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Le plan de pont est clair et bien dégagé© © Albert Brel

Un minimum d’aménagements

Nous ne sommes pas sur un bateau de croisière, tout est fait pour optimiser au maximum la marche du voilier, rien de plus. L’intérieur très dépouillé laisse apparaître les cloisons et les varangues. Pour le repos, on trouve de simples bannettes (cadre en alliage et toile tendue). L’accès aux foils se fait très simplement en dégageant des trappes placées au plafond du roof. La motorisation retenue est un 20 ch Nanni Diesel en ligne d’arbre équipé de deux alternateurs. Le standard du moteur sert pour recharger la batterie de démarrage (75 Ah) et un supplémentaire (115 Ah) pour les deux batteries (AGM) de servitude (140 Ah). On aurait pu penser que sur un bateau où le gain de poids est important la technologie lithium aurait été retenue. Un choix sans doute dicté pour une question de budget.

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Le rangement du foil dans le plafond de la cabine© © Albert Brel

Electronique : une console avec VHF, traceur, pilote…

Il a été fait appel au groupe Navico pour l’électronique qui comprend une centrale B&G H5000 avec 5 indicateurs maxi en pied de mât qui reprennent l’ensemble des données (vents, cap, vitesse, etc.), un AIS NAIS400 (transpondeur classe B), une VHF, un traceur et un pilote. A l’intérieur du bateau, en partie centrale, on a une console sur laquelle on retrouve une commande de pilote, la VHF et le traceur ce qui permet au skipper de visualiser, de l’intérieur, la bonne marche du bateau.

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La banette du Figaro Bénéteau 3© © Albert Brel

Notre verdict

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Le moteur est un 20 ch Nanni Diesel en ligne d'arbre équipé de deux alternateurs.© © Albert Brel

Nos essais se sont déroulés dans du petit temps (6 nœuds de vent, mer plate). S’ils n’ont pas permis de mettre en évidence l’efficacité des foils, ils ont permis de voir la réactivité du Figaro 3. Il a rapidement atteint une vitesse proche de celle du vent que ce soit sous génois ou spi et, ce, à des allures allant du portant au plus près du vent. Lors des différentes manœuvres, nous avons pu constater que tout était pensé pour qu’elles se déroulent avec un maximum d’efficacité que ce soit pour l’envoi ou l’affalement des voiles. Il en est de même pour le déplacement sur le pont qui n’est pas entravé par des obstacles tels que des taquets ou des retours de drisses et de prises de ris. Ces dernières reviennent du pied de mât au cockpit via des goulottes passant au plafond de la cabine.

Ce type de bateau avec foils sera-t-il généralisé aux unités standards ? A ce jour, Bénéteau ne l’envisage pas. Il est vrai que sur des unités de série ces foils ne manqueraient pas de poser quelques problèmes comme l’amarrage dans les ports sans parler des incidents en navigation, en particulier, lors des départs de régate.

Les principales caractéristiques

Longueur de coque

9,75 m

Longueur flottaison

9 m

Largeur max

3,47 m

Tirant d’eau

2,5 m

Déplacement lège

2 900 kg

Grand-voile

39,5 m²

Génois

30,5 m²

Solent

24 m²

Grand spi asymétrique

105 m²

Spi asymétrique

78 m²

Mât carbone

13,76 m

Moteur Nanni

20 CV

Architecte

VPLP

Nos essais se sont déroulés dans du petit temps, ce qui nous a permis de voir la réactivité du Figaro 3 : il a rapidement atteint une vitesse proche de celle du vent. © © Albert Brel
L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.